Des critiques injustes contre la visite de la Haute-Commissaire Michelle Bachelet en Chine

S’il y a une promesse de campagne que Joe Biden a tenue, c’est celle d’instrumentaliser les droits humains  pour isoler la Chine. La nouvelle guerre froide n’a pas décanté depuis que Trump a été remplacé à la Maison-Blanche. Et la situation des Ouïghours au Xinjiang reste le cheval de bataille de Washington. C’est dans ce contexte que Michelle Bachelet, haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, se retrouve sous le feu des critiques – elle vient de renoncer à un second mandat – certains estimant qu’elle ne s’est pas montrée assez dure avec les autorités chinoises après sa visite dans l’Empire du Milieu. De quoi faire bondir Alfred de Zayas et Richard Falk, anciens rapporteurs des Nations Unies. Ils expliquent que les droits humains valent mieux que des manipulations géopolitiques et saluent le travail de Bachelet. (IGA)


En tant qu’anciens rapporteurs des Nations unies, nous sommes engagés dans la promotion et la protection des droits humains aux quatre coins du monde, y compris en Chine.  Les progrès ne peuvent être réalisés que sur la base d’une mise en œuvre sincère de la Charte des Nations unies et des traités des Nations unies relatifs aux droits humains. Les progrès nécessitent en outre de la patience, de la persévérance et une solidarité internationale.

La résolution de problèmes spécifiques en matière de droits humains et la jouissance progressive de ces droits dans une plus grande liberté ont été rendues difficiles par une atmosphère artificielle d’hostilité entretenue par des agendas géopolitiques, des doubles standards, des fakes news et des récits biaisés. Les allégations relatives aux droits humains sont déployées de manière sélective en tant qu’outil géopolitique, avant tout pour attiser les braises de la confrontation qui figure en bonne place dans l’agenda des présidences Trump et Biden.

Déjà en avril 2021, dans un essai sur la Chine publié sur Counterpunch[1], nous avions noté que la diffusion de la propagande sur un supposé « génocide » au Xinjiang était hautement irresponsable et empoisonnerait les relations entre les États-Unis et la Chine, en plus d’affaiblir le discours sur les droits humains.  Nous avons ensuite averti que de tels récits hyperboliques rendraient plus difficile le renfort du respect des droits humains dans d’autres contextes plus appropriés.  Un essai similaire a été publié par les professeurs Jeffrey Sachs et William Schabas sur Project Syndicate[2]. Dans divers forums, nous avons depuis lors demandé à plusieurs reprises que les politiciens, les journalistes et les militants des droits humains fassent preuve de plus de professionnalisme lorsqu’ils abordent les questions relatives à ces droits. À moins qu’ils ne soient solidement fondés, ce sont toujours des sujets délicats, car ils portent atteinte aux droits souverains et sont ainsi pervertis pour servir les fins d’une diplomatie coercitive, voire belliciste…

Le gouvernement chinois a invité la Haute Commissaire des Nations unies aux droits humains et des rapporteurs des Nations Unies à venir se rendre compte de la situation par eux-mêmes. Ce sont des signes très positifs, et il est rare qu’un gouvernement soumis à un examen minutieux se montre aussi ouvert. La Chine et ses dirigeants donnent ainsi une preuve de confiance importante de leur propre volonté de respecter les normes internationales et du crédit qu’ils accordent à l’impartialité du CDH et de sa Haute Commissaire. Au lieu d’être soumise à un déluge de propagande hostile à motivation géopolitique, la Chine aurait dû être applaudie, tout comme Mme Michelle Bachelet. Elle a accepté l’invitation il y a quelques mois, envoyant en avril une équipe préliminaire de cinq professionnels du HCDH pour préparer sa mission[3].

Beaucoup se sont félicités de l’ouverture de la Chine aux Nations unies. Mais de toute évidence, certains politiciens ne sont pas intéressés par des évaluations objectives et ont a priori leur condamnation toute faite de la Chine. Ils ont critiqué l’intention de Bachelet de se rendre en Chine et lui ont conseillé de ne pas y aller[4].  Cela n’est pas sans rappeler l’épisode de l’expert indépendant de l’ONU sur l’ordre international qui devait se rendre au Venezuela. Avant sa mission programmée pour novembre et décembre 2017 – la première en 21 ans – l’expert a reçu des lettres et des courriels de certaines ONG lui demandant de ne pas y aller. Parce que, bien sûr, tout le monde savait déjà que le gouvernement vénézuélien était corrompu et incompétent et que la seule fonction d’un rapporteur serait d’exiger un  » changement de régime « [5].  Il s’agit d’une approche inquiétante et politisée des missions de défense des droits humains – et en fait de toute forme d’évaluation indépendante – qui utilise de manière abusive et exagérée les atteintes aux droits humains dans le cadre d’une mobilisation de l’opinion publique contre un État visé. Cela a souvent précédé des interventions visant à changer un régime, comme en Irak en 2003.  Une telle approche serait indigne d’un Haut Commissaire, d’un rapporteur des Nations Unies ou d’un envoyé spécial. Cela ne devrait pas être toléré, comme c’est parfois le cas, par les ONG de défense des droits humains.

À la fin de sa mission de six jours en Chine, Mme Bachelet a publié une déclaration de fin de mission très instructive, complète et nuancée à Guangzhou le 28 mai 2022. Cette déclaration constitue l’évaluation la plus fiable du bilan de la Chine en matière de droits humains qui soit actuellement disponible.

À notre grand désarroi, au lieu de saluer la percée réalisée par Michelle Bachelet qui a ouvert la porte à la surveillance et à la coopération du HCDH, un certain nombre d’universitaires et d’ONG ont critiqué la mission de la Haute-Commissaire en Chine, la condamnant comme une  » visite ratée « [6], certains appelant même à sa démission[7].  Nous écrivons en tant qu’anciens rapporteurs de l’ONU qui reconnaissent la nature novatrice de la visite de Bachelet. Nous rejetons fermement ces critiques injustifiables et nous considérons que des progrès impressionnants ont été réalisés par cette mission hautement professionnelle en Chine – une première en 17 ans – par un Haut Commissaire de l’ONU. Nous notons avec satisfaction que Mme Bachelet est rentrée à Genève avec des perspectives positives de coopération future, notamment la formalisation d’un mécanisme pour les activités futures visant à renforcer le respect des droits humains en Chine.  Une première étape probable sera d’organiser de futures visites de la Haute Commissaire du CDH, des rapporteurs et des groupes de travail des Nations Unies, voire d’autres agences des Nations Unies telles que l’OIT, l’OMS et le HCR. Nous tenons à souligner qu’aucun geste comparable de coopération avec les Nations unies en matière de droits humains n’a été accompli par le principal adversaire de la Chine, les États-Unis.

Il semble que certains critiques aient mal compris le mandat du Haut Commissaire[8] conformément à la résolution 48/141 de l’Assemblée générale, et ne tiennent pas compte de l’objectif global du Conseil des droits humains, qui est d’aider les pays à améliorer leurs performances en matière de droits humains.  Les progrès en termes de droits humains ne sont pas obtenus par des politiques de confrontation, par la « dénonciation et la honte » ou par l’insulte des gouvernements, mais plutôt par une enquête patiente sur les causes profondes des problèmes, une compilation rigoureuse des preuves, une évaluation équilibrée des faits dans une mise en contexte appropriée ainsi que la prise en compte de tous les points de vue des gouvernements, de la société civile, des organisations non gouvernementales, des universitaires et des victimes.  C’est précisément l’objet de la mission de la Haute Commissaire en Chine.

Conformément à la résolution 48/141 de l’Assemblée générale, les Hauts-Commissaires :

« Exercer ses fonctions dans le cadre de la Charte des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits humains 1/, d’autres instruments internationaux relatifs aux droits humains et du droit international, et être notamment tenu, à l’intérieur de ce cadre, de respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et la compétence nationale des États ainsi que de promouvoir le respect universel et effectif de tous les droits humains, eu égard au fait que, dans la perspective des buts et principes de la Charte, la promotion et la protection de tous les droits humains constituent un souci légitime de la communauté internationale;

« Le Haut Commissaire aura les fonctions suivantes :

« Dispenser des services consultatifs et apporter une assistance technique et financière (…) à la demande des États et, le cas échéant, des organisations régionales de défense des droits humains, afin d’appuyer les actions menées et les programmes mis en œuvre dans le domaine des droits humains;

Engager un dialogue avec tous les gouvernements dans l’exécution de son mandat… »

La déclaration de fin de mission de Michelle Bachelet démontre qu’elle a écouté avec diligence les points de vue et les doléances de toutes les parties, conformément au « droit d’être entendu » – audiatur et altera pars. Sa mission a porté sur un large éventail de questions relatives aux droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux, notamment l’État de droit, l’administration de la justice, la peine de mort, la participation de la société civile aux processus politiques, la liberté d’expression, les défenseurs des droits humains, le changement climatique, la paix mondiale, les objectifs de développement durable, etc.

En ce qui concerne les allégations relatives à de graves violations des droits humains au Xinjiang, la déclaration de fin de mission indique :

« Dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, j’ai soulevé des questions et des préoccupations concernant l’application des mesures de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation et leur large application – en particulier leur impact sur les droits des Ouïghours et d’autres minorités à prédominance musulmane. Bien que je ne sois pas en mesure d’évaluer l’ampleur réelle des Centres d’enseignement et de formation professionnelle (VETC), j’ai noté auprès du gouvernement l’absence de contrôle judiciaire indépendant concernant le fonctionnement du programme, le recours par les responsables de l’application des lois à 15 indicateurs pour déterminer les tendances à l’extrémisme violent, les allégations de recours à la force et de mauvais traitements dans les institutions, et les informations faisant état de restrictions excessivement sévères des pratiques religieuses légitimes. Lors de ma visite, le gouvernement m’a assuré que le système VETC a été démantelé. J’ai encouragé le gouvernement à entreprendre un examen de toutes les politiques de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation pour s’assurer qu’elles sont pleinement conformes aux normes internationales relatives aux droits de l’homme, et en particulier qu’elles ne sont pas appliquées de manière arbitraire et discriminatoire.

Avant de venir en Chine, j’ai entendu parler de certaines familles ouïghoures vivant actuellement à l’étranger qui ont perdu le contact avec leurs proches. Lors de mes discussions avec les autorités, je leur ai demandé de prendre des mesures pour fournir en priorité des informations aux familles. »

Par rapport au Tibet, Bachelet a observé:

« Il est important que l’identité linguistique, religieuse et culturelle des Tibétains soit protégée et que le peuple tibétain puisse participer pleinement et librement aux décisions concernant sa vie religieuse et que le dialogue puisse avoir lieu. J’ai discuté des politiques d’éducation dans la région autonome du Tibet et j’ai souligné l’importance pour les enfants d’apprendre dans leur propre langue et leur propre culture dans le cadre de leur famille ou de leur communauté. »

En ce qui concerne Hong Kong, elle a noté :

« Hong Kong est depuis longtemps respecté comme un foyer pour les droits humains et les médias indépendants dans la région. Il est important que le gouvernement de Hong Kong fasse tout ce qui est en son pouvoir pour nourrir – et non étouffer – l’énorme potentiel de la société civile et des universitaires de Hong Kong pour contribuer à la promotion et à la protection des droits humains dans la RAS de Hong Kong et au-delà. Les arrestations d’avocats, de militants, de journalistes et d’autres personnes en vertu de la loi sur la sécurité nationale sont extrêmement préoccupantes. Hong Kong doit faire l’objet d’un examen par le Comité des droits humains des Nations unies en juillet, en tant que partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ».

Cette mission doit être considérée comme le début d’un processus qui, espérons-le, contribuera à l’amélioration progressive de la situation des droits humains en Chine.  Cela doit être salué par tous les gouvernements, la société civile et les ONG professionnellement responsables. À cet égard, nous sommes consternés par les organisations du secteur privé (ONG et groupes de réflexion) qui proclament leur engagement en faveur des droits humains alors que leurs activités sont souvent financées par le gouvernement étasunien ou par de riches donateurs de droite, comme le démontre la National Endowment for Democracy.

Parmi les nombreux succès de la mission Bachelet, nous soulignons les dispositions appelant à une coopération accrue entre le HCDH et la Chine. Selon les termes du rapport : 

« Nous avons également convenu d’établir un groupe de travail pour faciliter les échanges et la coopération de fond entre mon bureau et le gouvernement par le biais de réunions à Pékin et à Genève, ainsi qu’à travers des réunions virtuelles. Ce groupe de travail organisera une série de discussions de suivi sur des domaines thématiques spécifiques, y compris, mais sans s’y limiter, le développement, la réduction de la pauvreté et les droits humains, les droits des minorités, les entreprises et les droits humains, la lutte contre le terrorisme et les droits humains, l’espace numérique et les droits humains, la protection judiciaire et juridique et les droits humains, ainsi que d’autres questions soulevées par les deux parties.

Cela permettra un engagement structuré de mon bureau avec la Chine sur un certain nombre de questions relatives aux droits humains. Cela est d’autant plus important que mon Bureau n’est pas présent dans le pays. Le groupe de travail nous permettra également d’attirer l’attention du gouvernement sur un certain nombre de sujets de préoccupation spécifiques. Le gouvernement a également déclaré qu’il inviterait de hauts fonctionnaires du Bureau à se rendre en Chine à l’avenir ».

Selon toute norme objective, de tels résultats représentent un succès considérable, que de nombreux pays occidentaux ne parviennent pas à égaler.  Comme nous le savons, les États-Unis n’ont pas autorisé les Nations unies à visiter Guantanamo depuis plus de 21 ans.  De même, Israël ferme la porte aux rapporteurs de l’ONU, les empêchant de mener une enquête indépendante de terrain, dans un territoire confisqué pendant la guerre de 1967 et soumis à une administration militaire sévère depuis plus d’un demi-siècle, sans que l’on puisse en voir la fin. Ainsi, certains se plaignent bruyamment des violations des droits humains commises par la Chine, mais ils restent silencieux sur les constatations abondamment documentées selon lesquelles Israël est coupable d’apartheid. Cela devrait faire l’objet de critiques dans les médias et susciter la réaction des gouvernements. Mais pour des raisons opposées à celles qui motivent les pressions contre la Chine, nous constatons une absence de réaction aux violations les plus flagrantes des droits humains non seulement en Israël, mais aussi en Égypte, en Arabie saoudite et dans une foule d’autres pays .

Ce qui nous frappe, en tant qu’observateurs indépendants, c’est la malhonnêteté intellectuelle des plates-formes médiatiques grand public, encouragée par les universitaires et les ONG qui considèrent les droits humains de manière sélective, à travers une optique géopolitique qui diabolise certaines situations tout en exemptant d’autres, plus graves, de tout examen.  Le refrain de la sinophobie et du « discours de haine », lui-même en violation de l’article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, témoigne de l’opportunisme et de la malhonnêteté intellectuelle, car les mêmes ONG ferment les yeux sur d’autres transgressions géopolitiques gênantes.

Il est intéressant de comparer l’utilisation du terme « génocide » par les États-Unis et leurs amis pour désigner la situation au Xinjiang avec d’autres cas, bien mieux documentés, de génocide dans le monde.  Un langage aussi incendiaire devrait être étayé par des preuves vérifiables, mais ce n’est pas le cas.  Même le Tribunal ouïghour de Londres, pourtant partial, s’est abstenu de qualifier de génocide les meurtres ou les transferts de population.  Quiconque a suivi les développements autour du tribunal ouïghour et la désinformation dans les médias mainstream sait que le tribunal était prédéterminé pour arriver à certaines conclusions, à savoir un génocide, et que le « procès » a été mené sur la base d’une « présomption de culpabilité ». Par conséquent, il ne mériterait pas notre attention, si ce n’est qu’il a servi d’outil de propagande hostile et dangereuse que les « responsables de la narration » des médias mainstream utilisent maintenant pour monter leur campagne malveillante contre Michelle Bachelet.

Le jugement tel qu’il a été rendu n’est pas aussi sensationnaliste et incendiaire que l’espéraient les organisateurs du tribunal et les médias sinophobes : le tribunal a examiné les cinq actes de génocide énumérés à l’article 2 de la Convention sur le génocide de 1948 et en a rejeté quatre, observant qu’il n’y a pas de preuve d’intention génocidaire. Le jugement du Tribunal poursuit l’examen du quatrième critère de génocide – l’imposition de mesures à un groupe racialement distinct pour en empêcher la reproduction – et cet examen est jugé suffisant pour confirmer l’allégation de génocide. Il n’y a pas vraiment d’antécédents pertinents à une telle conclusion.  Le dossier ouïghour est un candidat particulier pour une telle conclusion capitale. L’objectif clair des mesures chinoises n’est pas et n’a jamais été de « détruire en tout ou en partie » le groupe ouïghour par la suppression des naissances, mais il reflète une stratégie générale de contrôle de la population dans un pays qui compte déjà 1,4 milliard d’êtres humains et qui expérimente depuis longtemps divers types de politiques et de pratiques de contrôle et de stabilisation de la population…

Compte tenu des articles sinophobes qui ont été publiés dans la presse occidentale, il est remarquable que les médias gardent le silence sur la documentation hautement crédible des allégations d’apartheid[9] contre Israël et des violations flagrantes des droits humains en Arabie saoudite et en Égypte.  Par ailleurs, les médias minimisent la responsabilité des États-Unis et de l’Arabie saoudite dans la plus grande crise humanitaire du monde actuel – le Yémen[10].  L’utilisation et l’abus des droits humains comme outil géopolitique sont si flagrants qu’ils méritent une enquête du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits humains et des membres dévoués de la communauté mondiale des droits humains.

Pour l’heure, nous nous contentons de cette manifestation de soutien au succès de la mission du CDH menée par Mme Bachelet en Chine. Et nous condamnons ceux qui déforment cette réussite afin de poursuivre leurs efforts pour justifier une confrontation coercitive avec la Chine. L’opportunisme en matière de droits humains ne mène pas vers la paix et la justice dans notre monde tourmenté. Une telle voie dépend de la coopération et du multilatéralisme, elle rejette les efforts visant à diviser le monde à travers une lutte autojustifiée entre le bien et le mal.

 

Source originale: CounterPunch

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

Notes:

[1] https://www.mfa.gov.cn/ce/cgjed/eng/xgxw/t1874614.htm

[2] https://www.project-syndicate.org/commentary/biden-should-withdraw-unjustified-xinjiang-genocide-allegation-by-jeffrey-d-sachs-and-william-schabas-2021-04

[3] https://www.ohchr.org/en/press-releases/2022/05/bachelet-conduct-official-visit-china-23-28-may-2022

[4] https://www.theguardian.com/world/2022/may/20/un-human-rights-commissioner-xinjiang-michelle-bachelet-criticised

[5] See the report of the IE to the Human Rights Council https://www.ohchr.org/en/special-procedures/ie-international-order/country-visits

[6] https://www.washingtonpost.com/opinions/2022/06/01/uyghurs-michelle-bachelet-china-visit-failure/

[7] https://www.news24.com/news24/world/news/dozens-of-ngos-call-on-un-rights-chief-to-resign-after-china-visit-20220608

[8] http://www.un-documents.net/a48r141.htm

[9] https://www.hrw.org/report/2021/04/27/threshold-crossed/israeli-authorities-and-crimes-apartheid-and-persecution

[10] https://www.unfpa.org/yemen