Zimbabwe : l'origine du problème des terres

Kenneth Kaunda, ancien Président de Zambie, rappelle certaines

responsabilités, trop souvent oubliées, de la Grande Bretagne dans la

situation actuelle au Zimbabwe. Kenneth Kaunda était présent lors de la

rencontre de Lancaster House sur invitation de la "dame de fer",

Margaret Thatcher.

http://www.thotep.com/article.php3?id_article=343

Dans un article de la BBC

(http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/6728015.stm) datée du 12 juin 2007,

Kenneth Kaunda rappelle notamment à ceux qui diabolisent Robert Mugabe,

que c’est le gouvernement britannique qui n’a pas respecté ses

engagements en matière de redistribution des terres. En effet dans les

"accords" de Lancaster House de 1979 pour l’indépendance, il avait été

"convenu" que le nouveau gouvernement zimbabwéen "acceptait" [en fait

était contraint] de ne pas traiter lui-même les affaires de

redistribution des terres, mais que la Grande Bretagne "engageait" toute

sa responsabilité pour faire disparaître ces injustices. (Là on pourrait

reprocher à Mugabe d’avcir fait confiance à la GB sur un sujet aussi

important : angélisme ou pragmatisme ?)

Sous l’accord de Lancaster House de 1979, des garanties économiques et

politiques sont octroyées à la minorité blanche pour une période de 10

ans : toute expropriation de fermiers blancs et nationalisation

généralisée est exclue. Un quota de députés et sénateur Blancs est

maintenu jusqu’en 1994. Les Blancs, soit 1% de la population, continuent

alors de posséder plus de 70% des terres fertiles et le gouvernement

britannique s’engage à rémunérer les fermiers blancs qui passeraient la

main aux Noirs.

Et oui, comme à chaque fois, le voleur-tueur-pilleur-civilisationniste

est et doit être dédommagé, sinon la victime ne pourra "malheureusement"

pas récupérer la terre qu’on lui a volée, et il doit garder son calme ;

Peut-être que certains considèrent que D.ieu n’a pas promis cette terre

aux Noirs de Zimbabwe et que D.ieu le leur offrait, à eux.

L’accord de Lancaster House proclame une amnistie générale qui empêche

toute poursuite en Grande-Bretagne pour des actes commis sous le régime

raciste de l’ex-Rhodésie entre le 11 novembre 1965 et le 12 décembre

1979 : les criminels racistes peuvent ainsi quitter le pays et se mettre

à l’abri en Grande Bretagne.

Il convient ici de se rappeler que juste avant la proclamation de

l’indépendance du Zimbabwe le 18 avril 1980, une amnistie fut proclamée

pour tous les crimes de sang commis avant le 1er mars 1980 ;

c’est-à-dire amnistie pour tous les crimes commis jusqu’à l’élection de

Mugabe.

Alors quand le gouvernement britannique a montré qu’il n’en avait cure

des Zimbabwéens et de leur problème de terre, la patience du

gouvernement de Mugabe qui avait attendu pendant plus de 10 ans a

atteint ses limites. Le mépris colonial et raciste ne pouvait continuer

à s’imposer avec pareille condescendance dans un pays libéré.

Pourtant le gouvernement britannique reconnaissait lui-même, et encore

aujourd’hui, que le problème de terres était essentiel au Zimbabwe. Et

cela ne l’empêche pas de dire avec insistance, dans "son approche de la

réforme agraire"

(http://www.fco.gov.uk/servlet/Front ?pagename=OpenMarket/Xcelerate/ShowPage&c=Page&cid=1019745050212),

que l’accord n’avait ni défini ni prévu un fonds spécifique pour traiter

ce problème pourtant central. Est-ce de l’incompétence ou de la

préméditation ?

Mais, comme nous le montre la longue histoire colonio-esclavagiste,

quiconque ose s’affranchir de la domination coloniale, la Bête tentera

de lui coller son sceau sur le front.

Ainsi par exemple Haiti qui ne finit pas de payer sa Révolution.