VENEZUELA: Tentative de coup d´état en direct et sur place

Face aux évènements qui secouent notre planète, quand il s´agit de l´expression des peuples, il est devenu essentiel de vivre ces événements en direct et sur place (pas dans un grand hôtel mais dans la rue), les grands médias ayant abandonné depuis longtemps leur rôle d´information pour se dédier à d´autres missions sur commande pour servir les intérêts qu´ils représentent.


Pour comprendre les événements actuels au Venezuela, pour des observateurs étrangers, il est nécessaire de contextualiser, tans les situations que ses acteurs, les visibles et ceux qui agissent en coulisses.
Mieux que de parler de tentative de coup d´état au Venezuela, il est plus juste de parler simplement d´un nouvel épisode dans la stratégie de coup d´Etat que l´opposition vénézuélienne développe chroniquement depuis plus d´une décennie et qui débouchent sur des échecs (coups d´Etats pétroliers, économiques, industriels, incluant le succès de celui d’avril 2002 qui dura 47 heures).
Putschistes, ex-putschistes récidivistes
Depuis le début, les acteurs sont toujours les mêmes. Il s’agit, d´une part, et publiquement, des putschistes vénézuéliens récidivistes, car ayant bénéficiés de l´indulgence du pouvoir alors que dans n´importe laquelle des nations capitalistes qu´ils admirent ils seraient derrière les barreaux depuis belle lurette.
D´autre part, et désormais tout à fait ouvertement, Washington, qui au Venezuela comme partout ailleurs dans le monde, convoite les ressources énergétiques et les positions géostratégiques des nations les plus faibles. Le pays du défunt “American Dream” doit trouver comment palier ses problèmes internes et alimenter sa société démesurée de consumérisme.
Naturellement, le second alimente les premiers, économiquement et techniquement. Les nombreuses preuves sont irréfutables, à tel point que Washington ne prend même plus la peine de démentir.
Ces putschistes n´affichent d´ailleurs aucune sorte d´idéologie sinon qu´un simple objectif : démettre le président pour s´emparer du pouvoir afin de récupérer leurs privilèges, de plus en plus en danger.
Plus secrètement, pour Washington, l´opportunité d´appuyer une déstabilisation du pays pour justifier son intervention directe pour “la sauvegarde démocratique et l´aide humanitaire à la population”… bref, son scenario de toujours et de toutes parts dans le monde.
Origines de la nouvelle tentative de coup d´Etat, dans leurs contextes.
Il y a quelques temps que l´opposition vénézuélienne se trouve dans une situation désespérée (en lisant ‘‘opposition vénézuélienne’’, lire : ses leaders). Et pour cause ! En mars dernier, lorsque le président Chavez décéda, ils pensaient que l´absence physique du “Comandante” de la révolution annonçait la fin de leurs angoisses et de nouveaux espoirs, bien illusoires. Il se passa exactement le contraire. Comme le dit le peuple, un “Chavez pour toujours”. Ce dernier est très présent au quotidien, sous maintes formes (audio, vidéo, photos, conversations, etc.). Une défaite de l´opposition aux présidentielles gagnées par le successeur de Chavez, Nicolas Maduro, avec une majorité absolue (au Venezuela, il n’y a qu’un seul tour). Et, peu après une nouvelle défaite aux municipales (les Chavistes gagnant avec 76% des voix), sans oublier qu´aussi démocratiquement les Chavistes comptent 20 des 23 gouverneurs du pays et une immense majorité de députés à l´Assemblée nationale.
L´opposition sait parfaitement que, même sans Chavez, elle n´a aucune chance de gagner le pouvoir de manière démocratique. Deux et deux ont de tout temps donné quatre. La conclusion est simple : reste la solution par la force, le coup d´Etat, par un biais ou par un autre.
Cette situation mérite une petite parenthèse pour expliquer pourquoi ne pas mentionner aussi l´option de l’assassinat du président. Au Venezuela plane sérieusement dans l´atmosphère et les pensées des Bolivariens de sérieux doutes sur la cause réelle du décès de Chavez. Ce qui est sûr, c’est que si Chavez a été victime d´un assassinat, ceux qui auraient pu le planifier se seraient trompé en pensant que l´élimination de Chavez était la solution pour étouffer la révolution. Au contraire, ils ont immortalisé Hugo Chavez comme commandant éternel de cette révolution. Actuellement, le protocole officiel, et spontané pour beaucoup, commence toujours par “Chavez vit”… “La Patrie continue”.
Nicolas Maduro est désormais à la barre de la révolution, mais celle-ci compte aussi plusieurs leaders emblématiques, contrairement à l´opposition qui n´a pas été capable de s´unir autour d´un candidat sérieux et présente des figures aussi diverses que contradictoires dans une ambiance de “nid de scorpions”.
Depuis novembre, le socialisme bolivarien a relevé le défi de la guerre économique du capitalisme sauvage. L´opposition sur son propre terrain a reçu de sérieux coups comme, par exemple, la mise à découvert publiquement de ses grossiers comportements spéculatifs dégageant des bénéfices allant jusqu’à 1.000%. Pas d´erreurs de typographie – trois zéros – mille pour cent… L´obligation aux “commerçants” de vendre leurs produits à des prix sensés qui a fait que certains grands magasins ont été littéralement vidés par des clients qui pouvaient ainsi acheter des produits jusqu´alors inaccessibles. Un comble pour l´opposition : le gouvernement à publié une “Nouvelle loi de justes prix”.
Pour “inventer” une situation de crise, l´opposition choisi aussi de faire disparaitre les produits des étalages et présenter ainsi une situation artificielle de pénurie. Un jour c´est l´huile qui manque ; un autre jour, c’est le sucre, etc. Tous ces produits réapparaissent ensuite miraculeusement… mais plus chers, bien sûr. Là aussi l´opposition a reçu quelques coups sérieux. Les autorités découvrent des hangars ou des tonnes de produits alimentaires sont cachés et stockés. Comment? Parce que le peuple bolivarien s´est organisé en groupes très attentifs et très actifs.
Tout cela fait que l´opposition vénézuélienne se trouve dans une situation de désespoir, sinon d´exaspération. Elle est gravement blessée à l’endroit où la blessure lui provoque le plus de douleurs : le portefeuille, les comptes bancaires et l’espérance de splendides bénéfices se transformant en fortunes dantesque.
C´est quand l´animal est blessé et acculé qu´il devient le plus dangereux. En comportements humains, cela se traduit par ce que vit le Venezuela aujourd´hui sous le couvert de supposées manifestations d´étudiants, dits pacifiques ; en réalité des groupes armés se dédiant à la destruction, à des actes incendiaires et à´assassinat “sélectif”.
Il ne faut pas croire que la situation actuelle est le fruit de réactions spontanées. Preuves ont été faites, qu´il s´agit de groupes soigneusement entrainés à l´étranger d´où ils reçoivent armes, techniques et appuis financiers.
Les acteurs de la tentative de coup d´Etat
Si les groupes antérieurs sont les acteurs des actions directes, surtout de nuit, ils sont en fait le produit d´intellectuels, plus discrets.
Par exemple, la députée d´opposition Corina Machado, la même qui s´afficha lors du coup d´Etat de 2002 et qui présenta sa révérence à Bush Jr. à la Maison Blanche. Ses interventions parlementaires reflètent en général une surprenante dose de rage, de rancœurs et de désirs de vengeance.
L’ex-putschiste de 2002, Capriles Radonsky en est un autre exemple. Il alla jusqu´à violer le territoire d´une ambassade en dépit de toutes les conventions internationales. En décembre dernier, face à la défaite électorale aux municipales, Capriles opta pour l´incitation à la violence. Résultats : 14 morts, dont tôt ou tard il devra répondre devant la loi. Ce qui doit nourrir chez lui des rêves de prise de pouvoir afin d’éviter de devoir rendre des comptes.
Leopoldo Lopez clôt ce trio. Ex-putschiste lui aussi, il a été condamné pour corruption.
Tout ce beau monde a bénéficié d´une amnistie, déclarée en son temps par Chavez. Maintenant, ces ex-putschistes ont adopté la position de putschistes récidivistes.
Aujourd´hui, le cas de Leopoldo Lopez mérite aussi une petite parenthèse. Les grands médias internationaux pourront, sans doute, tromper leurs audiences en le présentant comme un “politique d´opposition arrêté par les autorités”. Les vénézuéliens, eux, savent parfaitement qui il est. En résumé, c´est pour les preuves existantes que ce citoyen doit répondre de la loi interdisant l´incitation à la violence, une violence qui s´est soldée par plusieurs morts et pour lesquels la clameur populaire exige que justice soit faite. Pour son arrestation Leopoldo Lopez a réussi à obtenir une image “héroïque” de manifestant détenu ; “cliché” bien préparé et fidèlement diffusé par les grands médias. La réalité est toute autre. Les services secrets ont détecté une opération de l´opposition destinée à éliminer physiquement Leopoldo Lopez. C´est ainsi que pour sa propre sécurité, lui-même, sa famille et les autorités se sont entendus pour qu´il se présente aux autorités. Ce dont les vénézuéliens ont été témoins en direct a été un Leopoldo Lopez qui s´est rendu devant les tribunaux bras dessus, bras dessous, avec son épouse, accompagné de sa mère et conduit par le président de l´Assemblée nationale en personne. Cette situation est diamétralement opposée à une autre dont les vénézuéliens ont été témoins en 2002 lors du coup d´état. Leopoldo Lopez, en personne était allé au domicile du ministre de l´Intérieur, Ramon Rodriguez Chacin, et l’avait soumis à une foule exaltée, qui le roua de coups.
Ce simple fait est une image exacte de la différence de comportement entre la révolution bolivarienne et son opposition qui ne peut-être qualifié que du terme de fasciste.
Mais il y a aussi d´autres acteurs intellectuels des tentatives de coups d’Etat : Washington, la CIA et le Pentagone.
Les uns financent, arment et entrainent les groupes d´actions qui actuellement sillonnent les rues du Venezuela pour détruite, incendier et assassiner. Le but est simple : fabriquer une situation de chaos pour justifier une intervention au nom de “la démocratie et l´aide humanitaire à un peuple opprimé par ses autorités”. Pour ce, Washington compte avec l´aide de la manipulation des grands médias qui se chargent de fabriquer et diffuser les documents d´appui, ne reculant pas devant l’emploi de photos prises en d´autres lieux et à d’autres moments. Le monde est plus facile à tromper que les habitants du Venezuela.
Washington, lui, n´hésite pas à se déclarer “préoccupé par la situation du Venezuela”. Les Etats-Unis, qui durant plus d´un siècle avaient bénéficié du pétrole vénézuélien en exclusivité et à moindre prix, ont perdu cette prérogative avec Chavez. A cause de plusieurs pays progressistes d´Amérique Latine, Washington voit aussi avec préoccupation “ son” continent lui échapper.
C´est par l´intermédiaire d´un sous-fifre que Washington se permet même de donner l´ordre au président vénézuélien de libérer les manifestants détenus… bien qu´ils aient été arrêtés pour des délits communs et pas du tout comme présenté comme “étudiants se livrant à des manifestations pacifiques et désarmées”.
Grands médias et médias alternatifs
Les principaux acteurs de cette tentative de coup d´Etat sont sans nul doute les grands médias internationaux, à grand renfort de mensonges et de manipulations. Au Venezuela, durant les dernières années, leurs bombardements systématiques ont toujours échoué. Le peuple est resté hermétique, les sanctionnant dans les urnes.
Au Venezuela, les médias fidèles à la révolution bolivarienne ont réussi à démonter leurs supercheries. Il n´en est pas de même à l´étranger ou la bataille médiatique se livre à armes inégales. Peu de médias y sont favorables la révolution bolivarienne alors que ceux qui lui sont opposés sont puissants et disposent de journalistes “professionnels” bien payés qui se plient aux lignes éditoriales de leurs patrons, eux-mêmes au service des intérêts qu´ils représentent.
Le futur de la tentative de coup d´état
Le fait est que la tentative de coup d´Etat est présenté dans les grands médias comme un succès, alors que sur le terrain elle s´enlise dans l´échec.
Dans les médias : des milliers de diffusions de mensonges font face à quelques centaines de vérité.
Sur le terrain : quelques dizaines, voire centaines, de prétendus manifestants, en fait des mercenaires destinés à créer le chaos, face à des centaines de milliers voir millions de citoyens disposés à entrer en combat pour préserver leurs droits et les bénéfices sociaux conquis grâce à la révolution.
En avril 2002, cette même opposition comptant avec le même appui de Washington avait réussi à démettre le président Chavez, avec force de francs tireurs et une foule de partisans médiatiquement préparés. L´opposition joua aussi, à l´époque, sur l´effet surprise. Cependant le peuple démontra sa capacité de réaction et d´organisation. La victoire du coup d´état ne dura que 47 heures.
Aujourd´hui la situation est toute différente. La “majorité silencieuse” chère au Général de Gaulle saura s´exprimer le moment venu si besoin est et son moyen d´expression sera de déferler dans les rues de Caracas avec tous les risques que cela implique. A la suite de l´expérience du coup d´état de 2002 durant lequel il avait observé la capacité du peuple bolivarien, Hugo Chavez créa la Milice Bolivarienne et les Corps Combattants dans les grandes entreprises. Ces nouvelles troupes, entrainées et préparées pour défendre leur Patrie et appuyer leurs forces armées, comptent déjà des centaines de milliers de citoyens. Elles s´acheminent vers son objectif de deux millions de citoyens.
Il est dit que souvent l´histoire se répète. Pour lutter contre la Révolution Française, la noblesse demanda à des puissances étrangères d´envahir son propre pays et présenta les révolutionnaires comme des ignorants. Les révolutionnaires de leur coté ont recruté des volontaires sur toutes les places publiques. Plus d´un million de ces volontaires, aux cris de “la Patrie ou la vie”, rencontrèrent l´ennemi dans le Nord de la France. Les troupes prussiennes durent battre en retraite après Valmy, une bataille à laquelle un certain général Francisco de Miranda participa. Originaire de Caracas, il a depuis son nom gravé sur l´Arc de triomphe à Paris. Les nobles qui le purent fuirent à l´étranger ; les autres terminèrent pour beaucoup sous la guillotine.
Pour tous, il faut souhaiter que toute l´histoire ne se répètera pas au Venezuela, au XXIe siècle.
Source: Investig'Action