M’accuser de « complotisme » en dissimulant tous mes écrits

Vous me faites dire : « Les frères Kouachi ont l’air de tomber du ciel. En réalité, ils ont été armés, formés militairement, endoctrinés, par Monsieur Fabius et ses amis… » Ce qui amène le spectateur à croire que j’accuse Monsieur Fabius d’être derrière l’attentat contre Charlie. Mais cette interprétation est impossible si on entend la suite de mon intervention.

 

Voici ma phrase entière : « Comme toujours dans les médias, on a les faits, une partie des faits, et de préférence, les sensationnels, et une autre partie des faits est mise de côté. Par exemple, les frères Kouachi ont l’air de tomber du ciel. En réalité, ils ont été armés, formés militairement, endoctrinés, par Monsieur Fabius et ses amis, qui ont envoyé pendant trois ans des milliers, des dizaines de milliers de frères Kouachi, faire encore pire qu’à Charlie, en Syrie et en Libye. »

Cette phrase complète est très claire : je reproche au Qatar et à l’Arabie saoudite (que Fabius soutenait activement) d’être responsables des crimes commis en Syrie et en Libye par les terroristes d’Al-Qaida d’abord et de Daesh ensuite. Je reproche aussi aux Etats-Unis et à leurs alliés dont la France d’avoir soutenu cette opération au Moyen-Orient. J’indique que les attentats commis en France et en Belgique en sont la conséquence, l’effet boomerang. La formulation écrite dans mon livre est encore plus précise que la formulation orale dans le feu d’un débat et ne laisse aucun doute. Vous avez donc déformé ma pensée.

 

Cacher soigneusement mon travail d’investigation

 

Quand je dénonce, preuves à l’appui, le rôle des Etats-Unis derrière le terrorisme, cette dénonciation n’est pas gratuite. Dans mon livre Je suis ou je ne suis pas Charlie ? j’ai fourni plusieurs sources US qui disent la même chose : Zbigniew Brzezinski (interview du Nouvel Observateur (15 janvier 1998), le journaliste US Seymour Hersh (Prix Pulitzer) (p 72), le New York Times du 21 juin 2012 (p 83), l’amiral Stavridis, commandant suprême de l’Otan en Europe (p 67), Sibel Emonds du FBI (p 48) et même Hillary Clinton, déclarant en 2012 : « Nous, Etats-Unis, avons créé Al-Qaïda » (p 33). Auxquels il faut ajouter Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères. Louis Capriolo, ancien sous-directeur de la lutte contre le terrorisme à la DST française. Et le Figaro du 21 octobre 2011. Tous des complotistes ?

Tout ce travail d’investigation, exposé dans ce livre, et que personne n’a jusqu’ici essayé de réfuter, vous l’écartez. Pourquoi ?

Mais la malhonnêteté est beaucoup plus générale. Le simple fait de me classer parmi les « complotistes » est indéfendable. Car, dans mes écrits, j’ai explicitement critiqué le complotisme comme mode de pensée. Contre la thèse du « complot juif » dans mon livre « Israël, parlons-en » (p 348). Contre les fantasmes liés à l’attentat Charlie (p 239). Et contre la vision du monde complotiste dans mon livre Pourquoi Soral séduit.

 

Source : Investig’Action