Palestine, Israël, les USA et Comment les pays du Pacific sud vendent leurs votes

C’est reparti ! Plusieurs pays de l’Océanie (appelé aussi les Nations du Sud du Pacifique) ou quel que soit le nom que vous souhaitez donner à cette vaste et belle mais dévastée région du monde, ont voté « pour Israël », pour la résolution proposé par les États-Unis aux Nations Unies et donc « contre la Palestine ».

 

Comme rapporté le 12 Décembre, 2017 par Al Jazeera : 

 

« L’Assemblé Générale des Nations-Unies a voté par une écrasante majorité contre « la reconnaissance unilatérale par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, et la déclare nul et non avenu.

Lors d’une session extraordinaire de l’Assemblé Générale de Jeudi, 128 pays ont voté en faveur de la résolution rejetant la décision controversée du 06 décembre du président des États-Unis Donald Trump.

Neuf pays ont voté contre, alors que 35 se sont abstenus.

Trump a auparavant menacé de supprimer les aides aux membres de l’ONU (Organisation des Nations Unies) qui voteraient contre sa décision »

 

Est-ce que les pays insulaires faiblement peuplés perdus au milieu d’une étendue d’eau considérable, sont devenus fous ?

Après toutes ces terribles expériences nucléaires menées sur leurs territoires, contre leur population, par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ; les populations locales peuvent-elles sincèrement croire que la vérité telle que perçue par Washington est la seule vérité légitime au monde ?

Avec le néocolonialisme, qui est en cours d’implémentation par l’Australie, la nouvelle Zélande et la France et bien sûr les Etats-Unis, est-ce que les populations de la Polynésie, la Mélanésie et la Micronésie sont-elles devenues aveugles ?

Après une dépendance totale, après des décennies d’humiliation et de quasi-esclavage, est-ce que les habitants de l’Océanie croient que leurs compagnons d’infortune en Palestine n’ont pas le droit de vivre dans leur propre pays, sans fil barbelé ; qu’ils ne doivent pas avoir leur propre capitale historique ?

La réponse à toutes ces questions est, effectivement, « Non ».

Ils font ce qu’ils font, simplement et seulement parce qu’ils n’ont pas le choix.

 

                                                           Kiribati (photo d’Andre Vltchek)

 

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Quand je travaillais sur mon livre Oceania et voyageais partout dans le Pacific Sud, j’ai rendu visite à un prêtre Jésuite ainsi qu’à l’éminent intellectuel de la région, Francis X. Hezel. Notre rencontre a eu lieu dans la capitale des États fédérés de Micronésie (FSM) – Pohnpei.

Le père Hezel a accumulé une importante quantité de matériaux et documents dans son archive privée, prouvant, sans aucun doute, que l’occupation américaine de la Micronésie après la seconde guerre mondiale, a mené à une baisse considérable de l’espérance de vie et du niveau de vie des habitants de l’ile. Il expliqua :

« La vie ici est devenue plus courte, et bien pire que sous la domination de l’empire Japonais. Et ce n’était pas de la «propagande communiste ». C’est écrit ici même, dans le rapport produit durant cette période par le département de l’état américain. »

 

Mais revenons au vote, ou ce qui est souvent appelé « vente des votes », le Père Hezel offrit une histoire très explicite pour illustrer cette réalité :

« Un jour, j’ai eu toute une équipe de télévision israélienne dans mon bureau. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils faisaient là. Pourquoi voyageraient-ils aussi loin, dans un petit pays insignifiant ? J’ai finalement compris : le public israélien était fasciné par cet endroit, il voulait savoir qui étaient ces gens qui continuaient à voter contre la plupart des résolutions du conseil de sécurité de l’ONU, soutenant ainsi Israël et les États-Unis contre le monde entier. »

 

Dans mon livre l’Océanie, j’ai écrit plus tard :

« Les votes à l’ONU des îles du Pacific sont ouvertement à la vente, particulièrement quand la paix au Moyen-Orient est l’enjeu ». Afin d’illustrer l’absurdité du jeu : au moment où plusieurs pays de la région sont devenus inhabitables à cause du réchauffement climatique, Nauru et Kiribati, eux-mêmes faisant partie des nations qui sont en train de couler, ont voté contre le protocole de Kyoto.

 

Mais ce n’est pas seulement le profit qui pousse les petites nations de l’Océanie à vendre leurs votes ; c’est aussi la crainte de représailles.

« Dans les années 1990 notre gouvernement a voté à l’ONU contre les États-Unis sur le problème des mines terrestres, rappelle le Ministre des Îles Marshall (RMI), Tony de Brum. « En conséquence, notre parti a perdu les élections…»

 

En décembre 2017, neuf pays ont voté contre la résolution de l’ONU, dont les États-Unis eux-mêmes, alors que les huit autres étaient : le Guatemala, le Honduras, Israël, Les Iles Marshall, les états fédérés de Micronésie, Nauru, Palaos et le Togo. Deux d’entres eux étaient de facto des semi-colonies des États-Unis en Amérique Latine, dominés par un groupe violent pro-Washington, un petit pays africain dépendant, alors que les quatre autres étaient les nations Micronésienne et Polynésienne et bien sûr Israël.

 

                                Radars à Kwajalein, aux Iles Marshall (photo d’Andre Vltchek)

 

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Les peuples des îles du Pacifique sont en train de vendre leurs votes pour le profit ou par peur.

Le monde occidental les utilise aussi dans le but d’isoler la Chine.

Actuellement, six pays de l’Océanie ont établi des relations diplomatiques pleines et entières avec Taiwan, encouragés par l’Occident, comme me l’a décrit l’ancien ministre des affaires étrangères, Tony Brum.

Ces pays sont : Kiribati, Les îles Marshall, Nauru, Palaos, les îles Salomon et Tuvalu.

Au moins trois d’entre eux –Tuvalu, les îles Marshall et Kiribati – sont en première ligne du désastre du changement climatique : ils deviennent inhabitables à cause du réchauffement climatique et de la montée du niveau de la mer.

La Chine est le seul pays qui a fait preuve d’altruisme, en voulant aider les pays de l’Océanie : en construisant des murs anti-tsunami, en plantant des palétuviers, en surélevant des écoles, des hôpitaux et des édifices gouvernementaux ou en construisant des installations sportives dans des endroits où environ 90% des adultes souffrent de diabète, souvent dû au déversement de la nourriture la plus malsaine provenant des USA, d’Australie et d’ailleurs.

Plus la Chine réussissait à aider les nations du Pacific Sud, plus Taiwan était ‘encouragé’ par l’Occident à corrompre l’élite locale et à repousser la Chine. Tout pays qui reconnaît Taiwan comme pays indépendant voyait ses relations diplomatiques immédiatement rompues avec la Chine. Tout le monde le sait. Et aucun pays occidental ne voudrait franchir ce pas insensé.

Après que la Chine se retirera, les pays de l’Océanie ne compteront que sur une « aide étrangère » lamentable, cynique et hypocrite offerte par l’Occident. Pendant que leurs leaders corrompus négocient le ‘projet d’évacuation’ final avec la nouvelle Zélande et l’Australie, des pays entiers comme Tuvalu pourraient être bientôt contraints de déménager à l’étranger.

 

                                    Enfants palestiniens à Gaza (photo d’Andre Vltchek)

 

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La vente des votes par les nations des îles du Pacific Sud paraît honteuse, mais en fait, ce n’est rien d’autre qu’un acte de total désespoir.

L’Empire a atteint une grande maîtrise dans la mise en place de la stratégie « diviser pour régner ».

Les victimes, souvent sans défense et pillés, sont forcés de voter contre ceux qui souffrent d’un destin similaire de l’autre côté du monde.

Les Palestiniens vivent involontairement dans une cage.

Les peuples de l’Océanie, qui sont habituellement de grands marins, sont entourés par la plus vaste étendue d’eau sur la terre, mais en même temps ils sont confinés dans de petites bandes de terre, souvent marqués par les bases militaires occidentales.

Les déchets et pourritures sont partout. Le désespoir est de mise.

L’Océanie ne connaît presque rien de la ‘Palestine moderne’. Les Palestiniens ne connaissent presque rien de l’Océanie.

L’Empire semble muet, mais il ne l’est pas. Il est ‘seulement‘ malveillant. Il connaît tout sur les deux régions du monde. Et il les torture inlassablement avec un plaisir sadique et pervers.

 

Andre Vltchek est un philosophe, romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des douzaines de pays. Trois de ses derniers livres sont : son hommage “The Great October Socialist Revolution”, un roman révolutionnaire, “Aurora” et un bestseller politique : “Exposing Lies Of The Empire”Visualisez ses autres livres ici. Regardez Rwanda Gambit, son documentaire sur le Rwanda et le Congo et son film/dialogue avec Noam Chomsky “On Western Terrorism”. Vltchek réside actuellement en Asie Orientale et au Moyen-Orient, et continue de travailler dans le monde entier. Il peut être contacté par le biais de son site et de Twitter.

 

Traduit de l’anglais par le collectif Investig’Action

Source: New Eastern Outlook

 

Les points de vue exprimés dans cet article sont strictement ceux de l’auteur et ils ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.