Les “Droits de l’Homme” se meurent, Vive “le Sécuritaire”!

Dès que les guerres coloniales ont cessé avec la victoire des mouvements de libération, après que les troupes nord-américaines aient été jetées hors du Vietnam, les idéologues au service des dominants, suivis avec enthousiasme par leurs États, ont “redécouvert” les Droits de l’Homme en les instrumentalisant contre le communisme et les carences démocratiques des États qui l’incarnaient. Tournant la page des tortures et des massacres pratiquées dans les ex-colonies et au Vietnam, les puissances occidentales sont passées à l’offensive, sans le moindre complexe, au nom de “La Liberté”, dont elles se sont proclamées les champions !

 

Durant plusieurs décennies, toute la vie politique était passée au crible des droits de l’Homme : devenaient indignes ceux qui ne s’alignaient pas sur l’hypocrisie et les impostures des puissants dont l’indifférence à la misère du monde demeurait néanmoins parfaitement stable.

Depuis peu, un nouveau virage a été pris. La question des droits de l’Homme n’est plus prioritaire; elle est renvoyée dans les “poubelles de l’Histoire” occidentale – d’autres impostures ont débuté -.

Pourquoi le “sécuritaire” a pris la place des Droits de l’Homme, l’État “fort” et non plus la Démocratie et la glorification de la “société civile” et des ONG ? Parce que le terrorisme des fascistes “islamistes” a donné l’occasion de virer de bord en justifiant un autoritarisme grandissant : le “cadeau” politique des islamistes avec lesquels les États-Unis ont été longtemps très complaisants permet à l’Occident de, à nouveau, se présenter comme défenseur de la Civilisation, et de l’identité nationale contre toutes les menaces, y compris celles qui n’ont rien à voir avec l’Islam, c’est-à-dire les Russes, les Chinois, les Vénézuéliens, les Boliviens, etc …

C’est que l’État occidental, pour assurer la défense et la promotion du capitalisme financiarisé, a besoin de se préparer, non pas à un renouveau terroriste lié à l’arrivée des migrants, mais à d’éventuels mouvements populaires contestant enfin un chômage de masse, une précarité généralisée, la liquidation des services publics et de la protection sociale, une déprédation culturelle, une perte de sens de toutes les activités humaines autre que celui de la recherche de l’argent.

Parmi les responsables de cette réorientation, il y a évidemment les milieux d’affaires pour qui la question des droits de l’Homme est une aimable “plaisanterie”, handicapant la conclusion de contrats juteux, par exemple avec l’Arabie Saoudite ! Ce petit monde du profit est favorable à une oligarchie sur laquelle on peut peser facilement : le pouvoir décisionnel s’est partout concentré, comme le pouvoir financier, aux États-Unis et en Europe – le macronisme en est une illustration parmi d’autres, chaque pays ayant son “style” : le néofascisme italien n’est pas celui de la Hongrie ou de la Pologne, la droitisation de l’Autriche ou de la Tchéquie est très différente du “Trumpisme” à l’américaine !

Mais partout on invente les “ennemis” indispensables, de l’intérieur et de l’extérieur, on prépare les opinions aux mesures répressives (violences policières, perquisitions abusives, manifestations et grèves dénoncées, etc.) – De nouvelles lois répressives sont adoptées. L’étape de la “post-démocratie” débute. Les pouvoirs utilisent la peur pour gouverner conformément à une vieille tradition, périodiquement rajeunie.

Mais le racisme, la xénophobie, l’instrumentalisation des différences sexuelles, le sectarisme religieux, sont toujours des outils “utilisables” …

Outre les milieux d’affaires et les partis conservateurs (de droite “républicaine” ou extrême), la responsabilité de cette dévastation sociale est la social-démocratie. Il n’y a peu d’années, toute l’Europe ou presque était entre les mains des partis “socialistes”; Obama président des États-Unis. Rien n’a vraiment changé pour la plus grande désolation des couches populaires !

Dans l’ordre international, le grand jeu de l’argent-roi, complaisant avec les plus riches et leurs transactions de type mafieux, sévère avec les “non rentables” et les “non fiables” (Syrie, Libye, Corée, Palestine, etc …) s’est poursuivi. Les mafias (dont certaines contrôlent des secteurs entiers de l’économie), les filiales des grandes banques qui trafiquent dans les paradis fiscaux, les fraudeurs qui se consacrent à l’évasion fiscale, les sur-exploiteurs qui rendent la vie des salariés insupportable et discriminent la main d’œuvre féminine, ne connaissant pas l’indulgence des États, gouvernés par la droite ou par la “gauche” !

Cette social-démocratie a contaminé d’autres forces, parfois même certaines fractions des partis communistes ! Des acquis démocratiques, il ne reste que le bout de papier que des électeurs de moins en moins nombreux glissent dans les urnes, périodiquement, en ignorant toutes les méthodes de manipulation et le poids de l’argent lors de chaque élection !

Arrive le “temps du mépris” et de l’arrogance de la part de chefs d’État se croyant tout permis “parce qu’ils ont été élus ! “. La démocratie devient celle du bavardage en continu, et de débats dont les frontières sont fixées à l’avance. Plus que jamais, la grande question se pose : “Que faire?“, si ce n’est que renforcer la critique radicale du système, et ne pas se faire d’illusion sur la représentativité réelle des régimes dits “représentatifs” !

 

Source : Investig’Action