Palestine: « Vaincre la dépendance, créer une économie de résistance »

À quoi ressemblerait ce modèle économique et comment les Palestiniens qui vivent sous l’occupation, peuvent-ils aller de la dure réalité actuelle vers une économie qui soutient la quête de l’autodétermination ? Les conseillers politiques d’Al-Shabaka Alaa Tartir et Samer Abdelnour se joignent à Bahour pour discuter de ces questions et étudier les solutions.

À quoi ressemblerait ce modèle économique et comment les Palestiniens qui vivent sous l’occupation, peuvent-ils aller de la dure réalité actuelle vers une économie qui soutient la quête de l’autodétermination ? Les conseillers politiques d’Al-Shabaka Alaa Tartir et Samer Abdelnour se joignent à Bahour pour discuter de ces questions et étudier les solutions.

« Ce qu’il faut : Des outils pour Faire Connaître la Réalité Socioéconomique.

On a souvent décrit la Bande de Gaza comme une grande prison, et, effectivement, le siège imposé par Israël nous empêche d’en faire un autre portrait.

La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est aussi une prison : son entière population palestinienne, du président de l’AP (dont le titre officiel de VIP vient d’être changé par Israël pour devenir une simple autorisation de voyage valable deux mois) aux journaliers, est forcée de dépendre d’Israël pour la liberté de mouvement et d’accès. Israël contrôle directement ou indirectement toutes les ressources économiques palestiniennes. De plus, 60% de la Cisjordanie, classée Zone C selon les Accords d’Oslo, est totalement interdite au développement palestinien. Et pourtant, ces réalités de la Cisjordanie sont masquées par ce qu’on dit sur une « croissance » économique de près de 9% annuellement, sur la construction d’institutions et sur un marché financier en plein essor. Ce récit préjudiciable est à la fois le résultat des mesures macroéconomiques qui ne tiennent aucun compte du peuple, et de la propagande politique qui normalise le statu quo occupation-AP-donateur.

Comme Jeremy Wildeman l’exprime dans un article sur les illusions d’un miracle économique palestinien, « La vérité paralysante, c’est la pauvreté, l’insécurité personnelle et l‘incessant déclin économique… [qui ne sont là que] pour empêcher le monde de mettre en œuvre des solutions difficiles aux vrais problèmes. »

Quelle est la difficulté de ces problèmes ? Rashid Khalidi est allé au cœur de la question, quand il a demandé comment « le complexe implantations-industries » pourrait être déraciné – complexe qui s’étend au-delà des 600.000 colons vivant en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupés pour englober les « centaines de milliers au gouvernement et dans le secteur privé, dont le revenu et les intérêts bureaucratiques sont liés au maintien du contrôle des Palestiniens ».

Il faut faire remarquer que même ces rapports qui parlent en termes élogieux des efforts du Premier Ministre Salam Fayyad en ce qui concerne la construction d’institutions, ne peuvent pas entièrement échapper à la vérité. De multiples rapports délivrés par la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International et l’Union Européenne, admettent que le secteur privé ne peut pas fonctionner, en raison des restrictions dont la cause est l’occupation et la diminution de la base productive palestinienne. Un rapport de la Banque Mondiale datant de 2010 a été jusqu’à dire que « l’appareil de contrôle » israélien était « devenu plus élaboré et efficace, en ce qu’il était capable de s’ingérer dans tous les aspects de la vie palestinienne et d’influencer ces derniers, y compris les perspectives d’emploi, le travail et les salaires… [transformant] la Cisjordanie en un assortiment d’îlots sociaux et économiques isolés ou en enclaves séparées l’une de l’autre. »

Bien que les politiques économiques néo-libérales activées sous Fayyad aient apporté de la richesse et du pouvoir d’achat à de petites sections de la Cisjordanie, ceci était destiné à être un phénomène passager. Voilà ce qui a été maintenant remplacé par le problème de la montée inexorable des prix et des déficits, que le Gouvernement cherche à résoudre par le même genre de mesures d’austérité – dégraissage dans le secteur public, hausse des impôts, réduction des incitations à l’investissement – le même genre de politiques que celles qui sont imposées sur de nombreux pays en voie de développement.

Dans un récent article, l’économiste Raja Khalidi a mis en question l’applicabilité des politiques d’ajustement structurel au contexte palestinien, faisant remarquer que les problèmes financiers déjà anciens des Territoires Palestiniens Occupés, n’ont rien à voir avec des problèmes structurels que l’on peut « ajuster ». C’est tout autre chose : ils sont le résultat direct de l’occupation. En plus de l’inconstance de la base de la taxe et de la vulnérabilité du niveau d’activité économique à la politique de fermeture d’Israël et aux confrontations militaires récurrentes, Israël contrôle totalement les recettes fiscales et douanières qu’il perçoit pour le compte de l’AP.

Comme le révèle un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les importations produites dans un pays tiers et réexportés vers les territoires comme si elles avaient été produites en Israël (importations indirectes) causent des pertes de 480 millions de dollars américains (USD) par an – presque 25% des revenus publics, 10% de produit intérieur brut (PIB) de perdu et aussi 30.000 emplois par an. Les manœuvres de l’AP mènent à d’importantes protestations contre ce qu’on a nommé le « Fayyadisme » et les politiques néolibérales qu’il représente.

Pour les économistes et les analystes, voilà les défis essentiels : Quels outils et quelles mesures pourrait-on utiliser ou développer pour faire connaître la réalité de l’occupation israélienne qui va du banal au catastrophique sur le plan humain aussi bien qu’économique. Par exemple, est-il viable de déduire du PIB plutôt que d’y ajouter, les coûts de construction ou de consommation liés aux postes de contrôle et aux autres formes de restriction de mobilité (c.-à-d. les emplois dans la construction des routes, le carburant supplémentaire et les services de transport) et aussi les autres coûts de l’occupation ? De même, quand un étudiant de Gaza ne peut pas étudier à Birzeit ou qu’une personne est détenue pendant des mois ou des années sans inculpation, quel est le coût négatif pour l’économie palestinienne ?

De telles réalités ont des conséquences sur le bien-être socioéconomique, mais sont bien plus difficiles à mesurer que le coût des terres et des ressources expropriées – qu’il faut aussi mesurer sous l’angle de la valeur socioéconomique, humaine et politique. L’Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem (ARIJ), a estimé que le coût total mesurable de l’occupation israélienne pour l’économie palestinienne en 2010, était de 6,897 milliards, soit un stupéfiant pourcentage : 84,9% de l’entier PIB palestinien en 2010.

On a besoin de nouvelles mesures permettant de prendre en compte non seulement le coût de l’occupation mais aussi celui de la corruption. Des institutions nationales et internationales telles que le Centre de Recherche et de Développement Bisan, ARIJ, le Centre d’Études de Développement de l’Université de Birzeit, CNUCED /UNCTAD et la Fondation Rosa Luxemburg font un travail important et peuvent aider à développer davantage des outils capables de quantifier et d’analyser de tels prix. Il est également important de faire connaître et de discuter ces prix un peu partout et de construire un consensus à l’issue de leurs conclusions et en vue d’actions possibles.

Priorité essentielle : Prendre des mesures concernant la Dépendance envers l’Aide

Les discussions sur la dépendance des Palestiniens à l’aide internationale remonte au moins jusqu’à la Nakba (la Catastrophe palestinienne de la dépossession, en 1948).

L’analyse des anciennes initiatives d’aide de Sophia Stamatopoulou-Robbins, suggère que celles-ci portaient les « signes tangibles de l’expulsion » et parlaient de l’exil de tout un groupe. La situation actuelle est plus pernicieuse car les origines de l’aide sont facilement effacées avec leurs conséquences : « Ce qui est visible n’est plus la source sûre de ce qui est là. Les importations directes ne sont pas directes. Les uniformes de la police palestinienne veulent dire coordination israélienne et une nouvelle route « palestinienne » veut probablement dire colons supplémentaires ».

On a beaucoup écrit sur les problèmes de l’industrie de l’aide dans les territoires occupés. On a besoin d’aller au-delà du raisonnement selon lequel l’aide prolonge l’occupation et de concevoir des politiques de prix qui puissent créer un vrai changement. Les Palestiniens doivent encourager l’industrie de l’aide à cesser de gaspiller les ressources sous le faux prétexte d’assistance, et à créer une vraie et solide économie qui puisse mettre fin à l’occupation.

Les donateurs ont conscience des problèmes mais peu de chose les motive à aligner les politiques générales de développement sur la réalité de l’expérience palestinienne. Ceci est dû d’une part aux agences de donateurs qui ne sont pas disposées à défier les intentions politiques des pays donateurs, et d’autre part à la réalité mondiale : la politique de l’aide est tout à fait étrangère à une vraie amélioration socio-économique. Ajoutez à cela que l’AP consent au statu quo. Cependant, il ne faut pas oublier que les pays donateurs bénéficient grandement de la configuration actuelle de l’industrie de l’aide. Cela s’applique particulièrement à USAID et à l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), dont les entrepreneurs et les experts-conseils consomment une grande partie de l’aide qu’ils sont censés fournir. De plus, le livre récent de Sahar Taghadisi-Rad nous informe qu’une grande partie de l’aide aux Palestiniens contribue à l’économie israélienne. En fin de compte, l’aide parvient très réduite aux Palestiniens ; ce qui signifie un coût politique considérable, du fait qu’on ne tient aucun compte des droits inaliénables à la liberté, à l’autodétermination et au retour.

Les donateurs n’ont jamais pris les revendications des Palestiniens au sérieux, en partie parce que leurs investissements dans le prétendu « processus de paix » n’ont jamais été sérieusement mis en question. Il est urgent que la société civile mène une campagne qui puisse dévoiler ces opérations et faire obstacle aux donateurs qui veulent continuer. Chasser quelques « mauvais » donateurs de la Palestine à la suite de pressions sociales, ferait plus que « réformer » l’aide et pourrait bien rétablir la ténacité et la résistance des Palestiniens dans leur combat pour les droits humains.

Un autre point de départ utile dans cette voie, serait de faire pression pour obtenir la révocation des exonérations que feu le dirigeant palestinien, Yasser Arafat avait accordées à USAID. Selon le rapport de la coalition palestinienne pour l’intégrité et la responsabilité (AMAN), de 2010, 146 organisations étrangères sont inscrites au registre du commerce et des sociétés, seulement 40% du nombre total d’entre elles qui opère dans les TPO. Ceci est dû en partie au fait que, selon le rapport, Arafat avait exempté de l’enregistrement toutes les institutions, succursales, organismes et entreprises USAID. En outre, le Ministère de l’Économie Nationale accorde des permis d’enregistrement à de nombreuses succursales USAID en tant qu’entreprises sans but lucratif, sans exiger le dépôt de documents officiels. Elles ne sont pas obligées de présenter ou de soumettre des budgets, et ne sont pas sous la surveillance du Contrôleur Palestinien des Entreprises.

USAID n’est pas la seule à opérer sans être enregistrée ou surveillée. Parmi les autres sont Konrad Adenauer Stiftung, Friedrich Ebert Stiftung Ford Foundation, Handicap International et Diakonia. D’ailleurs, l’auteur d’une autre étude sur les agences d’aide internationale a informé Al-Shabaka qu’une ONG avait refusé de divulguer des renseignements du fait que « nous sommes inscrits auprès du gouvernement israélien, vous n’avez donc pas le droit de nous demander de révéler les renseignements nous concernant, spécialement quand il s’agit de finances ».

L’AP devrait non seulement exiger la responsabilité des ONG étrangères mais aussi imposer leurs opérations. Un impôt sur les services de consultants étrangers les rendra plus chers pour les donateurs par comparaison avec l’expertise locale. Cette procédure est en parfaite harmonie avec la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, du fait qu’elle promouvrait l’utilisation des capacités au niveau local. De tels encouragements pourraient bien aider à ré-allouer l’aide à l’emploi.

Ce problème atteint les ONG palestiniennes qui comprennent maintenant quelque 1.500 organisations actives. Beaucoup d’entre elles refusent d’identifier publiquement leurs assemblées générales, comités, personnel, pourvoyeurs de fonds, rapports financiers vérifiés, arrêtés municipaux, et même leur propriétaire. Certaines ONGs parmi les plus grandes et les plus importantes refusent de donner des renseignements, prétendant que les informations sont trop sensibles. Le cas de la Palestine ressemble un peu à celui de « La République des ONGs » d’Haïti, bien qu’il ne soit pas aussi extrême. Avant d’être forcés de payer cher leur libération et la décolonisation, les Haïtiens étaient jadis un peuple capable de se nourrir et de se vêtir.

Les dirigeants palestiniens sont en partie responsables des conditions actuelles de dépendance économique et continuent à souffrir de l’élaboration et des conséquences d’une « paix économique » crée par les Protocoles de Paris signés avec les Israéliens en 1994. Une telle « paix » a promu une normalisation économique par ces moyens : zones industrielles communes, forums de gens d’affaires israélo-palestiniens, investissements palestiniens en Israël et même dans les colonies, une base agricole et industrielle à l’abandon, une codirection des ressources en eau au bénéfice des colonies et de l’industrie israéliennes, activités économiques à l’abandon à Jérusalem, privatisation, et dette publique ou individuelle encouragée. Tout ce qui est mentionné ci-dessus arrive en même temps que l’établissement toujours croissant de la colonisation de la Palestine par Israël.

Il est essentiel d’aborder le problème du rapport entre la politique, le capital et l’aide. Les Palestiniens doivent aspirer à s’éloigner du contexte actuel pour aller vers un paradigme qui aide à comprendre le développement en tant que moyen de rendre réels leurs droits, leurs libertés et leur autodétermination (voir, par exemple, cet article récent de l’économiste Ali Kadri). Il est également essentiel d’aller au-delà du procédé de développement du point de vue technocratique et apolitique et de viser à reconnaître l’asymétrie du pouvoir et de la domination coloniale. De nombreux écrivains palestiniens abordent différents aspects de ce dilemme. Tout ce travail doit continuer vers une nouvelle étape afin de rivaliser avec le paradigme et le raisonnement actuels et de fournir une autre solution qui soit crédible. Le statu quo ne sert qu’à normaliser et à maintenir l’occupation israélienne, ne tenant aucun compte de l’origine politique de la pauvreté des Palestiniens.

Apprendre par l’Expérience Pratique chez Nous et à l’Étranger Un nouveau programme palestinien pour créer une économie de résistance peut se constituer à l’aide d’expériences dans le pays natal, au niveau régional et international. La vision économique doit être la volonté de renforcer l’autarcie et la résistance socioéconomique (et aussi culturelle) en plus de la croissance économique artificielle. La croissance économique – telle qu’elle est, mesurée, discutée et appliquée, est devenue une laisse et une muselière, ce qui ne veut pas dire qu’il faut entraver le développement du secteur privé ; l’esprit d’entreprise est important à tous les niveaux et échelons. Mais il faut qu’il y ait la vision d’une économie qui se situe au cœur de la résistance palestinienne.

On doit donner la priorité absolue à l’autonomie en ce qui concerne la nourriture essentielle. L’agriculture à petite échelle peut se pratiquer et les Palestiniens la pratiquent pour s’alimenter : permaculture, jardins sur les toits avec arrosage goutte-à-goutte, biodiversité locale pour les produits agricoles. Poursuivi à grande échelle, cette culture réduirait graduellement et mettrait fin un jour à la dépendance à l’aide alimentaire. Elle pourrait aussi servir à remettre en contact des millions de Palestiniens ancrés dans leurs camps, avec des moyens d’existence liés au sol. On peut apprendre beaucoup de l’ouvrage de l’auteur libanais Rami Zurayk, sur la façon dont l’agriculture arabe a été affaiblie par l’aide, et sur les moyens de restaurer les pratiques indigènes (voir son livre récent « Alimentation, Agriculture et Liberté » [Food, Farming and Freedom] et son blog). L’expérience de Cuba qui a réussi à pouvoir se nourrir dans des conditions politiquement défavorables, vaut aussi la peine d’être étudiée. L’autre expérience qui mérite d’être étudiée est celle des Sahraouis en exile, qui ont réussi à organiser et à administrer une population hautement éduquée, alignée sur ses intérêts nationaux dans des conditions des plus défavorables (voir l’étude récente de Randa Farah).

Il est également essentiel d’empêcher l’AP de saper le potentiel de l’agriculture. La vallée de Marj Ibn Amer dans le district de Jenin est historiquement le panier alimentaire des Palestiniens, mais l’AP a commencé à prendre des mesures pour établir sur cette terre, une zone industrielle, dont la capacité d’opérer dépendra complètement d’Israël. BISAN parmi d’autres organisations, est en train de documenter ces tentatives, de les contester légalement et de les dévoiler. On a vu rire des représentants de l’AP, quand quelqu’un parlait du secteur agricole. En réalité, le plus drôle, ce sont les déclarations officielles sur la responsabilisation de la population sur sa propre terre, alors que la terre n’est ni entretenue, ni utilisée au bénéfice des Palestiniens.

Les industries culturelles traditionnelles sont un autre domaine qui mérite d’être soutenu. Exporter le riche patrimoine culturel des Palestiniens (à la différence des cultures commerciales vulnérables, telles que les œillets et les fraises) peut aider à éduquer les gens partout dans le monde sur la cause palestinienne et offrir des possibilités de sauver les industries culturelles.

Un programme de développement palestinien devrait engager les Palestiniens de la Diaspora dans la lutte pour l’autonomie durable. Les Palestiniens ont l’expérience des 5% qui étaient déduits du salaire de ceux qui travaillaient dans le Golfe Persique, pour soutenir l’Organisation de Libération de la Palestine. Le défi serait alors de bâtir la confiance des Palestiniens de la Diaspora, afin que les fonds destinés au programme de développement palestinien ne soient pas détournés ou remplissent les poches de dirigeants corrompus, afin qu’au contraire, ils soient en fait gérés sous forme de titres par une banque nationale de développement ou par l’intermédiaire d’une agence nationale de développement conformément à la ligne d’action de la Fondation Aga Khan.

Il est aussi nécessaire de réfléchir sur la façon dont les Palestiniens peuvent institutionnaliser et finalement créer une bureaucratie associée à un programme de développement démocratique au service du peuple. Dans la documentation sur le développement, on trouve une tendance à donner la priorité aux autochtones : des mécanismes, des approches, et une gouvernance du développement. En fait, les institutions principales de la première Intifada montraient qu’il existait des dispositions efficaces pour une gouvernance axée sur les Palestiniens. Malheureusement, celles-ci ont été éliminées dans le sillage des Accords d’Oslo.

Il est important qu’une nouvelle vision économique palestinienne comprenne de la dignité quand il s’agit de l’aide. Il faut fixer une limite de temps après laquelle l’aide des nations donatrices qui soutiennent les activités militaires israéliennes d’une façon ou d’une autre, doit être poliment déclinée. Toutes les ONGs internationales devraient se mettre d’accord pour chercher à établir les priorités et les calendriers concernant le développement (dire non aux programmes de trois ans des donateurs) et pour s’attaquer à la cause première de la pauvreté en Palestine : l’occupation israélienne, les restrictions qui en résultent et l’interminable colonisation de la Palestine. Il faut faire preuve de transparence dans les objectifs et dans les opérations, et aussi montrer des résultats tangibles. Si nous, Palestiniens, ne faisons pas preuve de dignité dans notre développement, personne ne le fera.

Alaa Tartir est candidat au doctorat et chercheur en études de développement international au Département de Développement International, à la « London School of Economics and Political Science », et aussi coordinateur de projet. Il est éalement chercheur attaché à l’Institut Palestinien de Recherche sur la Politique Économique, et a publié récemment « Le rôle de l’aide internationale dans le développement : le cas de la Palestine 1994-2008 (Lambert 2011).

Sam Bahour est consultant en entreprise, comme expert en « Applied Information Management » (AIM), se spécialisant dans le développement de l’entreprise, mettant l’informatique et les lancements en priorité. Il a aidé à établir PALTEL et le Centre Commercial PLAZA. Jusqu’à ces derniers temps, il était membre du conseil d’administration de l’université de Birzeit et était trésorier de l’Université. Il est également Directeur de la Banque Arabe Islamique et de la fondation communautaire, l’Association Dalia. Bahour est coéditeur de « HOMELAND » : Histoire Orale de la Palestine et des Palestiniens (Olive Branch Press). Il écrit fréquemment des articles sur la situation en Palestine et ils sont affichés sur www.epalestine.com


Samer Abdelnour prépare un Doctorat en Management à la « London School of Economics ». Sa recherche doctorale examine les ONGs et la réponse humanitaire, et le rôle de l’entreprise communautaire et collective dans la construction de la paix et dans le développement d’après-guerre au Soudan. Depuis 2005, Samer dirige des projets de recherche appliquée partout dans le Soudan (Darfour, Soudan du Sud, Nile Bleu). Al-Shabaka, Le Réseau de Politique Palestinienne, est une organisation indépendante, à but non lucratif, dont la mission est d’éduquer et d’encourager les discussions publiques sur les droits humains et l’autodétermination en Palestine dans le cadre de la loi internationale.

Source:Europalestine