Chaos organisé au Liban

Pénurie de carburant et de médicaments, flambée du prix des denrées alimentaires, panne d’électricité… La situation chaotique qui règne au Liban rappelle furieusement celle essuyée par d’autres pays inscrits sur la liste des mauvais élèves de Washington. Et pour cause, le chaos libanais est organisé à coups de sanctions US et de manigances mafieuses sur place. (IGA)


 

Depuis l’annonce de la formation du nouveau gouvernement libanais, le taux de change du dollar, qui était de 20.000 livres libanaises, est descendu à 14.000 et apparemment, il baisse petit à petit. C’est important à dire parce que le prix des denrées alimentaires ou autres est lié au dollar.

Il y a un manque cruel de médicaments pour le cœur, la tension, pour toutes les maladies.

Certains commerçants ont constitué des stocks et alimentent un marché noir qui ne suffit pas.

Il faut savoir que les Américains imposent au Liban depuis juin 2020 les sanctions César, blocus qui empêche l’approvisionnement en carburant, en médicaments, en lait pour les enfants, etc. Les sanctions César, qui ont été imposées à la Syrie, touchent de fait le Liban car ce dernier est économiquement lié à la Syrie qui est son plus proche voisin.

Aussi certains groupes maffieux ont préparé le blocus de l’intérieur, par exemple en stockant le carburant afin d’assécher le marché.

Aujourd’hui on constate parfois des files d’attente de quatre voitures côte à côte sur plus d’un kilomètre.

Les trois quarts des Libanais sont sous le seuil de pauvreté. Ils ne mangent ni viande, ni poulet, ni œufs.

Les fruits et légumes sont très chers.

Concernant l’électricité, l’Etat libanais ne fournit qu’une heure d’électricité par jour et le reste du temps, ce sont les maffieux des grands groupes électrogènes affiliés pour la plupart aux groupes politiques qui vendent l’électricité aux habitants qui peuvent payer.

Environ un quart de la population ne peut pas se payer de l’électricité. Ils n’ont donc ni lumière, ni réfrigérateur.

En termes de sanctions, les Etats-Unis, avec l’aide du gouverneur de la Banque centrale du Liban et autres milliardaires, ont évacué du Liban des dizaines de milliards de dollars afin qu’il devienne une denrée rare donc chère, ce qui a contribué à augmenter le taux de change du dollar et à déprécier la livre libanaise.

En affamant et en sanctionnant la population, les impérialistes américains et leurs alliés sionistes veulent que la population se soulève contre le Hezbollah. Ce qui n’est finalement pas arrivé et ce qui n’arrivera apparemment pas.

Au contraire le Hezbollah a pris l’initiative de briser le blocus imposé par les USA et Israël et d’acheminer un bateau-citerne de carburant d’Iran jusqu’à Beyrouth pour débloquer la situation, ce qui est en train d’arriver.

Aujourd’hui 104 camions-citernes ont commencé à acheminer le carburant.

D’autres bateaux vont arriver et finalement l’électricité sera aussi acheminée de Syrie.

Le blocus est donc finalement un échec pour les impérialistes.

Il faut évidemment rappeler que la France est complice des Américains et de l’Etat colonial sioniste.

 

Walid Atallah est membre du Collectif des Palestiniens en Ile-de-France

Source: ISM France

Photo: Twitter