Antisémitisme : un juge qui oublie la loi ?

La section civile de la 9e chambre du tribunal de première instance de Bruxelles vient de prononcer un jugement très curieux et pour tout dire absurde. Il a autorisé le blogueur d’extrême droite Marcel Sel à me qualifier d’ « antisémite », pourtant une calomnie extrêmement grave. En effet, le racisme anti-juifs est, comme tous les autres racismes, un délit grave et odieux, passible de prison. C’est la porte ouverte à une répression judiciaire croissante contre tous ceux qui critiquent Israël, et qui se définissent donc comme antisionistes. D’ailleurs, Macron prépare des lois liberticides contre ceux qui critiquent Israël, et la Belgique a tendance à suivre ces mauvais penchants…

Pourtant, les avocats de Marcel Sel avaient reconnu que leur accusation était bidon en déclarant sans pudeur : « La question n’est pas de savoir si Michel Collon est antisémite, mais bien de savoir s’il est encore permis de l’exprimer. » Autrement dit, Sel revendique le droit de publier des calomnies ne reposant sur rien d’objectif, et cela au nom de la « liberté d’expression ». Même si cette accusation d’antisémitisme est contredite par tous mes écrits et vidéos, qu’ils s’abstiennent soigneusement de citer.

La justification du juge est réellement étrange et pour tout dire absurde : « Condamner le défendeur (Sel) l’obligerait au silence au sujet de Michel Collon, alors que celui-ci (…) n’est pas un citoyen anonyme et ne se prive pas de prendre publiquement des positions tranchées sur les sujets d’actualité que M. Marcel Sel se plaît à commenter dans le style railleur qui est le sien, qu’il s’en suit que faire droit à la demande serait regardé comme la permission donnée à l’un de s’exprimer et l’interdiction faite à l’autre d’encore le critiquer ».

 

Ai-je interdit à Sel de faire des critiques ?! Mais pas du tout : il a pu raconter tout ce qu’il voulait, il ne s’en est pas privé en recopiant tous les mensonges trouvés dans un texte d’une certaine Ornella Guyet, et je ne l’ai pas cité en justice pour tous ces mensonges, mais seulement pour l’emploi du mot « antisémite ». D’autres personnages me critiquent, les uns de façon correcte et ouverte au débat, les autres en colportant des rumeurs mensongères, et je ne leur intente aucun procès, je respecte leur liberté d’expression.

 

Mais il y a des limites, n’est-ce pas, Monsieur le juge ? Et elles sont prévues par la loi. Attenter méchamment à l’honneur de quelqu’un en refusant de citer ses textes, en refusant de vérifier les faits est punissable par la loi, et c’est la loi que vous êtes chargé d’appliquer ! Imaginons que je vous traite, ce que je ne ferai pas, de pédophile et de corrompu, sans aucune base factuelle, me laisseriez-vous faire au nom de « la liberté d’expression » ? Non, vous déposeriez plainte et vous auriez raison.

 

La défense de Marcel sel, très faible et étriquée dans un premier temps, s’est vue par la suite renforcée par une centaine de pages d’argumentaires qui reprennent les thèses habituelles de la propagande israélienne dont celle très en vogue là-bas “antisionisme égale antisémitisme”. Je demande qu’on applique la loi, même et surtout quand il s’agit des attaques habituelles d’Israël qui bafoue toutes les lois et tous les principes de la Déclaration des Droits de l’Homme !

 

Bien entendu, je demande à mon avocat d’aller en appel contre cette décision illogique et dangereuse.

 

20 février 2019.