Journée des prisonniers palestiniens: un million dans les prisons israéliennes depuis 1967

Mardi 17 avril  a eu lieu dans les Territoires Occupés l’annuelle journée de soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.  Des milliers de manifestants ont défilé à Gaza et, lorsqu’ils sont arrivés devant le siège de la Croix-Rouge, de nombreuses jeunes filles ont brandi des photos des principaux prisonniers, symboles de la résistance à l’occupation. 

Mêmes images, d’une manière mineure, en Cisjordanie où les principales manifestations ont eu lieu à Bethléem et à Ramallah. Contrairement à l’année dernière, il n’y a pas eu d’affrontements avec les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, souvent accusées par la population d’être complices de nombreuses arrestations durant ces dernières années. Après les déclarations de Trump, relatives au statut de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, et la réaction du président Abu Mazen à propos des “accords d’Oslo” qui sont désormais définitivement enterrés, les dispositifs de sécurité palestiniens ont, au moins temporairement, suspendu leurs activités de collaboration avec l’armée de Tel Aviv. 

Selon Addameer, une ONG palestinienne pour les droits des prisonniers palestiniens, il y a plus de 6500 prisonniers dans les prisons israéliennes, dont environ 350 mineurs, 62 femmes et 26 journalistes. Parmi les détenus, une cinquantaine ont passé plus de 30 ans en prison et environ 700 ont besoin d’un traitement médical urgent, ce que les autorités pénitentiaires de Tel-Aviv nient. Le rapport d’Addameer  se termine par des chiffres qui concernent plus de 500 prisonniers palestiniens placés en détention administrative. 

Selon le droit international, la détention administrative ne peut être utilisée que pour des «raisons impérieuses de sécurité» dans une situation d’urgence, par une décision, au cas par cas. Au contraire, le recours à la détention administrative par Israël est souvent une pratique ordinaire utilisée comme alternative à une comparution devant un tribunal militaire, en particulier lorsque les Palestiniens arrêtés refusent de  parler pendant l’interrogatoire. 

Dans une déclaration récente, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (gauche radicale), Ahmed Sa’adat, emprisonné depuis plus de 12 ans, a déclaré qu’ “Israël déclare être un Etat de droit, même s’il continue à tuer des civils sans défense dans les territoires occupés et s’il continue à emprisonner sans inculpation des prisonniers qui peuvent rester en détention pendant des années sans procès, étant donné que la détention administrative est utilisée comme une forme de répression politique contre la résistance ». 

Parmi les photos de prisonniers portées dans la manifestation se détachaient celles de nombreux symboles de la lutte contre l’occupation et la violente répression sioniste. Celle d’Ahed Tamimi, la jeune fille de 17 ans de Nabih Saleh, arrêtée pour avoir giflé deux soldats israéliens devant sa maison. Ahed est devenue en effet le symbole du soulèvement dans les territoires occupés et de la détermination palestinienne à résister avec courage aux interrogatoires musclés auxquels les autorités de Tel-Aviv l’ont soumise. 

Durant cette semaine, de nombreuses manifestations de soutien ont eu lieu en  l’Europe. Samedi dernier, par exemple, une conférence s’est tenue à Rome à propos des prisonniers politiques avec des représentants palestiniens, des juristes et des associations qui soutiennent la cause palestinienne. Une réunion organisée pour “dénoncer l’illégalité absolue de la politique d’Israël” et faire preuve de solidarité avec le peuple palestinien dans un moment de lutte comme celui de la “Marche du Retour” à Gaza qui a causé la mort d’une trentaine de civils et a fait plus de 4 000 blessés pendant les manifestations pacifiques dans ce mois. 

Aucune réponse du gouvernement israélien aux accusations d’Amnesty International et de sa dirigeante pour le Moyen-Orient, Magdalena Mughrabi, qui a déclaré que «la détention arbitraire de politiciens et de militants est un exemple honteux d’abus par les autorités israéliennes pour placer en détention administrative des suspects sans inculpation ni jugement et sans limite de temps, dans un État qui a emprisonné environ un million de Palestiniens depuis 1967 ». 

Source : Investig’Action

Source originelle : Nena News

Traduit de l’italien par Stefano Mauro