Que regarde vraiment Human Rights Watch ?

Les États-Unis utilisent depuis longtemps les questions relatives aux droits de l’homme pour s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays et faire avancer leurs objectifs de politique étrangère. Ils ont conçu des outils pouvant servir de façade à leur programme politique hégémonique et Human Rights Watch (HRW) est l’un d’entre eux. 

Malgré son apparence d’ONG impartiale, HRW se consacre à la production de rapports idéologiquement biaisés et politiquement motivés sur la situation des droits de l’homme dans d’autres pays. Au lieu de promouvoir la grande cause des droits de l’homme, elle a joué de sales tours pour alimenter l’instabilité et la confusion dans le monde entier.

Une main qui s’immisce

Après la mort du président vénézuélien Hugo Chávez en 2013, HRW a immédiatement publié un rapport qualifiant le Venezuela de l’une des nations les plus abusives et accusant le gouvernement Chávez de restreindre la liberté de la presse. Tout en formulant ces allégations, le rapport a délibérément ignoré le fait que les propriétaires de médias privés au Venezuela utilisaient leurs vastes ressources pour défendre leurs propres privilèges en sapant le gouvernement à chaque occasion. HRW a également omis de faire état des 4 millions de dollars de financement accordés par le gouvernement américain aux journalistes et aux médias anti-Chávez entre 2007 et 2009.

Il a répété le même vieux tour à Hong Kong en 2019 en publiant des rapports sans fondement blanchissant les émeutiers en tant que manifestants pacifiques, tout en accusant la police de Hong Kong d’utiliser une force excessive alors qu’en fait elle avait fait preuve d’une grande retenue pour contrer les émeutes et la violence. L’organisation a par ailleurs envoyé ses employés pour aider et encourager ceux qui complotaient des actes criminels violents et incitaient à des activités séparatistes pour « l’indépendance de Hong Kong ».

Deux poids, deux mesures

HRW n’a cessé de pointer du doigt le bilan des droits de l’homme des pays en désaccord avec les États-Unis et leurs alliés occidentaux, tout en restant silencieux sur les violations des droits de l’homme commises par les gouvernements occidentaux. 

En février 2013, HRW a condamné l’utilisation illégale de missiles par le gouvernement syrien dans la guerre civile, mais a fait la sourde oreille lorsque, six mois plus tard, les États-Unis ont attaqué la Syrie avec des missiles en violation du droit international. Le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth, s’est même demandé si un bombardement simplement « symbolique » serait suffisant, comme il l’a demandé sur Twitter : « Si Obama décide de frapper la Syrie, se contentera-t-il du symbolisme ou fera-t-il quelque chose qui contribuera à protéger les civils ? ». Le directeur général du Centre d’études internationales du MIT, John Tirman, a rapidement dénoncé le tweet comme « probablement la déclaration la plus ignorante et irresponsable jamais faite par un grand défenseur des droits de l’homme ».

Dans ses rapports sur Cuba, HRW n’a pas reconnu la cause profonde de la situation économique difficile de Cuba, à savoir les sanctions américaines. Il n’a pas non plus reconnu les réalisations du pays pour garantir les droits économiques et sociaux de ses citoyens. En 2012, HRW a fait état des violations du droit du travail chez Jadawel International, une entreprise de construction fondée et détenue par le milliardaire saoudien Al Jaber. Peu après, HRW a admis avoir reçu un don considérable de 470 000 dollars de la part de la fondation caritative d’Al Jaber basée au Royaume-Uni. Ce dont HRW se soucie vraiment, ce ne sont pas les droits de l’homme, mais les intérêts politiques et économiques.

Une porte tournante 

Les vraies couleurs de HRW se reflètent dans ses liens étroits avec le gouvernement américain. En 2014, les lauréats du prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel et Mairead Maguire ont envoyé une lettre de protestation à HRW intitulée « Close Your Revolving Door to US Government », signée par 131 experts et universitaires critiquant les relations étroites de l’organisation avec le gouvernement américain. Avant que Tom Malinowski ne prenne le poste de directeur de la défense des droits de HRW à Washington, il était assistant spécial de l’ancien président américain Bill Clinton et rédacteur de discours pour l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright. En 2013, Malinowski a quitté HRW lorsque l’ancien secrétaire d’État John Kerry l’a nommé au poste de secrétaire d’État adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail. La vice-présidente du conseil d’administration de HRW, Susan Manilow, s’est décrite comme « une amie de longue date de Bill Clinton » et a aidé à gérer les finances de sa campagne.

HRW affirme qu’elle n’accepte pas de dons privés de peur qu’ils ne compromettent son objectivité et son indépendance, tout en se targuant de ne défendre aucun programme politique. Pourtant, George Soros, fondateur et président de l’Open Society Foundations, a annoncé en 2010 l’octroi d’une subvention de 100 millions de dollars sur 10 ans à HRW. Cette même personne a également comploté et parrainé la quasi-totalité des coups d’État et des « révolutions de couleur » dans le monde en apportant un soutien « moral » et financier à des groupes soi-disant pro-démocratiques.

Avec toute son hypocrisie et ses manipulations politiques, HRW a démontré ce qu’elle regarde vraiment. Et les droits de l’homme ne font probablement pas partie de ces choses.

 

Source originale: Global Times

Traduit en français par Bernard Tornare