La communication selon Freddy

Ce samedi 12 septembre, j’interpellais le collège de la ville de Bruxelles et son bourgmestre F. Thielemans sur la (dé)raison d’offrir un tapis de fleurs à la ville de Tel-Aviv… Je recevais une réponse standardisée (commençant pourtant par ces mots: j’ai pris connaissance avec « la plus grande attention » des interrogations légitimes qu’il soulève.)ourrier tellement administratif et infondé, que je décidais de répondre à son auteur, à savoir le bourgmestre lui-même (réponse figurant en italique dans l’article du samedi 12 dernier). Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir ce matin une nouvelle réponse à la mienne… identiquement la même que la première, mais se voulant toujours de la plus grande attention !

 

Première lettre de Laurent Vanhove à Freddy Thielemans

Madame, Monsieur,
J’ai bien reçu votre message et j’ai pris connaissance avec la plus grande attention des interrogations légitimes qu’il soulève.

Si je peux vous remercier de cet accusé de réception, il est clair que la plus grande attention qui aurait soutenu votre lecture est un bluff, étant donné que la réponse que vous m’envoyez est identique à celle adressées aux autres intervenants sur cette question.
Votre envoi relève donc plus d’un formulaire administratif anonyme que d’une réponse attentive comme vous l’affirmez !

Comme plus d’une quinzaine de maires d’Europe et du Monde l’a déjà fait, je me rendrai aux célébrations du centième anniversaire de la Ville de Tel Aviv à l’invitation de son Maire, Monsieur Ron Huldai.
Pour marquer symboliquement l’amitié qui unit nos villes et notre volonté de paix, nous y découvrirons ensemble un tapis de fleurs sur la place qui porte le nom d’Yitzhak Rabin, l’artisan, avec Yasser Arafat, des accords d’Oslo.

Si vous aviez réellement un tant soit peu d’intérêt à ces Accords d’Oslo, vous devriez être alarmé de voir combien il n’en reste rien ! Toutes les instances internationales, les multiples associations et les médias n’ont cessé de le dénoncer depuis des années. Ils ont été tordus, piétinés, violés à maintes reprises par la partie israélienne à laquelle vous tenez tellement à marquer votre dès lors, bien ambiguë amitié !

Dans une volonté d’ouverture, de dialogue et de paix, et afin de prendre la mesure d’une réalité complexe et parfois tragique de part et d’autre, je me rendrai également en Cisjordanie lors de ce déplacement. J’y porterai avec la même franchise le message de fraternité et de paix qui nous anime.

Au-delà de la formulation plus qu’adroite et « politiquement correcte » de ce paragraphe creux, ces tournures phraséologiques cachent hélas non plus quelque heureux compromis, mais une compromission de plus qui s’inscrit dans la poursuite de la lâcheté politique qui semble animer le PS belge depuis bien des années qu’il manie le double langage.

Je sais les enjeux cruciaux pour la paix dans cette région du Monde à la veille de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tient à New-York ce mois.

Si vous le saviez vraiment, vous sauriez aussi que malgré les retombées négatives pour la population plus de 160 associations palestiniennes demandent le boycott d’Israël sans distinction, ainsi que de plus en plus d’associations et de personnalités israéliennes dont vous devriez vous inspirer en termes de courage et d’honnêteté morale et intellectuelle. Et puisque vous parlez de l’AG des Nations-Unies, je vous conseillerais de vous inspirer un peu des déclarations de son président Miguel d’Escoto Brockmann.

Je suis convaincu que le maintien du dialogue, à la fois entre les représentants politiques mais aussi entre les peuples, est essentiel pour concrétiser la volonté de paix que je partage avec vous.

Votre conviction n’apporte rien à la chose. L’on peut être tout à fait convaincu et se tromper d’autant plus ! Certains étaient aussi convaincus de servir leur idéal quand ils se sont engagés à la suite de Degrelle… Quant à la volonté de paix que vous déclarez partager avec moi, je ne suis pas certain qu’il s’agisse ni de la même volonté, ni de la même paix, vu la probité qui nous différencie forcément !

Dans ce but, nos villes doivent entretenir l’amitié qui les lie les peuples et favoriser le dialogue. Elles doivent aussi relayer auprès de leur Etats le même message en condamnant toutes les formes de violence.

Il n’existe pas d’amitié entre des villes… cette formule, une fois de plus, est creuse et sans une once d’intérêt. L’amitié peut relier des personnes entre elles, mais non des villes, quelle que soit la formule que vous utilisez pour tenter de manipuler les citoyens et de faire accepter l’inacceptable ! Ou alors, je vous invite à revoir d’urgence certaines notions que la pratique politicienne a complètement dénaturées dans votre mode de pensée et sans doute vos mœurs.

Ce sera l’esprit de la mission que je dirigerai dans les prochains jours.

Vous feriez mieux de rester ici et de repenser profondément le sens de votre engagement politique, pour vous demander s’il est toujours bien en phase avec la population que vous êtes censé représenter… sérieux travail en perspective pour votre esprit semble-t-il !

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.

Aux dernières informations, les réactions à cet article de Serge Dumont ont soulevé un tel tollé, qu’il semble que vous soyez prêts à tenter de prouver qu’en fin de compte la ville de Bruxelles n’offrirait pas vraiment ce tapis de fleurs à la ville de Tel-Aviv… Prenez garde qu’en voulant tordre la vérité une fois de plus, vous ne fassiez qu’aggraver encore votre cas. La meilleure chose serait de purement et simplement annuler tout ceci. Mais, évidemment, c’est demander beaucoup de courage… denrée devenue rarissime sinon inexistante au sein de la classe politique actuelle…

Daniel Vanhove

 

Voici la deuxième lettre de Daniel Vanhove adressée au bourgmestre de Bruxelles, après qu’il ait reçu de ce dernier une seconde fois la même réponse standard:

Mr Thielemans,

si votre mail de ce jour n’était si lamentable, j’aurais pu croire à une mauvaise blague.
Ce genre d’attitude dans le privé se solderait par un sérieux blâme, voire même, par une démission !

Si donc vous aviez réellement pris connaissance avec « la plus grande attention à mon message », vous ne m’auriez pas envoyé votre consternante réponse une seconde fois, identique en tout point à la première.
De la sorte, chaque phrase, chaque mot que vous y utilisez perd tout son sens et n’est rien d’autre qu’une vaste fumisterie!

Ce second envoi souligne non seulement l’incompétence de vos services, mais ajoute à la désinvolture manifeste avec laquelle vous traitez les questions qui vous sont posées, ainsi que les réponses qui vous sont adressées.

Cette seconde réponse de votre part, plutôt que de vous honorer ne fait que renforcer l’image déjà désastreuse d’une classe politique trop occupée à ses petites affaires qu’aux préoccupations légitimes de ses citoyen(ne)s.

Dans tous les cas, cela confirme l’incroyable fossé qui n’a de cesse de s’élargir entre la population et la classe politique, et cela illustre combien vos déclarations préélectorales sonnent faux et sont mensongères !

Cela conforte l’idée des citoyen(ne)s que tout élu que vous êtes, vous ne nous représentez plus !

En conséquence, en lieu et place de vous présenter mes salutations, je vous inviterais plutôt à quitter vos fonctions qui me semblent amplement usurpées…

Daniel Vanhove