Emir Kusturica : « Je passe pour un imbécile romantique parce que je rejette la guerre »

« La guerre fait partie intégrante d’un système de valeurs : de la guerre vers le capital jusqu’au profit, tout tourne dans les mêmes cercles. » Le célèbre cinéaste évoque son film « Underground » (Palme d’Or à Cannes en 1995) comme un extraordinaire révélateur du monde contemporain. Dans cet entretien, Emir Kusturica analyse ce que l’Occident, dans les coulisses et les médiamensonges, a fait de son pays, la Yougoslavie. Mais il élargit son propos à toute la planète : Pancho Villa, Amérique latine, sa rencontre avec Hugo Chavez, complotisme, fake news, Bernard-Henri Lévy, élections, promesses, utilisation du terrorisme en Irak, Libye, Syrie… Son humour acerbe et sa volonté d’analyser avec une profondeur critique : un regard différent qui nous interpelle. Filmé et monté par Marko Mormil, l’entretien fut réalisé avant l’attribution du prix Nobel à Peter Handke. Collon demande à Kusturica : « Vous pensez que l’Occident est prêt à de vrais débats ? » Toute la question est là.