Les syndicalistes écossais rejettent le changement de régime au Venezuela

Le Congrès des syndicats écossais (STUC en anglais), qui représente plus de 540 000 syndiqués en Écosse, a réaffirmé son soutien à la Révolution bolivarienne face aux efforts agressifs conduits par les États-Unis pour provoquer un changement de régime au Venezuela.

 

Une motion urgente proposée par Unison Scotland [le syndicat des services publics] et appuyée par RMT Scotland [syndicat rail, maritime et transport] a été adoptée à l’unanimité au 122e Congrès annuel du STUC à Dundee qui a eu lieu cette semaine.

Phil McGarry, président de la Campagne écossaise de solidarité avec le Venezuela (SVSC en anglais), a présenté lundi la situation actuelle au Venezuela lors d’une réunion en marge du STUC, organisée conjointement par la SVSC et la Campagne écossaise de solidarité avec Cuba (SCSC en anglais).

En plus de saluer les progrès économiques et sociaux pour la classe ouvrière vénézuélienne accomplis ces deux dernières décennies et de rejeter les appels à un changement de régime lancés par les États-Unis, la motion a adopté des appels à chacun des 37 syndicats affiliés et aux 20 Conseils syndicaux à « contrer toute propagande dirigée contre le Venezuela comme préjudiciable à l’application de politiques progressistes partout, y compris en Grande-Bretagne ».

Sam McCartney d’Unison Scotland, en proposant la motion, a appelé en outre « tous les syndicats à s’affilier à la Campagne écossaise de solidarité avec le Venezuela afin que nous puissions contrer les mensonges et la propagande déversés par ceux qui cherchent à saper la démocratie et l’autodétermination ».

Il a ajouté : « Au fil des ans, ce Congrès et le STUC ont soutenu le changement économique et social permettant d’émanciper les masses dans de nombreux pays. Il y a quelques années, nous avons adressé notre soutien et notre solidarité à nos collègues et camarades en Amérique du Sud. Continuons d’appuyer et de soutenir le Venezuela et son gouvernement légitime. »

« Commençons par exiger que les États-Unis cessent de s’ingérer au Venezuela. Exigeons que la Banque d’Angleterre et la Deutsche Bank en Allemagne libèrent et restituent les milliards de livres sterling d’or qu’elles doivent au Venezuela.

« Empêchons les tyrans du monde d’imposer leur dogme à la classe ouvrière. »

Ann Joss de RMT Scotland, intervenant pour soutenir la motion, a dit au Congrès que l’administration Trump « se démène en faveur de la guerre, et [que] cette position est soutenue servilement par le Royaume-Uni ».

Elle a poursuivi : « Ils utilisent l’argument que c’est pour résoudre la “crise humanitaire”. Quel tissu de mensonges ! C’est eux qui ont créé la crise avec leurs sanctions économiques. L’expression “amnésie sélective” me vient à l’esprit.

« S’ils arrivent à s’en sortir sans grand problème, ils concentreront ensuite leurs efforts sur le Nicaragua et la Bolivie.

« La vérité, c’est qu’ils veulent le pétrole du Venezuela. Envoyons un message de solidarité clair de la part de notre Congrès. Non à l’intervention américaine ! Pas de sang pour le pétrole ! Vive le Venezuela ! »

Pour en savoir plus sur l’adhésion à la Campagne écossaise de solidarité avec le Venezuela en tant qu’individu, ou sur l’affiliation de votre syndicat ou de votre organisation, cliquez ici.

 

Texte intégral de la motion

 

Motion urgente No 1 – Solidarité avec le Venezuela

« Ce Congrès s’engage à continuer de soutenir la République bolivarienne du Venezuela, à son gouvernement élu et à sa politique visant à susciter un changement progressiste en faveur des travailleurs. Il salue les gains économiques et sociaux obtenus, notamment son programme de santé publique, l’élimination de l’analphabétisme, le renforcement des droits syndicaux, la réduction de la pauvreté et des inégalités et la construction de 2 millions de logements depuis 2016.

« Le Congrès condamne par conséquent les appels au changement de régime lancés par les États-Unis et leurs alliés et exprime sa consternation devant les conséquences dévastatrices des sanctions économiques, tant formelles qu’informelles, imposées par les États-Unis et leurs alliés. Il s’agit là d’une attaque fondamentale au principe de la démocratie.

« Le vice-président américain Mike Pence a déclaré mercredi dernier au Conseil de sécurité des Nations unies que l’administration Trump est déterminée à “restaurer la démocratie au Venezuela”, de préférence par des pressions diplomatiques et économiques, mais que “toutes les options sont sur la table”.

« Le Congrès appelle Conseil général à :

  • Soulever ces questions dans les gouvernements britannique et écossais pour qu’ils condamnent ces sanctions et examinent des moyens de promouvoir une solution pacifique au travers du dialogue, y compris les initiatives proposées par le Mexique, la Bolivie et l’Uruguay ;
  • Défendre la souveraineté du Venezuela et son droit à l’autodétermination ;
  • Rejeter et s’opposer à toute ingérence extérieure dans les affaires internes du Venezuela, en particulier de la part des États-Unis, y compris toute agression militaire ; et
  • Rejeter et s’opposer à toute tentative de changer le gouvernement par des méthodes illégales, anticonstitutionnelles et/ou violentes.

« Lever immédiatement et sans condition toutes les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne, qui violent le droit international, soulageant ainsi la souffrance des pauvres et des plus vulnérables.

« Enfin, le Congrès appelle tous ses affiliés à contrer toute la propagande dirigée contre le Venezuela comme préjudiciable à l’application de politiques progressistes partout, y compris en Grande-Bretagne. La solidarité avec le peuple vénézuélien est essentielle. »

 

Motionnaire : UNISON (Scotland)

Soutien : RMT (Scotland)

 

 

Traduit de l’anglais par Diane Gilliard pour le Journal Notre Amérique

Source  : Venezuela Solidarity Scotland