Violences policières à Bruxelles – Ville : réactions, témoignages et questions de nos lecteurs…

Vous êtes nombreux à réagir après la publication de l’interview du président de la Ligue des droits de l’Homme, Alexis Deswaef. Deux constats : 1. Les victimes sont encore bien plus nombreuses qu’on croit. La plupart n’osent pas déposer plainte. Et quand une plainte est déposée, elle est systématiquement sabotée par les instances censées protéger les victimes. 2. Sont accusés de vouloir étouffer le problème : le bourgmestre Thielemans (PS) et ses adjoints Philippe Close et Yvan Mayeur (PS) ainsi que la ministre de l’Intérieur Milquet (qui est aussi conseillère à Bruxelles-Ville et donc bien au courant). Et aussi le Comité P, supposé enquêter sur ces violences. « Supposé » !

Toute la semaine, nous continuerons à publier des révélations sur ce problème : Suivez sur investigaction.net et diffusez ! Pensez aux victimes de demain, un silence serait complice !

SOMMAIRE :
1. Thielemans reçoit le Prix du « sponsor officiel de la bavure » !
2. Thielemans protège personnellement deux flics brutaux depuis douze ans.
3. Pourquoi Joëlle Milquet ne bouge-t-elle pas ?
4. Flics racistes : les élus arabes et noirs sortiront-ils de leur silence ?
5. Pourquoi déposer plainte.
6. Comment déposer plainte.
 
DEMAIN : Réactions des partis candidats aux communales de dimanche
+ Manif Palestine : témoignages et vidéos sur les violences : « Donnez-leur des coups ! »
APRES-DEMAIN : Thielemans, Close et le PS : trop liés à Israël ?


1. Thielemans reçoit le Prix du « sponsor officiel de la bavure » !

Pour nos amis étrangers, les Belges sont en campagne électorale, le bourgmestre (maire) PS Thielemans se représente. La Jeunesse Ouvrière Chrétienne – dont des membres ont subi les matraques officielles – vient de pirater ses affiches électorales avec un slogan « officieux » : « Freddy Thielemans, sponsor officiel de la bavure policière bruxelloise depuis 2001 ». D’autres politiciens « sécuritaires » ont aussi reçu des prix (voir site joc.be) A faire circuler sans modération !
 
 

 
 
 
2. Thielemans protège personnellement deux flics brutaux depuis douze ans !

En interviewant le président de la Ligue des Droits de l’Homme, j’indiquais avoir moi-même subi des violences graves. Pour lesquels – par une chance très particulière – j’ai réussi à faire condamner les deux brutes par la Justice après des années de procédure : quatre mois de prison avec sursis et paiement des dommages. Nos anciens lecteurs ont suivi cette affaire…
Mais ceux qui ont découvert notre site plus récemment me demandent d’expliquer. Vous trouverez ici un résumé de mon affaire :
Le 3 avril 1999, j’ai été illégalement arrêté par la police de Bruxelles-Ville, emmenée en camionnette, systématiquement tabassé pendant tout le trajet et je me suis retrouvé avec quatre côtes fracturées, de nombreuses autres blessures et une commotion.

Thielemans n’était pas bourgmestre au moment des faits, c’était le libéral François-Xavier de Donnea, un grand fan de l’Otan.
Mais Thielemans était son échevin, il n’a pas bougé. Et une fois devenu bourgmestre, il a protégé les brutes en refusant d’enquêter, en soutenant leurs mensonges au tribunal, en les maintenant en fonction (le principal accusé continue à se distinguer dans la répression). Finalement, j’ai eu la chance d’avoir des témoins avant et après et malgré leurs mensonges, les policiers ont été condamnés.
Mais aujourd’hui encore, treize ans après les faits et malgré de nombreuses démarches, Thielemans refuse de me payer ce à quoi la Justice l’a condamné en tant que « patron » des flics. Ainsi, le bourgmestre envoie un signal très clair aux autres flics qui commettront des brutalités : « Continuez, je vous couvre ! »

Selon moi, les nouvelles victimes de violences seront bien avisées de déposer plainte (voir plus loin pourquoi et comment le faire) non seulement contre ceux qui tiennent la matraque mais aussi contre leurs chefs qui les « forment » et les protègent. Des gens comme Thielemans & C° devraient être jugés pour complicité, et en tout cas pour non-assistance à personne en danger.

3. Pourquoi Joëlle Milquet ne bouge-t-elle pas ?

Beaucoup me demandent pourquoi je n’ai pas essayé d’obtenir l’appui d’autres partis représentés au conseil communal ou alliés au PS de Bruxelles-Ville. Mais je l’ai fait ! Aucun n’a bougé.
J’ai contacté à maintes reprises Joëlle Milquet (CDH), conseillère à Bruxelles-Ville et actuellement ministre de l’Intérieur. Chaque fois que je la rencontre devant témoins, elle me répond : « Je vais m’en occuper ». Et puis, rien ne bouge, et elle ne répond à aucun courrier.

Je ne pense pas qu’elle-même soit dans l’idéologie du « tout sécuritaire ». Mais je crois qu’elle n’ose pas affronter la campagne médiatique sur « l’insécurité ». Et surtout, Milquet veut tellement faire partie de la majorité qu’elle n’ose pas affronter son allié Thielemans. D’ailleurs, un membre d’un cabinet CDH me l’a avoué en « off » : « Nous CDH, on ne peut rien faire sur ces brutalités, le PS, c’est ‘les kings’ (sic) ! »


4. Les élus arabes et noirs sortiront-ils de leur silence ?

Du côté du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX), mais aussi de nombreux témoins et groupes, on m’indique que les citoyens d’origine arabe ou black sont particulièrement victimes de ces brutalités. Ce n’est pas surprenant : si des « Blancs » comme l’avocat Deswaef, président de la Ligue des Droits de l’Homme se font brutaliser en toute impunité alors qu’il y a plein de témoins, que pensez-vous qu’il arrive dans les petites rues sombres de Bruxelles ou dans les cachots de son commissariat aux jeunes d’origine arabe ou noire, qui ne sont pas des personnalités connues et en l’absence de tout témoin ? Avec l’infiltration d’extrême droite dans la police, pas besoin de faire un dessin !

 Le fait m’a d’ailleurs été confirmé, sous couvert d’anonymat, par un conseiller important qui travaille avec un des échevins importants du PS-Bruxelles et qui est d’origine arabe : « Moi aussi, j’ai été secoué par ces mêmes policiers. La situation est bien connue, mais il n’y a rien à faire ! »
Rien à faire ? Au long des années, j’ai mis en cc de mes courriers à Thielemans divers échevins et conseillers d’origine arabe ou noire. Et encore la semaine passée. Aucun n’a jamais osé me répondre ou même accuser réception. C’est la loi du silence.

Pire : j’ai interpellé personnellement l’échevin CDH Bertin Mampaka, un homme chargé de collecter les voix de la communauté congolaise de Bruxelles. Refus absolu de me répondre.
Il est temps de tirer les conclusions : certains partis utilisent des candidats d’origine immigrée juste pour faire des voix, mais ne leur laissent aucune liberté, même pas celle de défendre les concitoyens de leur communauté. Sia Bouarfa, mandataire bruxelloise PS de longue date, vient de démissionner en dénonçant « le racolage ethnique » auquel se livrent les partis majoritaires dont le sien.
Des marionnettes chargées de faire des voix avec leurs affiches collées sur tous les commerces, mais qui laissent faire une politique raciste ? Il y a quelques mois, ils ont pourtant vu, pas très loin de là, dans la commune voisine de Molenbeek l’échevin Jamal Ikazban se faire brutaliser par une police (fédérale, celle-là) manifestement raciste ! Aucune solidarité ?
Les « Arabes de service » et les « Blacks de service » sortiront-ils enfin un jour de leur silence ?
 

5. Pourquoi déposer plainte :

Extrait du site JOC.be campagne contre la répression :

Dans de nombreux cas, en manifestation ou lors de contrôles d’identité de nombreux dérapages sont constatés : refus de l’agent de s’identifier, insultes (parfois racistes), violences,… Nombreux sont ceux qui ne portent pas (ou plus) plainte. En effet, il arrive souvent que les commissariats refusent (ou découragent fortement) d’enregistrer une plainte. Et si on parvient à déposer, dans 80% des cas la plainte est jugé injustifiée,…

Face à cette réalité, on est en droit de se demander pourquoi encore se casser le *** ! Pour plusieurs raisons:

·         La première c’est simplement pour faire de la statistique. L’Etat et la police ne reconnaissent que leurs propres agences et donc, même si elle n’aboutit pas, une plainte déposé est enregistrée. L’augmentation des plaintes reçues fait donc monter la pression malgré tout.

·         Deuxièmement, le fait même que les plaintes n’aboutissent pas nous fournit un argument important pour dénoncer l’impunité des policiers. 88% des gens qui déposent plainte sont des menteurs ? Ça fait quand même 2165 menteurs sur 2459. Plus ce nombre grandit, moins leurs mensonges seront crédibles, plus nos revendications auront du retentissement.

·         Troisièmement, une fois la plainte déposée, rien n’empêche de l’utiliser dans l’arène politique puisque le juridique refuse de nous entendre. En faisant du bruit autour de chaque fait de violence, en rassemblant soutiens, avocats, juristes, manifestations, associations dans une campagne structurée et organisée, nous feront du bruit et des actions jusqu’à ce qu’ils écoutent !

·         Quatrièmement, parfois on gagne !


6. Comment déposer plainte :

1.       Réunir tous les témoignages, vidéos, photos possibles. Plus il y en a mieux c’est. L’identification du policier (grade, taille, sexe,…), numéro d’immatriculation du/des véhicules présents,… Il est important de rassembler un maximum de preuves et de faire un récit basé sur des faits (éviter les commentaires,…) énoncer simplement ce qui s’est passé.

2.       Faire constater les éventuelles blessures par un médecin (par écrit + photos).

3.       Contacter un avocat, par le biais de la Ligue des Droits de l’Homme par exemple (Tél : (32) 2.209.62.80 – E-mail : [email protected]).

4.             Il existe différentes façon de porter plainte:

·         au commissariat : En principe ce n’est pas un problème mais les refus voire parfois de nouvelles violences ne sont pas rares. Évitez les gros commissariats des centres ville mais plutôt se reporter sur un commissariat excentré. N’oublie pas de demander une copie de ta déposition, des fois qu’elle se perdrait.

·         Par courrier (avec recommandé c’est mieux) directement au procureur du Roi. Encore une fois, il faut   absolument faire un courrier le plus factuel possible. Il vaut souvent mieux d’abord discuter la question avec un avocat ou une personne qualifiée.

·          Porter plainte par écrit auprès du comité P (http://www.comitep.be/FR/index.asp?ID=Form)

5. Eventuellement contacter directement et par écrit le bourgmestre responsable de la police en question, la       ministre de l’intérieur s’il s’agit de la police fédérale.

6. Si tu veux donner une suite politique à ta plainte contacte nous.


DOCUMENTATION :
Un dossier, des conseils et des témoignages vidéo bouleversants sur : http://www.gsara.tv/violences/

POUR SUIVRE :

DEMAIN : Nous publierons les réactions des partis de Bruxelles – Ville après l’interview du président de la Ligue des Droits de l’Homme. Enfin, de ceux qui veulent bien rompre le silence. Mais il y en a…

Et aussi des témoignages et images très frappants sur la répression de la manif Palestine en avril dernier

APRES DEMAIN : « Les liaisons dangereuses de Freddy Thielemans (PS) et Philippe Close (PS) expliquent-elles leur silence ? »

Suivez sur investigaction.net et diffusez ! Pensez aux victimes de demain, un silence serait complice !