Paolo DALL’OGLIO, ses illusions, ses fautes et son bellicisme par ses propres dires

De quelque façon que se conclut l’affaire de l’enlèvement du jésuite Italien Paolo Dall’Oglio de la part d’un groupe islamiste, et en souhaitant qu’elle se conclut par sa libération, il ne faut pas non plus oublier ses précédents et son rôle. Pour lui, beaucoup s’obstinent à utiliser l’adjectif «pacifiste», mais la réalité est toute autre et ce sont ses déclarations mêmes qui le démontrent. Car après 30 ans en Syrie pour le « dialogue interreligieux » (dont la Syrie n’avait pas besoin…), il est carrément passé supporter-en chef de la révolte armée et takfirisite et à ce titre il a parcouru le monde, très écouté, en demandant des armes voire une intervention armée à la libyenne.

Il va au point de légitimer l’utilisation des armes chimiques par l’opposition armée ; de louer l’Otan en Libye ; et d’oser dire, à une conférence à l’Université libre de Bruxelles (voir ici la vidéo du clash entre lui et Bahar Kimyongur) "Soit les alaouites abandonnent Bachar. Soit, ils périront avec Bachar». Comme dit Bahar: « Cela s'appelle un chantage, une menace, un appel au génocide. C'est en tout cas très loin du message chrétien. »

Sur le site Huffington Post Italie (http://www.huffingtonpost.it/padre-paolo-dalloglio/appello-per-imporre-alla-siria-e-in-siria-un-immediato-cessate-il-fuoco_b_3539062.html) le religieux, entre autres, admet l'utilisation des armes chimiques, contraindre l'Occident à un rôle plus résolu dans l'agression contre la Syrie. Noter qu'il utilise le « nous » : Qui voudrait pour profiter de l’excuse de l'arme chimique utilisée par nous (nous, façon de parler !) une fois (et ce n'est pas du tout démontré) contre le régime, devra reconnaître qu'il utilise un argument tout à fait insoutenable et qui se retourne contre lui. (…) Tandis que si vous nous laissez être massacrés par le régime assassin, alors nous vous le promettons, l'autodéfense nécessaire et désespérée nous conseillera, nous obligera à créer un tel danger suicidaire pour la sécurité régionale que vous serez obligés d’assumer de toute façon vos responsabilités.

Dall’Oglio appelle « partisan révolutionnaire » tous les anti-Assad. Dans la même mesure où il considère des diables les autres. De plus, il a une tendance à attribuer aux « fascistes du régime » tout ce qui se passe : interviewé par Repubblica après la diffusion d’une vidéo d’une décapitation de trois personnes, il a pratiquement dit que, d’après lui, c’était le régime, pour  accuser les révolutionnaires et les discréditer (après son enlèvement, ses amis ont déclaré que sans doute le régime avait infiltré des gens parmi les islamistes et c’était leur faute).

Paolo Dall’Oglio a plusieurs fois déclaré vouloir unifier toutes les forces armées (même les plus terrifiantes) qui se battent contre al-Assad, al Qaeda inclu, représenté en Syrie et en Irak par Abu Bakr al Baghdhadi sur la tête duquel (au moins selon les journaux) pend une prime américaine de 10 millions de dollars.

Il suffit de lire à ce propos, les déconcertants aveux rapportés par l’hebdomadaire  Famiglia Cristiana (http://www.famigliacristiana.it/articolo/ansia-per-padre-dall-oglio-ma-mancano-conferme.aspx <http://www.famigliacristiana.it/articolo/ansia-per-padre-dall-oglio-ma-mancano-conferme.aspx> ) qui pourtant s’obstine à parler de son activité pour « la paix » et « le dialogue »): « Je suis arrivé aujourd'hui (le 27 juillet ndr) à Raqqa (ville sous le contrôle de Al Baghdhadi, les mêmes qui font chaque jour un carnage de civils en Irak, ndr) et je suis content pour deux raisons : je suis sur le territoire syrien dans une ville libérée et j'ai été bien accueilli. Les gens dans les rues se sentent libres et ceci est l'image de la mère patrie que nous souhaitons pour tous les Syriens. Évidemment rien n'est encore complet, mais c’est un bon début ».


D'ailleurs ce n'est pas sa première ouverture de crédit à al Qaeda. Il suffit de lire ici (http://ansamed.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/analysis/2013/04/12/Siria-Oglio-jihadismo-realta-che-si-puo-ignorare_8542838.html <http://ansamed.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/analysis/2013/04/12/Siria-Oglio-jihadismo-realta-che-si-puo-ignorare_8542838.html> ) ou ici (http://www.huffingtonpost.it/padre-paolo-dalloglio/la-morale-cristiana-e-larma-chimica-siriana_b_3622154.htmlou <http://www.huffingtonpost.it/padre-paolo-dalloglio/la-morale-cristiana-e-larma-chimica-siriana_b_3622154.htmlou> ) ou encore dans cette interview (http://www.finesettimana.org/pmwiki/uploads/Stampa201305/130507dallogliolindell.pdf <http://www.finesettimana.org/pmwiki/uploads/Stampa201305/130507dallogliolindell.pdf> ) cette autre déclaration : « (…) Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C'est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocratiques et des djihadistes démocratiques, de même qu'il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en rapport avec les services secrets syriens et avec les mafias des narcotrafiquants ». Des combattants de al Qaeda il dit : « je souligne que ce sont des frères et sœurs en humanité. Dans mes dialogues avec eux, j'ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage. Ce sont des personnes engagées mais amoureuses de la justice ».


Du reste, comme il le répète, toujours sur le site du Huffington version italienne –  et il faut noter qu’encore une fois il utilise le « nous »: « Pour nous, Syriens de la révolution, la réconciliation entre les forces islamistes radicales et les forces démocratiques est une nécessité stratégique. Les accrochages douloureux et les crimes insupportables qui se sont vérifiés parmi nous doivent trouver une solution, être réabsorbés pour nous présenter unis devant le danger total représenté par le régime, appuyé directement ou indirectement par trop de gens. La tentative de semer des guerres intestines entre les forces anti-Assad (à part l'interception et le désamorçage des dérives criminelles) doit être mis en échec. Ceci, les agents et conseillers militaires américains (le soulignage est notre, ndlr) feraient bien de le comprendre tout de suite. Favoriser les partenaires les plus fiables, encourager les évolutions les plus souhaitables est bon. Nous pousser à nous massacrer entre nous ne peut pas l'être. »

Pendant une conférence à Rome en 2012 voilà ce qu’il a dit entre autres: « il n'y a pas de contradiction entre djihadisme et combat pour la démocratie » ; « Jihad est le nom musulman pour notre Résistance » (la résistance italienne contre les fascistes et le nazi, ndr) « l'enlèvement des deux évêques est sûrement l'œuvre des agents du Régime qui se sont fait passer pour des rebelles » (Ensuite, tandis que Dall’Oglio parlait, un journaliste l'a informé en temps réel, à partir de son portable, que les ravisseurs étaient des Tchétchènes de la brigade Jabhat al Nusra. No comment de sa part). Il dit aussi : « C'est pourquoi, si on n'a pas réussi à obtenir de l'Onu l'envoi en Syrie de casques bleus comme force d'interposition, il faut donner un mandat plus ample aux forces de paix internationales… »

Il montre aussi qu'il apprécie la criminelle (pour nous) action de l’Otan en Libye, pays au sujet duquel il a déclaré : «La Libye est libre, maintenant ». Et  « il y a un an et demi que nous parlons de la nécessité morale ou d'un d'une intervention directe comme celle qui a eu lieu en Libye, ou indirecte avec le choix de donner les armes justes pour bloquer le bombardement systématique du régime syrien, qui est un régime mafieux » (interview radio : http://www.radio24.ilsole24ore.com/notizie/24mattino/2013-06-06/gesuita-paolo-oglio-siria-102128.php).

Qu’il ait été enlevé à cause de luttes intestines entre les milices armées, ou qu’il soit « en mission » (comme il avait écrit à sa famille, et comme le déclaraient des amis à lui, et un mystérieux SMS qu’il aurait envoyé il y a quelque jours) pour traiter la libération d’otages (jusqu’aux deux évêques qu’il avait tant critiqué? Tableau ! Applaudissement planétaire ! Bravo les islamistes), eh bien, le fait reste : il s’est trompé sur la «révolution », aussi car il s’est fait conduire par la rancune (après son non renouveau de visa) et son ego bien connu. En dépit de la vocation religieuse de paix et d'humilité qu’il choisit des décennies auparavant.

On espère pouvoir le lui répéter très prochainement.

Source: Investig'Action – investigaction.net