Bolsonaro : pots-de-vin et fausses déclarations de patrimoine

Un lecteur nous envoie cette critique à propos de l’un de nos derniers articles sur le Brésil : “Je sais que vous êtes un journal de gauche mais de dire ‘À cet effet son nom figurait sur la liste des hommes politiques véreux, publiée par le site du Tribunal Supérieur Électoral en 2014’. Ceci est faux, il fait partie des seuls 10% des députés fédéraux qui n’ont pas accepté de pots de vin des entreprises pour gagner des votations sur des thèmes qui les concernent (il renvoyait les chèques). Il est un des seuls qui n’a pas été inculpé par la LAVA JATO. Comment vous expliquez qu’il aie gagné les élections? Les brésiliens avaient le choix entre un type honnête, ancien militaire ou un Marxiste Haddad”. Réponse

 

Oui, Bolsonaro est corrompu, et a bénéficié des pots-de-vin du « système » qu’il a stigmatisé durant sa campagne électorale, en se présentant comme le candidat anti-système.

Oui, Bolsonaro a triché et menti sur la valeur de son patrimoine à la justice électorale.

 

Sur la base des données livrées par le Tribunal Supérieur Électoral, Bolsonaro a « bénéficié » de la « propina » -pots de vin-, comme il a fini par l’admettre lui-même.

 À la question : Avez-vous reçu des pots-de-vin ? Il répondra : « Mon parti a reçu des pots-de-vin oui, mais quel parti n’en a pas reçu ? » in Folha de Sao Paulo, du 23 mai, 2017.

(Vidéo dans laquelle il reconnaît avoir reçu des pots-de-vin de JSB-Friboi)

Car en effet le parti de Bolsonaro, qui s’appelait alors Partido Progressista[1]- le comble- a été arrosé, -voir tableau du TSE ci-joint- par la multinationale de l’agro-alimentaire JBS-Friboi [2]-  en 2014 à hauteur de 200 000 reais.  Pour rappel, avec plus de 380 millions de reais, J-B-S-Friboi a corrompu un nombre incalculable d’hommes politiques brésiliens, parmi lesquels le vice-président usurpateur Temer.

À cela s’ajoutent les fausses déclarations de Bolsonaro sur son patrimoine à la Justice électorale, qui, en effet, a été estimé à la baisse par rapport à sa valeur réelle, ou, tout simplement, n’a pas été déclaré pour partie.

 En 2010, dans le cadre de la campagne électorale, il déclare que son patrimoine correspond à 826 000 reais. Mais quatre ans plus tard, le patrimoine qu’il déclare à la Justice électorale passe de 826 000 reais à 2 millions 200 000 reais, soit un gain de 1, 3 millions reais en quatre ans, que ses revenus de député ne peuvent justifier.

 Ce patrimoine correspond à l’acquisition d’un bien immobilier estimé à 1million 600 000 reais acquis en 2002, non déclaré à la justice électorale pour la campagne électorale de 2006.  En 2009, il déclare l’achat d’un bien immobilier à Rio en bord de mer, au prix de 400 000 reais. Mais ce prix, très en deça du prix du marché, sera contesté par les Services des impôts des biens immobiliers, -I.T. B I- qui dépendent du ministère des Finances, qui l’estimeront à plus d’un million de reais. 

Certes il n’a pas été inculpé dans le scandale du Lava-Jato par le juge Moro.  Mais on peut comprendre la mansuétude de ce juge à qui Bolsonaro a proposé le poste de ministre de la justice il y a quelques jours. Un poste que ce juge, qui a condamné Lula, sans preuves, au nom d’une fumeuse théorie dite « système de l’intime conviction », s’est empressé d’accepter.

Oui, en plus d’être un raciste, un homophobe, un admirateur de la dictature militaire et de ses bourreaux, Bolsonaro est un homme politique véreux.

 

Notes :

[1]  En 2014, Bolsonaro rejoint le Partido social-liberal, qu’il ancrera à l’extrême-droite.

[2] Sigle de JBS : José Batista Sobrinho

 

Source : Investig’Action