La Catalogne et nous

 Qui suis-je pour parler des événements de Catalogne. Pas grand-chose. Un exilé au Nord de la France, fils d’un maçon de Murcia blessé au combat et emprisonné par Franco à Valencia. Un cheminot syndicaliste aujourd’hui retraité dont la langue maternelle, le catalan, reste celle qui le touche le plus alors qu’il la parle si mal. La Catalogne et l’Espagne furent dans notre exil en France notre « Andalousie rêvée », celle dont parlait Mahmoud Darwich en pensant à sa terre :

Et à la fin nous nous demanderons :l’Andalousie fut-elle
Là ou là-bas ? sur cette terre… ou dans le poème ?
(
 Mahmoud Darwich, “Au dernier soir sur cette terre”)

 

Malgré l’autoritarisme brutal de Rajoy, et en dépit des illusions des dirigeants indépendantistes qui ont sous-estimé l’intransigeance de l’adversaire, la mobilisation catalane est peut-être en train de secouer le carcan de l’Etat  néo franquiste. Des millions de Catalans ont mis la République à l’ordre du jour. Rajoy est inquiet car le rêve républicain a gardé en Espagne toute sa force subversive après le coup d’état franquiste. Rien à voir avec le 14 juillet devenu la fête des militaires. Où peut-on voir encore, ailleurs qu’en Espagne, de jeunes communistes libertaires manifester en rouge et noir en criant « vive la république » ? Le mal nommé Parti populaire adossé à la royauté espagnole a été très secoué par la crise et les scandales. Maintenant, alors que la république est d’actualité en Catalogne, Rajoy craint la contagion.

     La démocratie espagnole était restée « sous contention » depuis la mort du dictateur en 1975. L’avènement de la République catalane pourrait être le premier pas vers l’effondrement de ce régime autoritaire et corrompu.  La « transition démocratique » des années 80 et la  constitution  royaliste de 1978 n’ont pas fait oublier que la République espagnole avait été assassinée par le franquisme. La République en Espagne, c’est toujours la « sociale ». La transition démocratique, elle, n’a été  qu’un jeu de dupes orchestrée par l’Europe et la social-démocratie libérale allemande.  Bien sûr, dans les années 80, on pouvait enfin respirer  en Espagne. Le PSOE et le PCE étaient légalisés. Mais les vainqueurs fascistes de la guerre civile n’ont jamais été jugés. Gros richards, notables du franquisme, officiers de l’armée et guardia civil sont restés au pouvoir.  La direction du parti socialiste a servi de caution au nouveau régime et elle est allée si loin dans les compromissions que sa politique se distingue à peine de celle de Rajoy. Aujourd’hui la direction du PSOE concurrencée par la montée de Podemos, est le principal allié de Rajoy contre les Catalans.

 

 Mais le temps de la démocratie en trompe l’œil est passé. La crise financière a éteint les lampions du libéralisme européen. Les paillettes de la movida sont retombées tristement.  Il n’y a «  plus de grain à moudre » pour  la fausse gauche qui ne parvient plus à faire illusion. Et la royauté héritée de Franco n’est plus très présentable. Elle a été touchée par les scandales. « Le roi est nu » et le régime de Rajoy apparaît pour ce qu’il est : le vieux despotisme des riches et du grand capital espagnol.      

  Le mouvement social dit des Indignés a eu un parfum de printemps des peuples.  Les mobilisations des afectados, la grève générale, les marchas et les mareas( marées sociales) mettaient à l’ordre du jour la nécessaire convergence des luttes, sociales et politiques, pour en finir avec le vieux régime capitaliste, autoritaire et corrompu. Un tel mouvement aurait pu imposer un processus constituant pour une alternative républicaine et sociale anticapitaliste.       Mais la direction de Podemos n’a pas porté cette perspective. Elle a choisi de suivre une voie plus traditionnelle. Elle a voulu construire une alternative politique purement électorale à l’intérieur du système politique et du cadre constitutionnel de 1978.  Mais c’est la voie des alliances des compromis avec les partis traditionnels. Après de réels succès aux élections municipales où Podemos s’était allié à La Gauche Unie, le PCE, les anti capitalistes et les acteurs des mouvements sociaux comme Ada Colau à Barcelone, la force d’attraction de Podemos commence à retomber.

 

 Les contradictions du catalanisme et le danger que font courir au mouvement social en cours les dirigeants bourgeois Puigdemont et Arturo Mas

 

Il faut le dire tout net, si une séparation est nécessaire en Catalogne, c’est une séparation définitive et claire avec la politique libérale post franquiste qui  a conduit un si grand nombre d’habitants de la Catalogne à la précarité et la misère. Mais ces habitants de Catalogne ne sont pas tous catalans  loin de là : d’origine andalouse, castillane, aragonaise, immigrés  du Maghreb ou d’Amérique latine, ils sont, au même titre que les autres, des citoyens de Catalogne qui veulent y rester sans perdre leurs racines culturelles. Rompre avec la constitution royaliste, défendre la culture catalane oui, mais se séparer du reste du peuple espagnol serait une mutilation. La misère et la précarité ont frappé toute l’Espagne et la contestation du mouvement des Indignés a été de même nature dans toutes les provinces dominées par l’Etat espagnol.

Nous sommes ici confrontés à quelque chose de  « dialectique », pour dire vite,  de contradictoire comme le sont toutes les choses vivantes ou en mouvement : la bataille pour l’auto détermination a fait craquer l’emprise du vieil Etat conservateur espagnol mais le changement ne peut se transformer en victoire populaire qu’en cherchant des convergences avec le mouvement social de tout l’Etat espagnol. Cette contradiction peut déboucher sur un progrès comme sur un recul de la démocratie. Pour qu’elle soit une avancée, il faut que les Catalans désirant la république  se détournent des  politiciens bourgeois et conservateurs qui se sont mis à la tête du mouvement pour l’indépendance. Alors, ils trouveront le large soutien nécessaire pour gagner.

Arturo Mas est un opportuniste de droite. Il a soutenu pendant des années la même politique ultra libérale que Rajoy. Il ne s’est engagé dans le mouvement pour l’indépendance que pour faire diversion et faire oublier ses compromissions scandaleuses.

Puigdemont  est aussi un libéral  de centre droit qui a choisi de s’allier à Arturo Mas.  Puigdemont a été élu président de la Catalogne  et vient d’être destitué par l’Etat espagnol. Mais, comme s’il était  surpris de la brutalité de Rajoy et du gouvernement de Madrid dont la réaction était pourtant prévisible, il a quitté la Catalogne pour se réfugier à Bruxelles.

Les compromissions de Puigdemont avec la droite raciste flamande. A son arrivée à Bruxelles où 200 maires catalans l’attendaient, il y avait, selon un article du Monde,  « dans les premiers rangs de l’assistance l’eurodéputé italien de la Ligue du Nord Mario Borghezio. Ou Gerolf Annemans, un autre eurodéputé, appartenant au Vlaams Belang (extrême droite indépendantiste flamande), qui tweete des messages de « solidarité » Le journal précise que Puigdemont « se garde de saluer ces élus un peu encombrants, mais commence par remercier en anglais ses « amis » de l’Alliance néo flamande (N-VA), le parti indépendantiste flamand membre du gouvernement fédéral belge »

Le N-VA s’attaque aux immigrés. Quand on sait que le gouvernement belge est aujourd’hui aux mains d’une coalition de la droite et de l’extrême droite, saluer le N-VA raciste est scandaleux. A Bruxelles un puissant mouvement de solidarité et d’indignation contre le  N-VA raciste s’est développé. Des volontaires s’engagent à héberger les réfugiés qui campaient dans les rues et à qui les Autorités confisquaient jusqu’aux matelas et les duvets. Les manœuvres politiciennes  de Puigdemont aux côtés des indépendantistes  de droite du N-VA ne font qu’affaiblir gravement  les Catalans dans leur combat pour la démocratie, la liberté et la justice sociale.

Il est urgent que le mouvement pour la république en Catalogne « rectifie le tir » et mette le cap à gauche. Il faut qu’il tourne le dos à la politique des Mas et des Puigdemont et qu’il se tourne résolument en direction de tous les « sans » qui habitent la Catalogne, qu’ils soient catalans de naissance ou pas : les travailleurs « sans argent » et « sans » sécurité d’emploi, les « sans travail », les « sans logis » et  les « sans-papiers ».

Cette orientation définirait le nouveau cadre unitaire pour les mobilisations à venir, beaucoup plus large que le front catalaniste avec la droite préconisé par Puigdemont. Ce cadre de mobilisation  ne peut se construire qu’avec la vraie gauche du mouvement catalaniste, c’est-à-dire la CUP (candidature d’Unité Populaire) qui a joué un rôle moteur dans la mobilisation pour l’autodétermination, et aussi la vraie gauche du mouvement des afectados et de Podemos dont Ada Colau est la principale représentante à Barcelone.

 

       La dynamique du mouvement pour l’auto détermination et la république

 

Le centre droit de PdeCat  et le centre gauche indépendantistes de l’ERC ,  se sont imposés la tête d’une mobilisation qui les dépasse car elle est avant tout le produit d’une profonde crise politique et sociale. Les manifestations catalanistes ne sont pas sans lien avec les grandes mobilisations sociales qui les ont précédées dans les rues et les places de Catalogne et d’Espagne.

Le mécontentement et le mouvement social ne retombent pas pour autant. La crise sociale est comme une montée des eaux impétueuse. Si un obstacle arrête son cours naturel, la mobilisation sociale trouve un autre chemin. Beaucoup de ceux qui s’étaient levés contre les banques et les spéculateurs fauteurs de crise se retrouvent dans le mouvement actuel.  C’est la même volonté de justice et de changement  qui pousse ces millions de gens à se mobiliser derrière la direction petite bourgeoise indépendantiste.

Ceux qui ne voient dans la mobilisation pour l’auto détermination qu’ « un mouvement fondamentalement nationaliste et chauvin » le sous estime. N’oublions pas que c’est à Barcelone que s’est tenue la plus grande manifestation européenne en faveur de l’accueil des réfugiés. 200 000 personnes criaient en s’adressant aux émigrés : «  chez nous, c’est aussi chez vous ». Et les « passerelles » existent entre Podems (Podemos catalan)  et le mouvement catalaniste. Les militants catalanistes de la CUP (gauche de la gauche) avaient été eux aussi très actifs dans les mouvements d’occupation des places.

Podems n’a pas voté pour l’indépendance mais il a soutenu le référendum d’autodétermination en Catalogne et il défend les élus indépendantistes contre la répression. En revanche la  droite et le centre gauche catalanistes tournent le dos à ces convergences nécessaires. Le président catalan destitué Puigdemont, par son inconséquence et son orientation droitière conduit le mouvement  à une impasse. Car c’est en s’appuyant sur le mouvement social et le peuple travailleur que la Catalogne pourrait faire reculer Rajoy, pas en se compromettant avec nos adversaires, catalanistes ou non. Les contradictions et les inconséquences de Puigdemont  font le jeu de l’autoritarisme de la droite espagnole.

Mais les critiques de la direction du mouvement catalaniste ne nous font pas oublier l’essentiel : le danger réactionnaire est en face, c’est  la droite néo franquiste au pouvoir rassemblée autour de Rajoy

 On trouvera peut être exagéré de qualifier le parti au pouvoir à Madrid de « néo franquiste ». Mais n’est-ce pas Rajoy qui vient de dissoudre le gouvernement catalan, d’en arrêter les membres, de mettre les télévisions et les médias de Catalogne, la police et les administrations  sous la tutelle de Madrid, de lancer un mandat d’arrêt international contre Puigdemont réfugié en Belgique ?

Et comment qualifier Pablo Casado, le porte parole du Parti Populaire, qui a prédit au président catalan Puigdemont  « le sort que l’histoire avait réservé au président républicain catalan Lluis Companys  en 1939 » après la prise du pouvoir par Franco ! Companys avait été arrêté en France où il s’était réfugié. La gestapo allemande  renvoya Companys à Barcelone où il fut fusillé.

En France aussi,  l’extrême droite n’a pas hésité à choisir son camp : Louis Alliot, le numéro 2 du Front national, a condamné les indépendantistes, et Jean Marie Le Pen, égal à lui-même, en signe de soutien à Rajoy, a lancé en espagnol le vieux slogan  franquiste : “España, Una, Grande, Libre!”

 

L’article 155 de la constitution espagnole…

 

« Si une Communauté autonome ne remplit pas les obligations que la Constitution ou les autres lois lui imposent ou agit de façon à porter gravement atteinte à l’intérêt général de l’Espagne, le gouvernement, après avoir préalablement mis en demeure le président de la communauté autonome et si cette mise en demeure n’aboutit pas, pourra, avec l’approbation de la majorité absolue des membres du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l’intérêt général mentionné. »  Art.155 de la constitution royaliste espagnole

Rajoy a rallié derrière lui tous les dirigeants européens. Le référendum d’autodétermination est jugé illégal au nom de l’article 155 de la Constitution espagnole.  La direction du PSOE le soutient scandaleusement. Mais «  l’intérêt général de l’Espagne », pas celle des riches mais celle du peuple, c’est justement de se débarrasser de cette  vieille constitution royaliste. Quand plus de deux millions de gens se mobilisent dans la rue face aux matraques de la guardia civil pour défendre les bureaux de vote, n’est-ce pas une preuve tangible de la légitimité populaire du référendum ? Toute communauté humaine  doit elle être fondée sur un consensus démocratique ou sur la force brutale ?

 

L’urgence, en Catalogne, en Espagne et en Europe

 

Il faudrait appeler tous les peuples de l’Etat espagnol à se mobiliser contre Rajoy, sa politique anti sociale et sa brutalité antidémocratique. Respect du referendum d’auto détermination catalan! Liberté pour tous les membres du gouvernement légitime de Catalogne ! « Més lluny, heu d’anar més lluny ». « Plus loin, vous devez aller plus loin » comme le dit Lluis Llach dans sa chanson Itaca. 

Oui il faudrait aller plus loin, au-delà des frontières de la Catalogne. Après toutes ces années de crises, de misère et d’injustice sociale en Espagne, oui il faut aller plus loin ! Que les hommes et les femmes de toutes les régions d’Espagne, la jeunesse, les migrants, les travailleurs avec ou sans emploi s’unissent contre le vieux régime.  Rajoy démission ! Il faut la liberté  en Catalogne et aussi un nouveau processus constitutionnel en Espagne qui s’appuie sur les mouvements sociaux ! Oui, avec les Catalans et tous les autres, il faudrait avancer enfin  vers la fédération des républiques sociales et autogérées des peuples d’Espagne.

Où va l’Espagne après le referendum d’autodétermination, vers le rétablissement de la « République démocratique des travailleurs » pour laquelle tant des nôtres avaient combattu le franquisme, ou vers un retour à l’autoritarisme au nom de l’article 155 de l’actuelle constitution royaliste ? L’épreuve de force est engagée en Catalogne et dans ces conditions, qui n’avance pas recule.  Un échec du combat serait grave pour les Catalans bien sûr,  mais aussi pour tous ceux qui en Espagne tenteraient à l’avenir de se dresser contre la dictature des riches.

Le peuple de Catalogne, et pas seulement les indépendantistes, a su défendre son droit à l’auto détermination. Mais il a besoin de s’appuyer sur un front beaucoup plus large  face à l’Etat national. Cela ne peut se faire en ignorant tous les populations d’Espagne qui souffrent elles aussi, et parfois plus encore que lui-même, de la crise capitaliste.

Rien n’est acquis. Si le mouvement catalaniste s’enferme dans une logique sectaire et identitaire, ce sera une défaite sociale et politique en Catalogne. Le mouvement catalan doit aller au-delà de lui même, et construire un front social et solidaire avec tous les travailleurs espagnols, et les immigrés de Catalogne. S’ils allaient vraiment dans ce sens, et ce n’est pas celui qu’ont choisi les Mas et les Puigdemont, les Catalans trouveraient des soutiens partout contre Rajoy, jusqu’aux terres andalouses des ouvriers agricoles de Marinaleda et jusqu’à la Plaza del Sol de Madrid.

Les contradictions de la situation en Catalogne ne font que souligner la faiblesse ou l’absence d’une réelle alternative politique anticapitaliste, internationaliste et rassembleuse, capable de dénouer les contradictions de la crise en Catalogne et en Espagne.

Une telle force ne peut pas être auto proclamée. Elle devrait être l’expression unifiée des mouvements sociaux et de la classe ouvrière. C’est, en Catalogne, en Espagne et partout ailleurs, un problème incontournable pour tous les militants.  Elle pourrait jouer un rôle central et  dépasser les contradictions de la crise actuelle.  Elle proposerait un programme de rupture, non avec les Espagnols, mais avec le pouvoir conservateur et anti social espagnol. Il ne s’agirait plus d’une séparation identitaire et réductrice mais d’un moyen  d’unir tous les peuples d’Espagne, avec leurs différences et leurs cultures, dans une république ouvrière, internationaliste, fédérale et autogestionnaire.

Podemos a été un espoir pour changer l’Espagne dans ce sens. Mais il y a une contradiction entre l’image que des dirigeants comme Pablo Iglesias ont donné d’eux mêmes, celle d’un mouvement large et ouvert comme l’était le mouvement des indignés, et le fonctionnement réelle de cette direction de Podemos, très directive et  centraliste, et en même temps, trop hésitante et politicienne face à l’ordre établi d’un vieux monde qu’il faudrait renverser. Podemos, même s’il a permis des avancées significatives aux élections municipales espagnoles, n’est toujours pas le creuset politique d’organisation du mouvement ouvrier en  Catalogne et en Espagne. La mise en œuvre d’un tel projet devrait être la préoccupation de tout les anticapitalistes, de tous les acteurs des mouvements sociaux, qui se dépensent chaque jour sans compter mais dans la dispersion.

L’expérience menée par Ada Colau à la mairie de Barcelone est  très précieuse comme celle de ces nombreux militants de la CUP ou de ces syndicalistes engagés dans toutes les luttes sociales. Mais, répétons le, il faudrait que ces énergies se rassemblent pour jouer un rôle central dans la crise actuelle. Elles pourraient la dénouer dans le sens des intérêts du peuple travailleur. En Catalogne, comme partout, nous avons besoin d’un nouveau « Manifeste » pour changer le monde du 21e siècle, tous ensemble.

 

Dans l’urgence, il faut aussi des actes en Europe pour faire respecter la liberté en Catalogne

 

Assez de silence complice. On ne peut pas assister,  passif et goguenard, au spectacle d’une Catalogne en danger. Cela se passe à deux pas de chez nous, ici même en Europe : un gouvernement élu a été mis en prison !  Un mandat d’arrêt international a été lancé contre le président destitué de Catalogne ! Il faut agir, en France, en Belgique et dans toute l’Europe.

Dénonçons la complicité  de Macron avec Rajoy.  Ecoutons ce que nous dit Ada Colau, la maire de Barcelone. Elle est catalane sans être indépendantiste. Mais elle condamne sans appel Rajoy et le gouvernement de l’Etat espagnol: « c’est de l’autoritarisme, c’est de la vengeance, il a un but : humilier la Catalogne (…) l’état frappe ses propres bases démocratiques », ajoutant «  Le gouvernement emprisonné représente légitimement la Catalogne. Nous sommes dans une spirale répressive ». Ada Colau propose « un front commun pour retrouver le vivre ensemble et obtenir la liberté des prisonniers politiques ».

Après l’annonce de l’incarcération du vice-président Oriol Junqueras et de huit ministres, elle a déclaré qu’il s’agissait « d’un jour noir pour la Catalogne. » Le conseil municipal de Barcelone a voté une motion républicaine affirmant que le gouvernement catalan destitué et le Parlement sont  « les uniques représentants légitimes de Catalogne ».

 

Un jour noir pour la Catalogne et l’Europe

 

Nous devons nous rassembler car le jour noir de la Catalogne est aussi un jour noir de la démocratie en Europe. Souvenons nous que ce n’est pas la première fois que la démocratie y est étouffée. Quand  leurs  intérêts  financiers sont en jeu, les « libéraux »  européens ne sont pas très regardants sur cette démocratie dont ils se gargarisent tant.

On l’a vu en Grèce en 2015 où, malgré la victoire de Syriza au référendum contre la dictature financière de la « troïka », Alexis Tsipras avait dû courber la tête et se renier. Demain, le capital utilisera les mêmes méthodes, partout en Europe, contre ceux qui  défendent leurs droits politiques et leurs acquis sociaux.

Ici il est grand temps d’organiser une riposte unitaire et solidaire. Des comités de soutien se mettent en place. Les manifestations vont continuer. Il faut rompre le silence, interpeler nos élus, agir tous ensemble pour la liberté en Catalogne.

 

Source : Investig’Action