La Chine est plus que jamais dans le périscope de Washington !

Une “nouvelle” alliance stratégique vient de se conclure entre les USA, la Grande-Bretagne et l’Australie. Washington va avec ce partenariat contribuer à ce que Londres et Canberra participent à la mise en œuvre d’un dispositif stratégique inédit, un pacte qui aura plus que jamais la Chine dans sa ligne de mire ou plutôt dans son périscope : le Trilateral Security Pact. On admettra que cela va bien au-delà de la vente de sous-marins, et c’est là toute l’importance de cette étrange affaire pas si étrange que ça.

Cette fois Londres a bien rompu les amarres avec l’UE. On en revient donc à l’atavisme des vieilles alliances anglo-saxonnes. Même si la Nouvelle-Zélande a pris ses distances, les « five eyes » reprennent du service.1 Avec Washington, il en a toujours été ainsi, les alliances sont à plusieurs vitesses. Autrement dit, “on ne mélange pas les torchons et les serviettes”.

Que signifie l’AUKUS  ?

Cette synergie d’un nouveau type porte le nom d’AUKUS (acronyme de l’anglais Australia, United Kingdom, United States) et se concrétise significativement à travers l’abandon par l’Australie d’une commande de 12 sous-marins nucléaires ayant fait l’objet d’un contrat avec la France d’une valeur de 56 milliards d’euros, ce qui en faisait le plus gros contrat de défense européen. Pour la France puissance nucléaire, mais “junior partner” de l’Alliance Atlantique, c’est une grave déconvenue qui depuis a fait l’objet d’une véritable crise de nerfs du gouvernement Macron. Mais jusqu’à quand, car déjà l’on parle de « rabibochage » ? Il faudrait en tirer toutes les conséquences, car cette situation est sans précédent, mais nous n’en sommes pas là. Quant à l’Union européenne, elle a toujours accepté de jouer les seconds rôles, non sans contradictions, mais être toujours vassale au sein de l’Empire demeure sa ligne de conduite.

Il faut dire que cet accord entre la France et l’Australie avait été baptisé imprudemment de “contrat du siècle”. Pour tout arranger, la volte-face désinvolte en apparence de Canberra, mais sciemment réfléchie en réalité, a été annoncée symboliquement le jour du 240e anniversaire d’une victoire navale française sur la Royal Navy britannique à Chesapeake, bataille à partir de laquelle l’indépendance des États-Unis fut acquise. 2 « La perfide Albion » a dû apprécier ! Le “plus vieil allié” de Washington était stupéfait, “outré”, on a parlé de “trahison”, de “coup de poignard dans le dos” et Paris a rappelé de manière sans précédent ses ambassadeurs à Washington et Canberra.

Mais, au-delà de ces péripéties, cette alliance à trois apporte surtout un éclairage significatif sur la mise en œuvre et la poursuite accélérée de la stratégie US à l’égard de la Chine, à fortiori quelques semaines après le retrait chaotique d’Afghanistan par Washington et ses alliés.

Sur ce sujet au moins, Joe Biden et Anthony Blinken ont le mérite d’avoir été clairs et constants. N’avaient-ils pas annoncé : “Ce n’est pas fini !” Ce qui avait permis au conservateur Tom Dugenhadt, Président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement britannique, de déclarer devant l’Institut du Policy Exchange. « C’est au moment où les parties ont une perception différente des forces et des faiblesses de l’autre qu’un conflit est susceptible de survenir, et à un moment comme celui-ci, il est fort possible que ce soit exactement ce que nous allons voir ».3

Par conséquent, le départ précipité de Kaboul ne signifiait nullement un désengagement américain de la région eurasiatique. Aujourd’hui, la démonstration est faite. Tout au contraire, ce “nouveau” partenariat permettra un redéploiement des moyens coercitifs nord-américains par rapport à leur objectif principal qui n’est plus de contenir ou de refouler la Chine, mais à terme de créer les conditions d’un changement de régime à Pékin.

En fait, on a surtout largement sous-estimé le Strategic Competition Act of 2021, une législation adoptée par le Sénat US, visant à mobiliser tous les moyens stratégiques, économiques, diplomatiques par une présence dans l’indo pacifique qui permettra aux USA de confronter “les défis posés par la Chine à la sécurité nationale et économique des États-Unis”. Dans son approche globale des défis, cette loi entend également renforcer sensiblement l’aide des États-Unis à l’Amérique latine et l’Afrique pour contrecarrer les coopérations de la Chine dans ces deux régions.4

Le « Pivot to Asia » est toujours d’actualité

Pour le “deep state” outre les sanctions économiques, commerciales, financières et l’intense pression médiatique qui doit se poursuivre, les moyens déterminants de cette stratégie offensive seront militaires. Le “Pivot to Asia” de Barack Obama qui, il faut le rappeler, avait été annoncé devant le Parlement australien en 2011 n’excluait aucune option, y compris celle d’une guerre nucléaire. Il avait mis en garde : “ Si nous ne fixons pas les règles, la Chine les fixera”.5

Pour Washington, c’est très exactement ce qui est à l’ordre du jour et c’est ce à quoi le Pentagone travaille sans relâche avec une détermination qui ne saurait pas être sous-estimée. On se situe donc bien dans une continuité, facilité par le fait que toute l’équipe en place à Washington fait partie du premier cercle de Barack Obama. Ce qui, en fait, lui permet d’effectuer un nouveau mandat par personne interposée.

Cette stratégie, qui fait planer des risques évidents pour la paix mondiale, va contribuer en toute première conséquence : une relance et un élargissement de la course aux armements nucléaires. Pour l’éditorial du China Daily : ”Washington forme un nouveau gang pour imposer la loi de la rue sans règles” ! Le quotidien, considère non sans raison que “l’administration Biden marche sur les traces de Donald Trump provoquant la confrontation en vue de commencer une guerre de territoire et pose une sérieuse menace à la paix, à la stabilité régionale et à un ordre international fondé sur des règles”. Zhao Lijiang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, a ajouté : “Cet accord fait douter de la sincérité de l’Australie de respecter ses engagements de non-prolifération nucléaire”.

Depuis sa mise en place en janvier 2021, la nouvelle administration US a décidé d’associer étroitement la politique intérieure et extérieure. Cette préoccupation doit permettre de serrer les rangs autour du couple Joe Biden/Kamala Harris.

Réaliser deux objectifs

Pour ce faire, le premier objectif est de rassembler de manière bipartisane démocrates et républicains. Après tout, le néoconservateur républicain Robert Kagan6 et le néoconservateur démocrate Anthony Blinken n’écrivent-ils pas ensemble dans le Washington Post pour dessiner la vision géopolitique à suivre. Par exemple, celle à mener à l’égard de la Chine ce qui permet de parler d’une seule voix. Il va s’en dire qu’il existe à Washington un très large consensus à ce sujet et les forces politiques, les centres de recherches qui s’en préoccupent ne manquent pas. Au premier rang, on trouve la fondation The Atlantic Council. Cette fondation tentaculaire, n’est-elle pas à l’origine de 3 rapports stratégiques successifs destinés à la nouvelle administration sur comment contribuer à favoriser la mise en place à Pékin d’une équipe modérée, soutenant un projet libéral pro business, conciliante sur le plan international, spécialement avec les États-Unis. À terme, ajoute les auteurs du fameux « Longer Telegram » du nom d’un des trois documents par référence au « Long Telegram » de Georges Kennan qui en 1946 se référait à l’URSS, cela permettrait au peuple chinois de s’émanciper de la tutelle centenaire du Parti communiste et de son leader “maoïste” Xi Jiping.7

Le second objectif pour la nouvelle administration US est d’impliquer ses alliés dans sa croisade antichinoise tout particulièrement ceux de l’Union européenne. Toutefois, le suivisme qui est exigé n’est pas sans contradictions si l’on tient compte de la place prise dorénavant par les investissements chinois sur le vieux continent. C’est le cas en particulier avec les importantes conséquences politiques, économiques et sociales de la mise en œuvre des nouvelles routes de la soie avec de nombreux pays européens, 17 d’entre eux à ce jour, et la perspective de signature d’un accord sur l’investissement entre Pékin et Bruxelles, déjà négocié par Xi Jiping, Angela Merkel, et Emmanuel Macron : le China Investment Agreement (CAI). Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Europe, ne sont-ils pas supérieurs à ceux de l’Europe avec les États-Unis ?8

Pour ces raisons, l’annonce théâtrale de la mise en place de l’AUKUS témoigne également du besoin d’une reprise en main et d’une redéfinition des missions de l’OTAN qui devra être “remobilisé” sur le front eurasiatique avec comme priorité la Chine et ces deux alliés les plus importants : la Russie et l’Iran. Cette exigence des dirigeants américains vise à surmonter les nuances qui sont apparues entre Biden et les Européens lors du sommet des chefs d’État de l’OTAN, puis au G7 qui, comme on le sait, a difficilement accouché d’une résolution, entre autres à cause de l’attitude à avoir au sujet de la Chine.

Dans les deux cas, cette volonté politique de l’administration Biden se veut en rupture avec ce qu’elle continue de nommer “les errements de la précédente présidence” à savoir « the America alone strategy » de Donald Trump.

Par conséquent, l’ambition et les préoccupations de Joe Biden, de Boris Johnson et du Premier ministre australien Scott Morrison vont bien au-delà d’un changement de fournisseur en sous-marins nucléaires, même si récupérer un contrat de 56 milliards d’euros est toujours bon à prendre. Cette décision doit être interprétée comme un signal fort en faveur d’un ralliement occidental pour une nouvelle escalade contre la Chine à travers un redéploiement et un réarmement dangereux de l’Asie du Sud-est, qualifiée arbitrairement par les États-Unis, d’“Indo pacifique”.

L’AUKUS loin d’être le résultat d’une décision soudaine était en fait à l’étude depuis longtemps. D’ailleurs, la chute de Kaboul a coïncidé avec la tournée asiatique de Kamala Harris et ses entretiens au plus haut niveau à Singapour et au Vietnam. Dans un important discours à Hanoi, elle a ainsi déclaré : “Nous allons parler haut et fort si Pékin prend des mesures qui menacent l’ordre international” et elle a ajouté “la liberté de navigation est une question vitale pour la région.”9

À l’origine de l’AUKUS

Cette déclaration, qui n’est pas nouvelle, a son origine des années auparavant également à Hanoi dans les propos provocateurs qu’Hillary Clinton avait tenus à l’occasion de la réunion en 2010 du Forum régional de l’ASEAN.10 Faisant référence au “Pivot to Asia” de Barack Obama, celle-ci avait déclaré que les opérations dites de liberté de navigation(FON) des navires de guerre et des avions militaires états-uniens en mer de Chine Méridionale “constituaient un sujet d’intérêt national pour Washington”. Elle ouvrait ainsi la voie à une ingérence directe des USA dans les différends territoriaux et maritimes bilatéraux impliquant la Chine ainsi qu’à la présence nord-américaine dans les territoires et les mers sous souveraineté de Pékin.

Ainsi, outre les nombreuses bases US en forme de cordon sanitaire autour de la Chine, le dispositif naval, déjà existant qui est la plus grande concentration offensive au monde de la part des États-Unis va se voir renforcer par une flotte importante de sous-marins nucléaires. Ce qui se fera en violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.11 Ce traité multilatéral signé par l’Australie prévoit l’usage de technologies nucléaires civiles, mais non militaires. De plus les sous-marins US utiliseront le nucléaire comme force de propulsion avec un uranium fortement enrichi en isotopes 235.12 En fait outre les sous-marins, cette décision impliquera la fourniture d’autres types d’armements et fera le miel de tous les grands groupes US du secteur militaro-industriel dont Raytheon, Lockheed Martin et Northroop Grumman. L’objectif est donc clair, les États-Unis entendent faire de l’Australie une force militaire déterminante dans la région qui sera étroitement arrimée aux USA pour les dizaines d’années à venir.

Fort logiquement, ceci va accroître la militarisation de cette vaste partie du monde qui compte les presque deux tiers de l’humanité. Il faut donc s’attendre aux tensions, à un état de conflictualité permanent, à la multiplication de provocations avec leurs risques inhérents de dérapages.

Or, c’est ce à quoi nous assistons déjà et à plusieurs reprises depuis quelques années. Ces derniers mois, on a frôlé les incidents graves avec l’US Navy et y compris avec la marine française dans le détroit de Taïwan ! Selon l’Atlantic Council qui salue cet accord AUKUS, ces nouvelles capacités militaires permettraient de détruire en trois jours 70 à 80 % de la flotte militaire chinoise.13

Face à la montée en puissance de la Chine et de son rayonnement dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse du front économique et monétaire, de l’exploitation des ressources naturelles comme les “terres rares” ou encore celui de la recherche nucléaire appliquée aux énergies propres, les États-Unis peinent à trouver la parade leur permettant de maintenir une suprématie, déjà bien vacillante. Il leur faut donc monter la pression ! Dans ces conditions, l’AUKUS indique clairement une volonté d’accélérer le renforcement du leadership US au niveau mondial vis-à-vis duquel les vassaux sont et seront invités à se rallier impérativement pour repositionner géopolitiquement leurs priorités et cela sans discussion possible. Comme en d’autres temps et sur d’autres sujets, il faudra sur le dossier chinois “être avec nous ou contre nous”.

Ralliement et rabibochage

Cela sera aussi le cas pour la France, dont les moulinets à la manière du capitaine Matamore14 n’impressionnent plus personne. Il faut s’attendre à ce que l’on fasse grand cas de la réconciliation entre Joe Biden et Emmanuel Macron. Ainsi, on n’exclut plus que la France soit partie prenante de ce nouveau dispositif. Certes, sa présence militaire dans la région indopacifique est importante dans plusieurs territoires du Pacifique, même éloignée des lieux du théâtre des opérations possible et aussi en en Afrique où elle est confrontée aux ambitions US. Cela étant dit si cela modifie la forme de la controverse, le fond demeure ! En fait la France s’est affaiblie internationalement, à cause de ses abandons de souveraineté, de son manque d’indépendance, de son alignement sur l’Allemagne, de son choix à voir progresser l’intégration européenne avec une défense et une politique étrangère commune. Certes elle a participé en appui en soutien aux récentes manœuvres de la Quad, mais les deux ou trois bâtiments français comparés à l’énorme concentration de la 7e flotte US à laquelle s’étaient joints l’Inde, le Japon, et l’Australie avec la complaisance, la complicité du Bangladesh et du Sri Lanka15 montrent clairement que les gesticulations de Le Drian ne changeront pas grand-chose.

La France devra se rallier comme les autres, d’ailleurs, on imagine mal comment avec la soumission pro-attentiste qui caractérise ses gouvernements successifs, elle pourrait faire autrement. “Son jeune président devrait veiller à être plus mature et moins impulsif”, comme vient de lui signifier Amir Khan Muttaqi, le nouveau ministre des affaires étrangères afghan.16

Sans attendre, et comme cela était prévisible la solidarité européenne s’est manifestée immédiatement à l’égard de l’annonce faite par Washington, Londres et Canberra. Joseph Borrell le haut représentant bruxellois pour les Affaires étrangères et la sécurité, tout en déplorant l’annulation du contrat avec la France, a annoncé sans tarder une réévaluation de la présence européenne dans l’océan indien et le Pacifique. Face à ce qu’il qualifie de Chine plus agressive, il a souhaité s’engager plus avant dans la relation avec Taïwan, tout en revendiquant une liberté de circulation et l’ouverture de routes maritimes à l’identique de la position des USA. Cela devrait se faire par une présence plus importante de navires militaires des pays de l’UE ou en plaçant des Européens comme assistants à bord de vaisseaux australiens.

Pour Bruxelles, il est vrai qu’avec 12 000 milliards d’euros d’investissement annuels, cette région est le deuxième marché des exportations pour l’Union européenne. Par conséquent, l’avenir de cette stratégie indopacifique anglo-saxonne est dorénavant devenu une priorité de l’Europe géopolitique. Donc, de ce côté-ci rien de bien nouveau sous le soleil !

Pour ne pas être en reste, le Japon membre déjà de la Quad17 a adopté au même moment une déclaration très agressive à l’égard de la Chine. S’il fallait confirmer la simultanéité de l’AUKUS avec l’implication du Japon dans cette stratégie agressive des USA, on la vérifierait à travers la décision récente mise au point par Tokyo de tracer une ligne rouge autour des groupes d’îles Senkaku (moins de 330 km de la Chine continentale et 170 km de sa province de Taïwan, mais à plus de 1808 kms de Tokyo). En les revendiquant unilatéralement comme des territoires japonais, le ministre de la Défense Yashuide Nakayama a insisté sur le fait qu’elles seraient défendues comme tels, en cas d’agression de la Chine en ajoutant au sujet de Taïwan qu’il faudra protéger ce “pays démocratique”.18

Dans ce cas, on assiste une nouvelle fois et sans grande protestation, sauf de la Chine, à la remise en question de la résolution des Nations Unies de 1971 quant aux droits légitimes de la Chine contre laquelle les États-Unis et l’Australie avaient voté.19 Malgré cela, on se souvient qu’une “One China policy” fût adoptée par la suite par les États-Unis et inaugurée en 1972 par Richard Nixon et Henry Kissinger. Celui-ci admettait une “ambiguïté constructive” selon la formulation attribuée à Kissinger dans le communiqué conjoint de Shanghaï conclu entre les USA et la RPC en février 1972.20 À cette époque, pour Washington, les peuples des deux côtés du détroit ne formaient qu’un seul dans un seul pays et Taïwan faisait partie de la Chine, mais sans pour autant reconnaître la souveraineté de Pékin sur celle-ci, donc sans préciser qui de l’une ou l’autre partie, devait assumer l’autorité d’un seul état.

Quant à l’Inde, les événements récents en Afghanistan ont été un très mauvais coup pour elle. Ils ont affaibli ses prétentions à jouer son rôle de puissance régionale dans le sous-continent indien. Ils ont modifié le rapport des forces à son désavantage face au Pakistan et surtout à la Chine. Par ailleurs, Modi est en difficulté politique, mais il est toujours au pouvoir et avec des moyens qui ne sauraient pas être négligés. Les grandes entreprises indiennes souhaitent le voir mieux gérer ses contradictions et la proximité géographique, économique et commerciale de l’Inde avec la Chine qui malgré tout, sont en net progrès, mais en deçà des possibilités. En 2019, les échanges commerciaux entre les deux pays atteignaient les 1000 milliards de dollars US. Dans la même période, plus d’un millier d’entreprises chinoises ont accru leurs investissements pour un montant de 8 milliards de dollars, permettant la création de 200 000 emplois en Inde. Preuve de son désir de voir les relations entre les deux géants se renforcer, la Chine en avril 2021 a livré à l’Inde plus de 5 000 ventilateurs, 21 569 générateurs d’oxygène, plus de 21 millions de masques et près de 4 000 tonnes de médicaments pour lutter contre l’épidémie de Covid 19. C’est beaucoup, et même beaucoup plus que les États-Unis. La Chine entend poursuivre ses efforts. En Inde, tout en faisant le choix de demeurer dans l’orbite de Washington, il peut y avoir des évolutions qui pourraient découler d’un déclassement de la place de l’Inde au sein de la Quad. D’autant que les USA continuent à refuser de discuter avec celle-ci des technologies de propulsion nucléaire pour ses sous-marins et porte-avions. Enfin, on ne saurait pas sous-estimer le fort consensus antichinois qui demeure dans une large partie de la classe politique indienne et en particulier dans les médias.

La position décisive des États de l’ASEAN

Comment réagiront les pays de la région face à l’annonce de l’AUKUS ? Cela sera décisif, stratégique et constituera un test. N’oublions pas l’importance de l’accord historique de libre-échange (RCEP) de 15 pays de l’Asie-Pacifique en novembre 2020, incluant la Chine et qui a constitué une incontestable victoire politique pour Pékin et un échec pour Washington.

Déjà, ces États s’expriment avec énormément de réserves sur cet accord, c’est tout particulièrement le cas de la Malaisie et de l’Indonésie, plus grand pays de la région et qui par ailleurs préside l’ASEAN. Ainsi, celle-ci vient de faire annuler la visite officielle de Scott Morrison à Djakarta. Aussi, les temps ont changé, et l’accueil de Kamala Harris dans la stratégique Singapour, cette ville-état considérée comme une référence par plusieurs pays de la région, n’a pas été particulièrement encourageant pour Washington. Plusieurs observateurs confirment “L’approche des États-Unis en Asie du Sud-est a été de plus en plus critiquée ces dernières années. Le principal fondement de ces critiques partait d’un constat : les États-Unis semblaient considérer que le seul intérêt de l’Asie du Sud-est était d’être proche de la Chine. Ces critiques pointaient aussi l’absence de stratégie globale pour l’Asie du Sud-est de la part de Washington avec seulement des actions éparses et des politiques pas cohérentes.”21 Pour l’heure, seules les Philippines se montrent complaisantes, sans doute n’y est pas indifférent l’accord avec Washington sur le « defense pact » qui autorise les USA à intervenir si la souveraineté maritime de Manille était menacée comme dans le cas d’îlots dont la souveraineté est contestée.

On ne saurait sous estimé qu’historiquement, les Asiatiques sont très jaloux de la “centralité de l’ASEAN” de leur “asianité” et des valeurs qui leur sont propres. Ces principes à travers le mécanisme de l’ASEAN encouragent les dialogues et la coopération, l’inclusivité, le respect de la souveraineté, l’égalité en opposition à toute idée de rivalité. En fait, il existe une conscience asiatique qui considère le dialogue et la négociation comme essentiels. Les États d’Asie du Sud ont toujours montré leur hostilité à la conflictualité entre les États-Unis et la Chine. Ils tiennent spécialement à la démilitarisation de la région, aux principes de non-agression et de non-intervention de toute puissance étrangère comme l’affirmait l’esprit de la conférence de Bandung.

Plus encore les pays de la région ont toujours été hostiles à tout pacte de défense conduit par les États-Unis ou par tout autre pays. En son temps, ce fut d’ailleurs à l’origine de l’échec dans la mise en œuvre du CENTO et du CEATO. Ainsi, les Asiatiques veillent scrupuleusement à l’idée de maintenir l’Asie du Sud-est “en zone de paix, de liberté et de neutralité, » libre de toute interférence de toute-puissance extérieure. Dans ces conditions, comment ne pas partager leur inquiétude face à l’Australie qui entend faire prévaloir son attachement à ce leadership américain soutenu de surcroit par l’ancienne puissance coloniale. À leurs yeux et une fois, encore le comportement de l’Australie demeure avant tout proche des Occidentaux. C’est pourquoi celle-ci est perçue en Asie comme “le shérif adjoint » des USA. Après les déclarations de plusieurs pays de la région inquiets voir hostiles à cette triple alliance, il n’est pas à exclure que des initiatives politiques de la Malaisie et de l’Indonésie contribuent à des décisions collectives afin de renforcer l’action pour la dénucléarisation de la région et une plus grande coopération économique contribuant à une intégration qui évincerait l’Australie. Ainsi, il n’est pas à exclure non plus que la Chine soit admise l’an prochain au sein du nouveau Comprehensive and Progressive Agreement for Transpacific Partnership (CPTPP) que Trump avait imprudemment quitté ; Pékin a demandé son affiliation en 2021. Cette demande est déjà soutenue et promue par la Malaisie alors que l’Australie s’y oppose.

Sauf à pécher par ignorance, il faut prendre en compte l’importance des relations de ces différents pays avec la Chine. Elles sont une constante forte et incontournable pour qui veut comprendre la réalité des rapports de force véritables en Asie. La Chine n’a jamais agressé aucun d’entre eux pas plus que d’autres, par contre elle est partie prenante et coopère activement au développement des infrastructures de plusieurs États de la région et cela sans conditionnalités politiques. Sans compter, le fait que dans nombre de ces pays les populations ont pour origine pas si lointaine la Chine à laquelle ils restent liés de différentes manières économiques, linguistiques, culturelles. À terme et dans la région Asie, l’aveuglement antichinois des États-Unis pourrait très bien se révéler comme la cause d’une victoire à la Pyrrhus ou plus prosaïquement par l’histoire de l’arroseur arrosé.

AUKUS et Quad ou de la Californie au Kilimandjaro

Par conséquent, l’AUKUS n’est pas un effacement de la Quad, mais un complément et une adaptation de celle-ci. D’ailleurs, le sommet de la Quad se réunira le 24 septembre à Washington en présence des chefs d’États et de gouvernements de l’Alliance. Pour celle-ci et il faut le rappeler, le principe sur lequel elle se fonde est celui du « Free and Open Indo-Pacific » qui est un concept qui exclut la Chine et l’Asie, en élargissant la zone d’intervention de “la Californie jusqu’au Kilimandjaro” et non plus “d’Holywood-to-Bollywood”, selon la formule de Matt Pottinger.22 Autrement dit une vision qui est l’inverse de la conception de l’ASEAN en faveur d’une “Asie inclusive”, ce qui elle par contre signifie clairement qu’elle doit impliquer la Chine.

Avec l’ANKUS les enjeux maritimes en mer de Chine méridionale vont donc se radicaliser et devenir décisifs pour la paix du monde.

C’est pourquoi il est important de rappeler que les États-Unis tout en ayant signé sans ratifier l’UNCLOS23 se refusent à en tenir compte pour les autres nations, tout, particulièrement concernant les ZEE (les zones économiques exclusive) qui reconnaissent les prérogatives et les juridictions nationales des États côtiers dans les 200 miles marins. Pour les Occidentaux, il s’agit d’accréditer l’idée avec l’aide des médias que la Chine serait hostile à la circulation de navires commerciaux. Les USA invoquent une prétendue règle de « Freedom of Navigation « (FON) pour contester les juridictions nationales et internationales qui prévoient des autorisations préalables pour la navigation militaire ou d’activités techniques dans leurs zones maritimes, pouvant mettre en cause leur sécurité. Les États de la région reconnaissent ces principes sauf bien sûr les États-Unis et leurs alliés.24

Or, il est connu qu’il y a plusieurs conflits sur la souveraineté d’îles et îlots entre plusieurs pays de la région, à la fois entre eux comme certains avec la Chine. Il y a des controverses comme celles des îles Paracels et Spratleys, d’ailleurs les concernant la Chine et Taïwan reconnaissent la souveraineté de la Chine sur ses territoires. Or, l’UNCLOS prévoit les règlements bilatéraux et pacifiques de ces conflits comme le veut le droit international à travers la Charte des Nations Unies et c’est dans les faits ce qui existe. Ce n’est pas le cas pour les États-Uniens qui délibérément mettent de l’huile sur le feu, entretiennent les tensions, multiplient les provocations, et instrumentalisent certains gouvernements. En fait, les USA revendiquent un droit de police sans restrictions sur ses mers de Chine méridionale et ils violent délibérément le consensus de l’UNCLOS.

Avec l’AUKUS, la feuille de route est américaine, elle est unilatérale et doit s’imposer à tous ses alliés. C’est par conséquent une question d’indépendance, de responsabilité et de dignité qui se pose pour chacun d’entre eux comme de défense du multilatéralisme et d’égalité dans les relations internationales pour tous. Depuis longtemps, les États-Unis s’arrogent des droits pour leur propre compte et considèrent le système des Nations Unies comme parfaitement obsolète. Ils ont tour à tour cherché à le discréditer, s’en sont écartés, ont condamné certaines des agences onusiennes qu’ils ont parfois quittées et en ont instrumentalisé d’autres. N’évoquons pas ici l’énormité de l’endettement des USA à l’égard de l’ONU.

Mauvais payeur, mauvais coucheur. Que l’annonce de mise en place de l’AUKUS intervienne au moment où s’ouvre la session annuelle des Nations Unies en dit long sur la conception que les USA ont du respect du droit international. Certes, cela n’est pas nouveau, le mensonge, le cynisme et le double langage dont on a eu un nouvel échantillonnage avec l’intervention de Joe Biden à l’Assemblée générale,25 mettent en évidence le danger que ce pays représente pour la paix et la coopération internationale. Cela rappelle des temps pas si anciens ou seule la force et la barbarie étaient les moyens de concevoir les rapports entre États.

AUKUS et hystérie antichinoise, qu’en dit Mahatir ?

En fait, l’hystérie antichinoise dont les États-Unis et les médias mainstream sont les promoteurs quotidiens participe du climat qui légitiment l’AUKUS et ses initiateurs. Il suffit de lire le rapport fantaisiste de “l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM)26pour être édifié ou encore les tombereaux de calomnies déversées sur l’écrivain et journaliste Maxime Vivas administrateur du site Le Grand soir.27

Ce climat nauséabond renvoie aux manifestations hypocrites et aux propos des bonimenteurs politiciens de droite comme de gauche en quête désespérée d’électeurs qui font mine de s’indigner de voir la France ridiculisée internationalement, mais qui refusent d’en tirer les conséquences et d’assumer leurs responsabilités, qu’ils s’agissent de l’OTAN, de l’Union européenne et particulièrement de cette violence à l’égard de la Chine qui le dispute à l’irrationnel. Le plus grave sans doute, est que cette arrogance tout occidentale, cet eurocentrisme de pacotille et ces débats franco-français aussi ignorants qu’infantiles ne posent jamais la question du point de vue du fond c’est-à-dire des causes véritables de cette accélération des tensions à l’égard de la Chine et encore moins des conséquences qu’il s’agisse du devenir de l’humanité, des intérêts des peuples en général et de ceux d’Asie en particulier.

Avec la sagesse qui le caractérise, le Dr Mahathir, unanimement respecté en Asie et souvent cité en référence dans les débats internationaux, a commenté ces derniers jours la portée de ces événements. S’adressant aux médias australiens qui le sollicitaient, qu’a dit l’ancien premier ministre de Malaisie :

“L’AUKUS considère la Chine comme un ennemi au point de faire le choix de la guerre. Imaginez ce qu’une guerre pourrait signifier pour l’Asie du Sud-est ? Or, vous avez le choix de l’escalade en introduisant dans la région des capacités qui ne sont pas de simples ogives, mais des ogives nucléaires. Par conséquent, vous faites le choix de l’escalade par la menace. Comment pouvez-vous imaginer un seul instant que cela sera sans réponse de la Chine ?”

“Jusqu’à présent, la Chine a laissé traverser les navires dans les zones maritimes contestées. Cela pourrait changer, d’autant qu’elle revendique sa souveraineté sur les mers de Chine méridionale, mais à ce jour, elle n’a stoppé aucun navire. Ils s’en sont tenus à des déclarations, ils n’ont pas arraisonné ou bloqué la navigation, y compris celle de vaisseaux de guerre. Si vous introduisez des armes dans la région, des équipements de cette portée, on ne peut s’attendre qu’à des réactions”.

“Nous les pays de l’ASAN aimons régler nos problèmes entre nous par la négociation. La Malaisie est un petit pays et nous sommes conscients de ça.

Nous attachons de l’importance à la coopération avec la Chine, car elle représente un grand marché pour nous et ils nous estiment pour les matières premières que nous leur vendons. Nous sommes voisins et nous ne saurions pas les confronter. L’Australie et les USA cherchent à forcer la main des pays de l’ASEAN en les obligeant à prendre position en leur faveur et dans le but de confronter la Chine de manière inamicale. Nous ne pouvons pas faire une chose pareille. Les États-Unis peuvent beaucoup contribuer en Asie du Sud-est, mais la Chine également !”

En fait pour le Dr Mahathir le concept de rapport des forces d’un groupe de pays contre un autre, est du conservatisme et une manière ancienne de concevoir les relations internationales. Selon lui, l’AUKUS démontre une nouvelle fois que les pays occidentaux n’ont toujours pas compris ce que signifie l’émergence de l’Asie. “Auparavant, nous n’avions pas les capacités de l’Europe et des USA, mais maintenant la Corée, le Japon et la Chine ont des capacités identiques. Vous voulez lancer des fusées dans l’espace et plus encore. Allez-y, faites-le, soyez en concurrence si vous le voulez, cela ne nous gêne pas, mais ne venez pas déranger notre marché en Asie ”.28

Tout change, tout évolue !

En Asie, avec le Bouddha on a l’habitude de dire que rien n’est permanent, tout est transitoire, tout change et évolue.

En fait, ces événements associés à l’AUKUS constituent une photographie de l’état du monde à l’instant T ! Le déclin nord-américain est une réalité, l’émergence irrésistible de la Chine est un fait. La crise systémique qui frappe les USA et qui a abouti à une polarisation comme à une violence extrême et une fragilisation de toute la société US se vérifie également chez les membres du G7. Leurs gouvernements cherchent à faire diversion en mettant en cause la Chine qui pratiquerait une concurrence déloyale et serait l’origine de leur régression économique, sociale, scientifique et culturelle, quand en fait est en cause la nature criminelle et totalitaire d’un système encore dominant. Par exemple, l’Union européenne loin de s’affirmer, s’efface progressivement et sa vassalisation s’accentue à l’égard du suzerain, rendant bien dérisoire sa prétendue volonté d’émancipation. Quant à l’OTAN et à l’armée US, leurs déconvenues militaires après 20 ans de guerre de surcroit face à un peuple de nomades et de bergers ont quelque chose d’ironique, si ce n’était les souffrances qui ont été imposées à tout un peuple.

L’explosion des inégalités qui favorise l’insolence des plus riches, et celle des oligarchies fait planer des risques d’explosion sociale qui se traduiront inévitablement par de nouvelles contradictions qui elles auront leur traduction politique. Comme on l’a déjà vu, elles seront inattendues, mais bien réelles. La plupart des pays en développement sont dans une grande diversité à la recherche d’alternatives et se tournent de plus en plus vers des réponses à la tête desquelles on trouve plusieurs pays qui affirment leur anti-impérialisme et démontrent que les issues existent. Certains font le choix d’une orientation socialiste avec, à leur tête des partis communistes comme c’est le cas en Chine. En fait, 30 ans après avoir proclamé “la fin de l’histoire”, le monde change vite et les USA voient leur leadership ouvertement contesté et parfois plus encore, comme on vient de le vérifier en Afghanistan. La crédibilité de la « nation indispensable » en est durablement affectée y compris auprès de ses alliés. Comment ne pas en tenir compte dans l’analyse sur l’état du monde ?

Si nous assistons à plus qu’un début de changement du rapport des forces mondial est-ce à dire à ce stade que celui-ci mécaniquement entraînera des bouleversements définitifs. Dans les relations internationales, si certes il y a les accélérations et parfois les ruptures, les changements durables exigent le temps long pour en apprécier toute leur signification et leurs conséquences géopolitiques. Il est un fait que la montée en puissance de la Chine, les alliances anti-hégémoniques qui se nouent en Eurasie, les réactions de nombreux pays de l’ASEAN qui prennent leurs distances avec l’annonce de cette triple alliance et ses conséquences inévitables bouleversent la donne et soulignent l’échec patent des forces du conservatisme.

Comment cette situation évoluera-t-elle ? Il est clair que nous ne sommes pas comme le prétendent certains dans une nouvelle guerre froide, mais dans les préparatifs d’une guerre tout court. Si l’issue demeure incertaine, les tendances qui se dégagent sont éloquentes. Cette situation est suffisamment grave pour l’on s’en préoccupe en donnant du sens et du contenu à un vaste mouvement pour la paix et la coopération internationale, donc en faveur de la promotion du multilatéralisme et d’un internationalisme de notre temps.

Pour ma part, je crois qu’il faut être prudent avant de tirer des conclusions hâtives ou définitives. Même si entre risques et opportunités, la situation est plus ouverte qu’il n’y paraît. Mais une chose est certaine, intervenant après ce qui est vu comme un échec géopolitique en Afghanistan et Eurasie cet accord AUKUS montre clairement la volonté des États-Unis de passer à une nouvelle étape de leur stratégie offensive à l’égard de la Chine. C’est là, à mon sens ce qu’il faut surtout retenir de ces accords en forme de triple alliance. Il sera intéressant de voir comment la Chine, la Russie et l’Iran vont en tenir compte ! Tout indique que devant l’agitation et la fébrilité états-unienne ils poursuivront avec détermination et créativité les orientations qu’ils se sont fixées et dont les résultats sont incontestables.

Comme disait Sun Tzu : 29 « Connais-toi, connais ton adversaire, et cent batailles ne te mettront pas en danger. Si tu ne connais pas ton adversaire et que tu te connais, pour chaque victoire, une défaite. Si tu ne connais ni ton adversaire ne toi-même, a chaque bataille tu seras vaincu. »

Jean-Pierre PAGE

 

Source: Le Grand Soir

Notes:

1. Les « five eyes » ou les cinq yeux constituaient à partir de 1941 l’alliance des services d’intelligence des USA, Grande Bretagne, Australie, Canada, Nouvelle Zélande.
2. La bataille navale de Chesapeake eu lieu en 1781 aux limites du Maryland et de la Virginie et précéda de manière décisive l’indépendance des Etats-Unis.
3. « This isn’t over….. » Express, 03.09.21.
4. US Innovation & Competition Act, qui inclus le « Strategic Competition Act) », adopté par le Sénat US en 8 juin 2021.
5. Remarques du président Obama au Parlement australien, White House Press Release, 17 novembre 2011.
6. Robert Kagan : chef de file des néoconservateurs républicains à Washington, auteur du « Project for a New American Century », membre du Conseil on foreign relations. Son épouse est Victoria Nuland sous-secrétaire d’état et initiatrice du coup d’Etat de Maïdan en Ukraine.
7. « La politique étrangère des États-Unis peut-elle casser des briques ? » chapitres 1 et 2, Jean-Pierre Page et Bruno Drweski, le Grand Soir, avril 2021.
8. « The longer telegram and sleepy joe in wonderland »Jean-Pierre Page, The new cold war, 30.04.21
9. « Kamala Harris donne une conférence de presse sur sa visite au Vietnam », VOV world5, 26.0821
10. Remarks at Press Availability, Hillary Rodham Clinton, US Secretary of State, National Convention Center, Hanoi, Vietnam, 23 July 2010.
11. Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) du 1 juillet 1968.
12. AUKUS Can Complement Quad But Its Timing Dilutes First In-Person Summit on September 24, par Kanwal Sibal, News18, 21 septembre 2021.
13. « The US, UK and Australia struck a nuclear submarines deal… » The new atlanticist, Atlantic Coucil, 17.09.21
14. Matamore, personnage du militaire fanfaron et lâche de la Commedia dell’ Arte.
15. The US boosts military ties with Sri Lanka, par Vijith Samarasinghe, World Socialist Website, 17 janvier 2019.
16. « Le ministre des affaires étrangères afghan, appelle le jeune Macron…. »RT, 17.09.21
17. Alliance politico militaire des USA, Inde, japon, Australie.
18. « Le ministre Japonais de la défense parle dur contre la chine », L’entrepreneur, 23.09.21
19. Résolution 2751 (XXVI) « Rétablissement des droits légitimes de la République populaire de Chine à l’Organisation des Nations Unies », adoptée par l’Assemblée général des Nations Unies, 25 octobre 1071.
20. En février 1972 Richard Nixon et Henry Kissinger se rendent en visite officielle en Chine et rencontre le Président Mao Zedong.
21. Voir référence 8.
22. Raisina Dialogue : ’Indo-Pacific’ a global common, says foreign secy. Vijay Gokhale, Times of India, 17 janvier 2020.
23. UNCLOS : United Nations Convention on the law of the sea », La convention internationale qui régit la loi sur le droit de la mer.
24. « Nouvelle guerre froide ou guerre impensable ? » Tamara Kunanayakam, in « La Chine sans œillères », Delga 2021.
25. « Biden dit à l’ONU que l’Amérique est prête pour une diplomatie implacable » france24, 21.09.21.
26. « Un rapport français dévoile le gigantisme des réseaux d’influence chinois dans le monde » France Info, 20.09.21
27. « Ouighours, pour en finir avec les fake news » Maxime Vivas, La route de la soie, 2020.
28. “You have escalated the threat’ : Mahathir blasts Australia on subs”, Financial Review, 21 Septembre, 2021.
29. Sun Tzu : Général et stratège chinois du 6e siècle avant JC. Auteur de « l’Art de la guerre » !

 

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