Attentat Maduro : un Français de Caracas enquête et témoigne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Français Jean Araud vit depuis quarante ans à Caracas. Son témoignage et les entretiens qu’il a réalisés les jours après l’attentat contre Maduro constituent donc un document brut, précieux pour comprendre à quel point les infos que nous avons ici, ne valent que leur poids de propagande vraiment pas objective. (MC)

 

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“L’heure est venue pour les pays du Sud de faire cause commune afin de protéger leur leadership”

 

Vice-ministre des Relations extérieures pour l’Afrique de 2005 à 2017, le professeur Reinaldo Bolívar est également le fondateur et président de l’Institut des Enquêtes Stratégiques sur l’Afrique et sa Diaspora.

 

 

Vous avec une grande expérience des relations diplomatiques entre le Venezuela et le reste du monde. Nous avons vu ces derniers temps la manière dont plusieurs nations ont manifesté leur solidarité avec le président Maduro face à cet attentat. Nous avons également vu comment certaines puissances, notamment les États-Unis et leurs alliés en Amérique Latine ainsi que l’Union Européenne, maintiennent leur position hostile envers la Révolution Bolivarienne. Pensez-vous que l’échiquier des relations internationales sera affecté par cet attentat ?

 

Reinaldo Bolívar : Le président Nicolás Maduro, sur la base de l’évidence des premières preuves apportées par l’enquête en cours, a dénoncé le fait que la tentative d’assassinat qu’il a subie a été préparée depuis Bogotá en Colombie et Miami aux États-Unis. La réaction de la Colombie, peut-être en raison du changement de gouvernement (Duque a remplacé Santos), a été plutôt timide et évasive. Celle des États-Unis a elle été plus diplomatique, comme l’a montrée la réunion du ministre des Affaires étrangères vénézuélien avec le Chargé d’affaires étasunien.

Au cours de cette réunion, le Venezuela a réitéré la demande publique effectuée aux États-Unis par le président Maduro de collaborer dans l’enquête, puisqu’il est désormais certain que des Vénézuéliens résidant à Miami font partie des têtes pensantes de cet attentat manqué. Je considère que ces deux attitudes vont orienter les réactions sur cet événement, et notamment celles des gouvernements qui suivent l’administration Trump dans sa politique contre le Venezuela, comme ceux faisant partie du Groupe de Lima et de l’Union Européenne. Cela ne signifie pas que la politique erronée de blocus économique et diplomatique envers la Révolution Bolivarienne en sera modifiée, mais on se dirige en revanche vers un remaniement des méthodes irrationnelles qu’on essaie d’utiliser, comme la violence physique, celles-ci ayant été dévoilées aux yeux de l’opinion publique mondiale.

L’attentat contre le président Maduro et le haut commandement politique, si l’on reprend des termes réservés aux échecs, met en échec les gouvernements ennemis du Venezuela, et les oblige à bouger leurs pièces mineures afin de protéger leur image de juges et de pilotes de la politique internationale. Pour ce qui est des gouvernements les plus conscients et respectueux du droit international, comme le Mouvement des pays non-alignés, et les membres des organisations du Sud comme l’OPEP, l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) et la Conférence Islamique, il les pousse à condamner ces actes déstabilisateurs, au risque de les voir se produire dans leur propre pays également. N’oublions pas, par exemple, le récent attentat subi par l’actuel président du Zimbabwe. L’heure est maintenant venue pour les pays du Sud de faire cause commune afin de protéger leurs institutions et leur leadership.

 

Vous possédez une large connaissance du continent africain, où se sont déroulés de nombreux attentats et assassinats contre des leaders et des présidents, et dont l’histoire retient qu’ils ont souvent été instigués, voire réalisés de forme directe ou plus occulte par des grandes puissances. Le président Maduro a désigné Bogotá et son président Santos comme responsables de cet attentat, soutenus par Washington. Pensez-vous que cette méthode continuera d’être exploitée par des grandes puissances ou que d’autres grandes puissances s’y opposeront fermement ?

 

Reinaldo Bolívar : Malheureusement, la lâcheté d’un assassinat visant un chef de gouvernement ou un leader existe depuis la nuit des temps. Dans les cours européennes, de véritables anéantissements de familles royales se sont produits tout au long de l’histoire pour l’accès au pouvoir politique. Des frères qui assassinaient leurs propres frères ou même leurs propres parents. Ou bien en Égypte également, qui a connu les assassinats de pharaons. En Inde, on pleure toujours le martyre de Gandhi alors au firmament de l’expression de son leadership régional et de son influence mondiale.

Le thème de l’attentat est récurrent. Même les États-Unis n’ont pu y échapper, eux qui ont vu Lincoln et Kennedy se faire assassiner pour avoir épousé des causes dérangeantes pour les élites. Ils ont également vu des leaders mondiaux comme Luther King et Malcom X subir le même sort. Même le Vatican n’y a pas échappé, Jean-Paul II ayant failli être victime du fanatisme engendré.

Le Libérateur Simón Bolívar a subi plusieurs attentats alors qu’il exerçait la fonction suprême, les plus notables s’étant déroulés en Jamaïque, au Guárico et à Bogotá. Le Venezuela perdit en Colombie le bras droit de Bolívar, le Général Antonio José de Sucre, qui avait été président de L’Équateur et était appelé à succéder au Libérateur à la présidence de la Grande Colombie. Dans Notre Amérique, Fidel Castro a raconté les nombreuses fois où on a tenté de le supprimer, et si vous souhaitez une matérialisation de ce genre de faits, nous avons la mort du leader et président de la Grenade, Maurice Bishop.

En Afrique, les puissances impériales ont décidé d’en finir avec le socialisme africain en anéantissant son leadership, provoquant ainsi de manière directe ou indirecte la mort d’hommes comme Amílcar Cabral, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser, Agostinho Neto, Eduardo Mondlane, entre autres. Plus récemment, c’est l’assassinat public de Mouammar Kadhafi, applaudi par la ministre des Affaires étrangères d’Obama, auquel nous avons assisté.

Proche de l’Afrique également, l’empoisonnement de Yasser Arafat par le sionisme israélien, ainsi que le cirque macabre orchestré par les États-Unis pour en finir avec Saddam Hussein montrent bien que cette méthode cruelle et détestable d’ingérence n’est pas en voie de disparition.

Aucune nation civilisée au monde ne s’accommode de ce type de barbarie. Mais bien évidemment cette méthode, comme celle de la guerre et des bombardements indifférenciés contre les peuples, fait partie du répertoire des actions des grandes puissances qui pensent être les seigneurs du monde. N’oublions pas le nombre de fois où l’on a entendu que la résolution finale en Syrie passerait par la mort de son président.

Face à cela, il demeure toujours l’espoir d’une clairvoyance du leadership actuel, tant sur un plan personnel que partisan, de pays forts qui ont fait preuve de rationalité au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies et dans le cadre de l’étouffement du terrorisme en Syrie, comme la Russie et la Chine.

 

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“Le peuple doit être un protagoniste fondamental de ce moment historique”

 

Journaliste à la trajectoire riche, dans la presse écrite et à la télévision, Néstor Francia est actuellement député de l’Assemblée nationale constituante.

 

 

Cela fait un an que l’opposition radicale vénézuélienne, face à ses échecs répétés dans les urnes, mettait le pays à feu et à sang afin de renverser le président. Après l’élection par le peuple de l’Assemblée nationale constituante, la paix a été rétablie du jour au lendemain. Désormais, cette même opposition radicale choisit la voie d’un attentat contre le président. Comment devons-nous interpréter cela ?

 

Néstor Francia : Dans ce cas concret, l’analyse n’est pas facile à établir. On ne connaît pas les informations fondamentales. On ignore si cet attentat est un fait isolé ou s’il est le début d’une spirale de violence terroriste, on ignore le réel degré d’organisation des auteurs ainsi que leurs liens internes avec des acteurs politiques spécifiques ou avec des éléments d’opposition au sein même de l’État ou des forces armées.

En principe, il semble s’agir d’une action isolée, mais nous ne pouvons pas en être sûrs. Pour le moment, nous ne pouvons qu’êtres vigilants et espérer que les investigations aboutissent à de nouveaux éléments d’appréciation. D’autre part, l’opposition en général, et plus particulièrement sa frange radicale, est anéantie et il n’est pas évident d’attribuer cette action à l’une de ses franges ou de savoir s’il s’agit d’un groupe plus ou moins fantaisiste comme celui formé par le policier Oscar Pérez. (1)

 

Sans un seul coup de feu, l’Assemblée nationale constituante a réussi à rétablir la paix face à des actions telles que des assassinats, des attaques contre des centres de soins et des garderies pour enfants, des destructions d’édifices publics, la crémation d’individus encore vivants, entre autres. Comment pensez-vous que l’Assemblée agira dans le futur afin d’éviter de nouveaux attentats, si tant est que l’on imagine l’opposition instiguer de nouveaux attentats ?

 

Néstor Francia : Le terrorisme a l’habitude d’être imprévisible. Il ne nécessite pas de soutien populaire, ni d’effectifs conséquents pour agir si l’on dispose d’une organisation un minimum effective. Les ressources ne manqueraient pas, les dollars impériaux afflueraient, de manière directe ou indirecte. En ce sens, je ne vois pas la Constituante disposer de beaucoup de marge de manœuvre pour éviter les actes terroristes. Le cas des guarimbas (2) a été différent, leurs actions étaient publiques notoires et elles étaient de plus essoufflées et sur le point d’être renversées, elles n’avaient atteint aucun de leurs objectifs minimaux qu’elles s’étaient fixées et le peuple, opposition comprise, ne leur avait apporté aucun soutien. La Constituante a parachevé la tâche qui était pour l’essentiel déjà réalisée.

Maintenant, je crois que c’est l’action de l’État dans son ensemble qu’il faut mobiliser, y compris la Constituante elle-même, évidemment, mais avec un rôle fondamental des équipes de renseignement et des corps sécuritaires de l’État. Et le peuple dans la rue, de façon permanente, bien sûr, de différentes manières. Je crois que les missions principales de la Constituante sont autres à ce stade, comme la rédaction du nouveau texte constitutionnel qui inclut la transformation profonde des structures étatiques bourgeoises qui prévalent toujours et les changements qui donneraient un réel pouvoir au peuple, pour qu’il ne soit pas seulement un acteur de ce moment historique, mais surtout un protagoniste fondamental de celui-ci.

 

Notes:

1. Pérez a dirigé en 2017 une opération visant à dérober un hélicoptère de la police afin d’attaquer le siège du Tribunal suprême de justice. Sa cachette ayant été découverte par les services de renseignement, il a opposé une résistance et a été abattu en 2018.

2. Les guarimbas sont un style de barricades de rue assez violentes élaborées par l’opposition vénézuélienne qui, en 2014 et 2017, ont affiché un bilan de plusieurs dizaines de victimes parmi la population civile et les services de l’ordre public.

 

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Pendant que nous menions ces entretiens, à Caracas, les informations ont été élargies, soutenues par des vidéos, des audios, confessions et dénonciations des auteurs détenus, des échanges téléphoniques durant l’attentat et l’identification des cerveaux de l’opération.

Et après? Pour les auteurs de l’attaque, le moment viendra de rendre des comptes devant la justice. Probablement, dans leur style habituel, ils se présenteront au monde comme des «opposants pacifiques et politiques persécutés».

Et maintenant? Depuis la date de l’attaque, les manifestations populaires en faveur du président Maduro se sont multipliées à Caracas et dans les autres états du pays pour prouver qu’au contraire d’attirer la peur de la population, cette attaque a renforcé le sentiment de lutte et de résistance.

Les forces révolutionnaires resteront plus fermes que jamais dans leur objectif d’un nouveau monde possible, d’un monde avec plus d’égalité, de justice et de paix. La devise reste la même qu’avant l’attentat : “La lutte continue”, un slogan qui va bientôt célébrer ses vingt ans. Cette attaque contre le président Maduro entrera dans l’histoire comme un acte parmi des centaines d’autres, comprenant un coup d’État, une grève du pétrole, une grève des affaires, des attaques, des manifestations violentes et des menaces répétées de Washington, Bogota, Madrid et du Parlement européen.

En bref, l’attaque a renforcé l’union du peuple révolutionnaire et son soutien au président Maduro. Il semble également indiquer que l’opposition vénézuélienne continue à sous-estimer la population pour ne pas avoir tenu compte de la leçon historique du 11 avril 2002, lorsqu’elle a réussi un coup d’État, renversé le président Hugo Chávez, l’a arrêté et déporté; mais ce fut un succès éphémère de 47 heures seulement face à la fermeté des populations qui ont envahi pacifiquement les rues pour réclamer et obtenir le retour de leur président.

A propos de l’attentat, en seulement deux semaines la population vénézuélienne a su que:

– Présentée comme une attaque contre le président Maduro, la réalité est que si elle avait été réalisée, elle aurait également entraîné la mort de l’épouse du président, une grande partie du cabinet exécutif, du haut commandement militaire, des hautes autorités et même des représentants du corps diplomatique.

– Plusieurs des auteurs ont été arrêtés et des fugitifs ont été identifiés à l’étranger.

– L’identité de plusieurs cerveaux a été révélée.

– Il a été signalé que les drones avaient été pilotés depuis les États-Unis.

 

Vous avez pu voir et entendre un journaliste américain qui, publiquement et en toute impunité à la télévision, a annoncé qu’il savait avant l’attaque qu’il ne doutait pas que les services de renseignement de Washington aient également été informés et que l’attaque avait échoué. a offert de fournir un autre drone à l’opposition vénézuélienne.

 

Jaime Bayly annonçant sa participation à la mise en place de l’attentat de Maduro dans son émission Bayly Show

 

Mais ces informations pourtant importantes sont déjà passées au second plan car l’essentiel et le primordial sont les motivations qui ont inspiré les cerveaux et leurs complices de l’opération de l’attentat

Deux semaines plus tard, ce qui se passe actuellement au Venezuela peut mieux l’expliquer.

Il faut rappeler qu’au moment précis de l’attaque du drone, le président Maduro à la tribune a déclaré:

“Le 20 août, j’ai activé la reconversion monétaire et la reconversion économique pour rechercher une nouvelle stabilité, rechercher une nouvelle situation, récupérer les capacités acquisitive, pour rétablir les équilibres économiques, macro-économiques et macro-sociaux du pays. Le temps de la reprise économique est venu (explosion d’un drone) et il nous faut … “. À 500 mètres de la galerie présidentielle, un autre drone, apparemment incontrôlé, s’est écrasé dans un bâtiment.

Deux semaines après l’attaque, le président Maduro met en œuvre des mesures radicales telles que la reconversion monétaire, excluant le dollar de l’économie du pays en faisant référence à la nouvelle monnaie vénézuélienne (BS Bolívar Soberano), en référence à Petro (avec valeur et adossée à un baril de pétrole et son prix sur le marché mondial), de nouveaux salaires et un contrôle des prix pour protéger les populations de la guerre économique.

Bien sûr, avec le succès de l’attaque, rien de tout cela ne se produirait aujourd’hui au Venezuela.

Comme presque toujours, c’est le téléphone portable qui vous permet de découvrir l’auteur d’un crime ou de sa tentative.

Qui serait principalement touché par les nouvelles mesures économiques annoncées par le président Maduro?

D’une part, les véritables mafias qui depuis quatre ans extraient du Venezuela d’énormes quantités de marchandises pour la revente en Colombie, y compris des denrées alimentaires de base, ce qui encourage la spéculation.

Deux autres exemples seulement: des millions de litres d’essence vénézuélienne passent illégalement en Colombie, constituant également un ingrédient indispensable pour les laboratoires de trafic de drogue.

Le litre acheté d’un bolivar (monnaie vénézuélienne) est revendu à un dollar le litre, lorsque l’échange bolivar / dollar est de 1 / 5.921.486 (19/08/2018), un changement fictif établi à Miami par le portail DolarToday. À Cúcuta, ville frontalière colombo-vénézuélienne, des centaines de bureaux de change opèrent, qui, par décret du gouvernement colombien, sont autorisés à établir un libre échange entre les monnaies. A Cúcuta, les billets vénézuéliens de grande valeur sont achetés, jusqu’à 4 fois leur valeur, ce qui entraîne une pénurie de billets au Venezuela, à tel point que pour de nombreux achats, le prix est beaucoup plus élevé en cas d’annulation en espèces que de cartes de crédit débit

D’autre part, aux opposants vénézuéliens basés aux États-Unis, d’où, par le biais du portail DolarToday susmentionné, ils imposent quotidiennement l’échange fictif bolivar/dollar destiné à faire échouer l’économie vénézuélienne, pour une véritable guerre économique pour laquelle ils ont le soutien déclaré de Washington.

Dans ce panorama, les relations entre la Colombie et les États-Unis ne doivent pas être ignorées. Ils sont le plus grand producteur de cocaïne au monde et le plus grand consommateur. Il y a aussi sept bases militaires que les États-Unis ont implantées en Colombie, sous prétexte de contrôler le trafic de drogue, mais en réalité destinées au contrôle du continent latino-américain par le commandement sud établi en Floride. Le sénateur américain Robert “Bob” Dole a longtemps exprimé au Sénat que “le contrôle du Venezuela passe par l’occupation militaire de la Colombie”.

Quant aux relations entre le Venezuela et la Colombie, elles sont de toutes sortes. Ils sont historiques, puisque la Colombie est l’un des pays d’Amérique latine qui doit son indépendance à la domination espagnole de l’époque coloniale au Libertador vénézuélien Simón Bolívar, même si la Colombie la trahira plus tard. Aussi contemporain, puisque le Venezuela est une terre d’asile pour quelque 6 millions de Colombiens qui ont fui une guerre civile de 60 ans dans leur pays. À l’heure actuelle, le Venezuela souffre de l’infiltration du para-militarisme colombien.

Le binôme Washington-Bogota est toujours allié à l’Amérique latine et à l’Union européenne, car en parlant du Venezuela, il faut se rappeler qu’il s’agit de la plus grande réserve de pétrole au monde et de nombreuses autres ressources naturelles enviables. C’est également un pays progressiste qui a connu pendant deux décennies une révolution promue par Hugo Chávez, que d’autres nations considèrent comme un mauvais exemple pour leurs populations.

Tout cela peut expliquer le désir d’éliminer, quel qu’il soit, le Président du Venezuela et ses dirigeants actuels.

Et maintenant? L’attentat du 4 août est passé dans l’histoire. Son après, c’est maintenant. C’est la bataille annoncée par le président Maduro, initiée le 20 août sur le front de la guerre économique.

Une bataille de guerre entre forces inégales. D’un côté, un peuple amené à une situation de survie pour laquelle il lui en coûte quotidiennement d’atteindre le minimum nécessaire, voire de se nourrir, une situation créée par des trafiquants, des accapareurs et des commerçants peu scrupuleux qui en profitent pour élever les prix de dix mille pour cent. D’autre part, ceux d’une classe supérieure riche qui ne souffrent pas de pénurie, car ils ont protégé leurs ressources en devises depuis bien longtemps. Pour eux, plus l’économie de leur pays s’effondre, plus ils sont riches. Ils ont aussi de grands pouvoirs en tant qu’alliés qui ont écrit dans l’histoire universelle de l’humanité leurs invasions, leurs occupations et leurs guerres contre les petites nations pour s’emparer de leurs biens ou de leurs territoires.

La guerre est contre le Venezuela, une petite nation historiquement pacifique par excellence, qui depuis son indépendance n’a jamais déclaré de guerre ni envahi aucune autre nation.

Les armes de l’agresseur sont celles de grandes puissances militaires et de stratégies économiques, médiatiques et psychologiques. Les armes de défense du peuple vénézuélien et de ses dirigeants sont le patriotisme et les convictions idéologiques de millions de citoyens “préparés, entraînés et organisés” pour transformer cette guerre en une guerre de résistance prolongée de tout un peuple. Préparé, formé et organisé, c’est le slogan de la milice bolivarienne, créé pour la défense du territoire, qui a pour objectif de compter un million de miliciens dans ses rangs.

Au dire de tous, le drapeau de l’agresseur est le drapeau des États-Unis à la tête de ses alliés.

Mais il ne faut pas oublier que, malgré leurs déclarations plus réfléchies, d’autres grandes puissances peuvent jouer un rôle prépondérant dans l’inégalité de cette guerre. Ce n’est pas un hasard si un navire-hôpital qui flotte actuellement sur le pavillon chinois navigue vers les eaux territoriales du Venezuela et que des manœuvres aérospatiales conjointes entre la Russie et le Venezuela ont été annoncées.

Dans un futur proche et lointain, face aux mesures économiques, il est probable que la minorité d’opposition extrémiste essaiera de mettre en œuvre toutes sortes d’actions pour s’emparer du pouvoir avec ses anciens privilèges et continuera à compter sur le soutien des grandes puissances dans l’attente du butin.

Dans cette guerre, de nombreuses batailles se poursuivront.

 

Photo de la manifestation de soutien au gouvernement Maduro à Caracas le 13 aout 2018 : Jonas Boussifet

 

Photo d’un milicien lors de la manifestation de soutien au gouvernement Maduro à Caracas le 13 aout 2018 : Jonas Boussifet

 

Photo de la manifestation de soutien au gouvernement Maduro à Caracas le 13 aout 2018 : Jonas Boussifet

 

Photo de la manifestation de soutien au gouvernement Maduro à Caracas le 13 aout 2018 : Jonas Boussifet

 

Photo de la manifestation de soutien au gouvernement Maduro à Caracas le 13 aout 2018 : Jonas Boussifet

 

Traduit de l’espagnol par Rémi Gromelle / Jonas Boussifet

Source : Journal de Notre Amérique N°38