La mobilisation pour Julian Assange se poursuit à Bruxelles

Le comité de soutien de Julian Assange poursuit ses rassemblements à Bruxelles. Après un passage devant l’ambassade britannique le 27 mai, c’est celle de Suède qui sera ciblée le 3 juin entre 17 et 19 heures. L’occasion de faire le point sur la situation du fondateur de Wikileaks et de livrer l’un de ses derniers messages. (IGA)


Ce lundi 27 mai, acte 7 de nos rassemblements devant l’ambassade de Grande Bretagne.

Le noyau des habitués était là et comme chaque fois des nouveaux venus. Une bonne participation.

Depuis notre précédent rassemblement, le 23 mai, était arrivée l’annonce par les Etats-Unis de 17 nouveaux chefs d’inculpation incluant l’espionnage vis-à-vis de Julian Assange.

Le doute que nous avions vis-à-vis de l’inculpation pour piratage et la crainte de celle d’espionnage sont donc devenus une certitude. A ce sujet, un article publié sur le site legrandsoir  :Combien de fois faut-il que Julian Assange ait raison avant qu’on ne commence à l’écouter ? de Caitlin JOHNSTON apporte beaucoup d’informations.

Depuis cette annonce, de grands journaux américains et certains européens, ont recommencé, semble-t-il, à s’inquiéter pour le danger que ces inculpations pouvaient présenter pour la liberté de la presse. Une situation qui rappelle celle de l’époque où l’administration Obama cherchait à faire inculper Julian Assange mais a reculé devant la difficulté de l’inculper sans incriminer les grands journaux qui avaient publié des informations en provenance de WikiLeaks. Cette fois l’administration Trump qui avait tant aimé en son temps WikiLeaks veut aller jusqu’au bout et le risque est très grand. L’extradition vers les Etats-Unis serait synonyme de la pire des situations pour Julian Assange. Très clairement, Trevor Timm, directeur exécutif de la Freedom of Press Foundation a déclaré : « En termes simples, ces accusations sans précédent contre Julian Assange et WikiLeaks constituent la menace la plus importante et la plus terrifiante contre le Premier Amendement du 21e siècle ».L’ audience de ce 30 mai et plus certainement celle du 12 juin seront cruciales à ce sujet .

On a aussi reparlé de la fouille de la chambre d’Assange à l’ambassade d’Equateur et de la décision de la haute autorité de l’Equateur d’envoyer aux Etats-Unis les biens personnels susceptibles de les intéresser. A ce sujet, cette procédure est totalement illégale, de plus, elle a été faite en dehors de la présence de ses avocats et la remise aux Etats-Unis des ses ordinateurs, téléphone, disques durs etc risque de mettre en danger des sources d’information, normalement protégées.Plusieurs avocats et un représentant de l’ONU l’ont d’ailleurs souligné.

Après ces rappels, quelqu’un a lu la lettre adressée par Julian Assange au journaliste britannique indépendant , Gordon Dimmack, une lettre personnelle mais qu’il a décidé de rendre public après les annonces américaines du 23 mai. La voici :

 

J’ai été privé de toute capacité de préparer ma défense, sans ordinateur, sans Internet, pas de bibliothèque jusqu’à présent, et même si j’y avais accès, ce ne serait qu’une fois par semaine et pour une demi-heure avec tous les autres [détenus]. Pas plus de deux visites par mois et il faut des semaines pour inscrire quelqu’un sur la liste des visiteurs à condition de fournir toutes leurs coordonnées pour faire l’objet d’une enquête de sécurité. Ensuite, tous les appels, à l’exception de ceux des avocats, sont enregistrés et d’une durée maximale de 10 minutes dans une période limitée de 30 minutes par jour, pendant laquelle tous les détenus se disputent le téléphone. Et le crédit ? Juste quelques livres sterling par semaine et personne ne peut appeler de l’extérieur.

En face ? Une superpuissance qui se prépare depuis 9 ans et qui a consacré de centaines de personnes et dépensé des millions sur cette affaire. Je suis sans défense et je compte sur vous et d’autres personnes de valeur pour me sauver la vie.

Je suis toujours debout, mais littéralement entouré de meurtriers. Mais l’époque où je pouvais lire, parler et m’organiser pour me défendre, défendre mes idéaux et mon équipe est révolu jusqu’à ce que je retrouve ma liberté. Ce sont tous les autres qui doivent prendre ma place.

Le gouvernement américain ou plutôt les éléments regrettables qui le composent et qui abhorrent la vérité, la liberté et la justice, cherchent par n’importe quel moyen à obtenir mon extradition et ma mort au lieu de laisser le public entendre la vérité pour laquelle j’ai remporté les plus hautes distinctions en journalisme et été nominé sept fois pour le prix Nobel de la paix.

En fin de compte, tout ce que nous avons est la vérité.

Julian Assange

 

Nous devons continuer à manifester notre soutien.

N’OUBLIEZ PAS QUE NOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS SE TIENDRA le lundi 3 juin DEVANT L’AMBASSADE DE SUEDE, 3, rue du Luxembourg à Bruxelles ( à deux pas de trône).