Le G20 ne parvient pas à faire face à la crise climatique

Samedi, juste avant le sommet historique sur le climat de Glasgow, les dirigeants du G20 (les 20 plus grands pays industrialisés) se sont réunis à Rome. Les attentes étaient élevées, mais ils n’ont pas réussi à envoyer un signal fort à la veille de la conférence sur le climat.

La pression pour parvenir à des accords fermes était grande. Des appels ont été lancés, entre autres, par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et par le pape François.

Le Premier ministre italien Mario Draghi, hôte du sommet, a également apporté sa contribution en introduction: « Alors que les glaciers fondent, que le niveau des mers augmente et que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, nous sommes confrontés à un choix simple. Nous pouvons agir maintenant ou le regretter plus tard. »

Aucun accord concret

Du côté positif, les dirigeants du G20 se sont engagés à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C. « Nous reconnaissons que les impacts du changement climatique à 1,5°C sont beaucoup plus faibles qu’à 2°C. Maintenir 1,5°C à portée de main nécessitera des actions et un engagement à la fois significatifs et efficaces de la part de tous les pays », indique la déclaration finale du sommet.

En revanche, les dirigeants du G20 n’ont pas fixé de date précise pour la réalisation d’objectifs clés tels que la neutralité carbone ou la fermeture des centrales au charbon. Le communiqué final dit seulement que cela se fera « à moyen terme ». Il n’y a pas non plus de planification concrète ou de chiffres précis pour réduire les émissions de méthane.

La déception est grande

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, était loin d’être ravi du résultat. « Bien que je salue le réengagement du G20 en faveur de solutions mondiales, je quitte Rome avec mes espoirs inassouvis, mais au moins ils ne sont pas enterrés. »

Les militants du climat font écho à cette préoccupation. Ils appellent à des engagements plus forts pour lutter contre le réchauffement climatique.

Selon Global Citizen, un groupe qui défend le développement durable, « le G20 avait une responsabilité particulière en venant à Rome. Le résultat n’est pas suffisant. Ce sont les pays les plus polluants, donc nous nous attendions à ce qu’ils aillent au-delà de l’Accord de Paris pour nous mettre sur la bonne voie. Malheureusement, nous n’avons pas vu cela. »

Friederike Röder, vice-présidente de Global Citizen, déclare que « nous manquons de temps. Maintenant, les membres individuels du G20 doivent intervenir. Au final, ce ne sont pas les déclarations qui changeront le 🌍 mais l’action. »

Appel urgent de Greenpeace

Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International se montre très critique. « Si le G20 était une répétition générale de la COP26, alors les dirigeants mondiaux ont échoué. Leur communiqué était faible, manquant à la fois d’ambition et de vision, et n’a tout simplement pas été à la hauteur du moment. »

« Les gouvernements doivent répondre aux avertissements mortels que la planète nous envoie et réduire considérablement les émissions dès maintenant, pour rester en ligne avec 1,5°C, et cela nécessite d’arrêter tout nouveau développement de combustible fossile et de les éliminer progressivement. »

« À la COP26, nous ne lâcherons pas et continuerons à pousser pour plus d’ambition climatique, ainsi que pour les règles et les actions qui la soutiennent. Nous devons arrêter immédiatement tous les nouveaux projets de combustibles fossiles. »

« Nous appelons à une véritable solidarité pour aider les pays les plus pauvres à survivre et à s’adapter à l’urgence climatique. Chaque moment passé où les gouvernements riches se concentrent sur les résultats financiers des entreprises, plutôt que de mettre en œuvre des solutions, coûte la vie des gens. »

 

Source originale: De Wereld Morgen

Traduit du néerlandais par Marc Vandepitte pour Investig’Action