Anniversaire d’injustice

12 septembre 1998 / 12 septembre 2008.

Dix ans séparent ces deux dates.

Voilà dix ans que les cinq antiterroristes cubains, Antonio Guerrero, René Rodriguez, Gerardo Hernandez, Ramon Labañino et Fernando Gonzalez sont emprisonnés aux Etats-Unis.

Ces cinq hommes, agents de Cuba, infiltraient les milieux terroristes de Floride pour empêcher les attentats contre leur pays.

24 septembre 2008

En juin 1998, à la demande du gouvernement cubain, une délégation du F.B.I. s’est rendue à La Havane. Il lui a été remis un impressionnant dossier sur les activités terroristes contre Cuba. Cette délégation a promis sa collaboration contre les attentats… Trois mois plus tard, étaient arrêtés ceux-là même qui avaient permis la constitution d’un tel dossier.

Depuis, le gouvernement des Etats-Unis s’acharne contre ces cinq hommes au mépris de ses propres lois.

Après leur arrestation, ils ont été confinés dix-sept mois dans des cellules d’isolement : le trou de la prison de Miami. La loi des Etats-Unis interdit l’enfermement de plus de soixante jours dans de telles cellules.

Vint ensuite la parodie de procès à Miami, nouvelle violation de la loi américaine. Elle impose un jury impartial. C’est mission impossible à Miami. La peur d’une réaction violente de la part de la maffia cubaine en cas de relaxe des cinq a amené de nombreux jurés à refuser leur mission.

Juste avant les délibérations du jury, une accusation ubuesque d’assassinat a été ajoutée, de façon tout à fait irrégulière à l’acte d’accusation de l’un des « Cinq ». Le jury a entériné sans discussion et en un temps record toutes les condamnations demandées : en tout quatre perpétuités et soixante-quinze ans.

Les cinq ont, bien sûr, fait appel de ce jugement inique. En 2003, alors qu’ils devaient préparer cet appel avec leurs avocats, ils ont été de nouveau été envoyés au trou de leurs prisons respectives sur ordre du Gouvernement des Etats-Unis. Malgré cela, le 9 août 2005, le verdict de l’appel était donné. Il annulait la sentence et demandait un nouveau jugement hors de Miami. Le premier procès avait été jugé « non équitable ».Une fois de plus le gouvernement U.S. est intervenu pour contrecarrer cette décision.

Depuis, ce procès traîne d’appel en appel.

Un des juges de la cour d’appel chargée du dossier a pris sa retraite en 2007. Il a été remplacé par un juge nommé directement par Georges Bush.

Diviser pour régner : cette devise vient de s’appliquer aux « Cinq » puisque, lors du dernier résultat d’appel le 4 juin 2008, la cour d’appel a demandé de rejuger trois d’entre eux et de maintenir les condamnations des deux autres.

Ces peines sont aggravées par le fait que les droits de visites des familles des cinq hommes ne sont accordés qu’au compte-goutte, voire refusés comme c’est systématiquement le cas pour les épouses de deux d’entre eux.

La protestation s’organise et grandit dans le monde entier. En ce moment même, à San-Francisco, un énorme placard publicitaire rappelle l’emprisonnement de ces cinq innocents et un grand concert a été organisé en leur honneur à New-York le 11 septembre dernier.