Relaxe totale et sans appel pour un militant BDS de Montpellier inquiété pour des motifs absurdes

À Montpellier, un militant BDS a dû passer devant la barre du tribunal pour un motif hallucinant: trop de bruit lors d’une manifestation autorisée par la Préfecture. Fort heureusement, José-Luis Moragues a obtenu la relaxe réclamée par son avocat. Si l’histoire peut prêter à sourire, elle dénote tout de même d’une inquiétante dérive visant à empêcher toute forme de solidarité avec le peuple palestinien. Explications. (IGA)


Mercredi 16 octobre 2019 un membre de la campagne BDS France Montpellier comparaissait devant le tribunal de police pour avoir fait opposition à une ordonnance pénale l’intimant de payer une amende de 99€. La contravention a été dressée le 19 mai 2018 à 16h01 (on notera le sérieux de la précision) place de la comédie. Motif de la contravention au nom de José-Luis Moragues : « Bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme » selon divers articles du code de la Santé Publique.

Chacun sait aujourd’hui que le prévenu est membre du comité BDS France Montpellier. Que le comité avait déposé ce jour là une déclaration de manifestation en bonne et due forme en préfecture, que cette manifestation était autorisée et que de mémoire de manifestant.e on n’a jamais vu quiconque être accusé.e et poursuivi.e pour avoir fait du « bruit » lors d’une manifestation. Il y a pire puisque à 16h01 la manifestation partie de la comédie à 15h30 environ arrivait aux abords de la place Jean Jaurès et que sur place de la Comédie il ne restait que deux personnes qui discutaient avec les passant.e.s au stand BDS. Pas de quoi troubler la « tranquillité du voisinage » et encore moins la « santé » de quiconque.

Les explications du prévenu, le témoignage en présence, des deux personnes du stand et les attestations écrites de cinq autre personnes déclarant avoir vu le prévenu place Jean Jaurès à 16h ont eu raison de l’accusation. Le ministère public (un commissaire de police dans le cas du tribunal de police) a piteusement battu en retraite et Mme la juge a prononcé sur le champ la relaxe réclamée par l’avocat du prévenu.

Pris isolément et hors contexte on pourrait rire d’une nouvelle preuve de l’incompétence de la maréchaussée ou d’un fonctionnaire de la police municipale.

Mais rien ne serait plus réducteur et dangereux que de s’en tenir à cette lecture superficielle et anecdotique.

 

Cet événement révèle une évolution significative dans au moins trois domaine de la vie publique dans notre pays :

  • Une extension et généralisation des atteintes à la liberté d’expression et de manifester en particulier
  • L’instrumentalisation du judiciaire contre les libertés fondamentales
  • Le renforcement et l’extension de la place de la police dans l’exercice du pouvoir politique

Dans la « Bataille de la Comédie » BDS France Montpellier qui revendique le droit de se rassembler et d’exprimer sur les lieux publics la solidarité avec le peuple palestinien et notamment avec les grandes Marches du retour, se trouve confronté à ces évolutions du pouvoir. Cette évolution vers un État autoritaire et policier qui progresse derrière le masque du sécuritaire n’hésite pas à s’instruire de l’État spécialiste du contrôle des populations civiles : Israël. Si bien que les défenseurs de l’apartheid israélien trouvent facilement les moyens de faire adopter leur vision du monde et infiltrer les éléments de la campagne internationale contre le BDS lancée en 2014 par B. Netanyahu.

La collusion avec l’idéologie sioniste en général et contre BDS en particulier n’est pas seulement le résultat d’un opportunisme électoraliste et politicien local, elle est malheureusement plus que ça. Elle signe le partage le partage d’une vision du monde fondée sur le colonialisme et l’hégémonisme occidental.

 

 

 

Source: BDS France Montpellier