L’Amérique a-t-elle essayé de bombarder son problème de fusillades?

19 enfants et 2 adultes ont été tués à la suite d’une nouvelle fusillade aux États-Unis. Ces événements dramatiques ont à juste titre soulevé une vague d’indignation. Et le président Joe Biden a appelé à s’opposer au lobby des armes pour changer les lois. Mais Caitlin Johnstone nous explique pourquoi ces fusillades n’ont rien de surprenant et pourquoi il ne faut pas attendre grand-chose du président US. (IGA)


 

Cool! C’est la partie du cycle des infos où démocrates et républicains prétendent pendant quelques jours que quelque chose va changer dans les lois US sur les armes à feu.

« C’est un problème de contrôle des armes ! »

« Non, non, c’est un problème de santé mentale ! »

[Rien ne change concernant les lois sur les armes à feu ou les soins de santé mentale]

[Répétez]

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Il y a probablement une corrélation entre le fait que les États-Unis sont la seule nation essuyant une épidémie de fusillades et le fait que les Américains constituent la population la plus agressivement endoctrinée sur terre.

Prenez n’importe quelle population armée. Dès la naissance, vous la malmenez psychologiquement avec des histoires expliquant que les massacres de masse commis par l’armée sont une bonne chose. Dans le même temps, vous en faites une cohorte de visseurs de boulons sous-payés et aliénés. Et vous leur offrez une culture artificielle produite en masse depuis Los Angeles. En bout de course, vous obtiendrez probablement des fusillades en série.  

Il n’y a pas trente-six moyens de tordre la psyché humaine sans la faire craquer. Si vous endormez des centaines de millions de personnes toute leur vie avec des programmes d’endoctrinement leur disant que la folie est la raison et que la raison est la folie, quelques-uns d’entre eux finiront par devenir des meurtriers de masse.

Ce n’est sûrement pas une coïncidence si la nation qui sert de plaque tournante à un empire planétaire dont la cohésion est assurée par les meurtres de masse, la propagande de guerre et la manipulation psychologique à grande échelle est la seule à connaître une épidémie de fusillades de masse. Mais cela ne sera jamais étudié.

Cela ne sera jamais étudié parce que l’empire est invisible pour les courants dominants de la science et de la psychologie sociale, de la même manière qu’il est invisible pour les courants dominants des médias, de la politique et des universités. L’existence de l’empire n’est même pas reconnue dans les sphères de la pensée dominante, et c’est une réalité délibérément fabriquée. En effet, les sphères de la pensée dominante sont activement influencées par l’empire en question. Et elles empêchent les gens de comprendre que nous sommes dominés par cet empire non reconnu qui s’étend à travers les nations et influence nos vies bien  plus que tout ce vers quoi notre attention est détournée.

Nous marinons tous dans l’empire centralisé des États-Unis : son influence, sa propagande, sa culture fabriquée artificiellement, ses modes de pensée. Nous sommes tellement immergés dedans que nous ne pouvons pas le voir. Pour nous, c’est comme de l’eau pour les poissons. Nous ne verrons donc aucune recherche portant sur l’influence qu’il exerce sur la psyché collective.

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Il est étrange que l’on attende de chaque président américain qu’il dise quelque chose après une fusillade de masse, alors que les présidents américains sont de très loin bien plus meurtriers que l’acte qu’ils décrient.

« Vers quelle personne devrions-nous nous tourner après un horrible massacre ? Tiens, pourquoi pas le chef de la structure de pouvoir la plus meurtrière de la planète, dont l’existence même dépend d’un flot ininterrompu de meurtres de masse? »

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Tout le monde s’est chié dessus pendant des semaines lorsque Trump a fait des tweets stupides sur la Corée du Nord. Mais quand Biden menace à plusieurs reprises de mener une guerre chaude et directe contre la Chine tout en menant contre la Russie une guerre par procuration qui menace le monde entier, tout le monde trouve ça normal.

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Aujourd’hui, en matière d’analyse des conflits et des stratégies, Henry Kissinger n’est plus l’un des pires faucons. Non pas parce qu’il est devenu moins psychopathe qu’avant. Mais parce que tous les autres à Washington le sont bien davantage.

Oui, Henry Kissinger est un criminel de guerre. Oui, Henry Kissinger est un psychopathe. Oui, le monde se portera mieux lorsqu’il sera enfin débarrassé de lui. Mais à côté de ça, l’establishment de la politique étrangère des États-Unis est devenu beaucoup, beaucoup plus fou qu’Henry Kissinger.

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Pour préparer les conflits militaires de grande envergure qu’il mijote depuis longtemps, l’empire US a utilisé les êtres humains appauvris du Sud comme des cobayes et comme des cibles de ses instruments de guerre.

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J’imagine qu’il faut être diplômé d’une université de la Ivy League et lire tous les derniers rapports des think tanks les plus estimés pour être assez intelligent et comprendre en quoi c’est une bonne idée de combattre la Russie et la Chine en même temps.

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S’il existait une entreprise géante de plusieurs trillions de dollars qui était autorisée à tuer qui elle veut pour assurer son succès, son comportement ne serait pas fonctionnellement différent de celui de l’empire américain.

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Je ne donne jamais de « crédit » aux médias mainstream lorsqu’à de rares occasions, ils font quelque chose de bien. Ils sont censés faire les choses bien. Vous n’obtenez pas de bons points parce que vous n’avez pas menti ou parce que vous avez fait de la propagande moins agressive que d’habitude. De même, on ne donne pas de bons points à un flic parce qu’il n’a pas tiré sur tout le monde.

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Si vous êtes un comédien populaire vivant dans un empire meurtrier et tyrannique à l’échelle de la planète, il est assez pathétique de passer votre carrière à frapper dans toutes les directions sauf vers le haut.

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Ça ne demande pas beaucoup d’efforts pour comprendre que le gouvernement américain est une institution maléfique. Il faut un peu de travail pour comprendre que le gouvernement américain est exclusivement une institution maléfique sur la scène mondiale, scène dont personne d’autre ne doit approcher. Les gens ont du mal à comprendre cela. Pour certaines raisons, ce n’est pas trop psychologiquement difficile de reconnaitre que son gouvernement est un méchant ou qu’il est allié à d’autres méchants. Mais se confronter à l’idée que son gouvernement peut être le pire de tous, et de loin, provoque souvent une grande dissonance cognitive.

 

Source originale: Le blog de Caitlin Johnstone

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action