Uranium appauvri : la Défense italienne reconnaît enfin. Et la France ?

Communiqué d'Avigolfe, 16 octobre

L’Association des Victimes civiles et militaires de la guerre du Golfe, AVIGOLFE, a pris connaissance de l’information rendue publique par le ministre italien de la Défense, Arturo Parisi qui reconnaît que deux cent cinquante-cinq militaires italiens ont contracté un cancer à la suite de contacts avec de l’uranium appauvri lors de diverses missions à l’étranger au cours des dix dernières années dont trente sept sont décédés.

AVIGOLFE, dès sa création en juin 2000, a dénoncé l’utilisation par les armée française, britannique et américaine de munitions à l’uranium lors de la guerre du Golfe et des Balkans. Elle a apporté toutes les preuves de l’exposition des soldats français à ces munitions. Elle a révélé qu’il s’agissait dans le conflit du Golfe, non pas d’uranium appauvri (U235) mais d’Uranium 236, déchet de la combustion nucléaire hautement radiologique.

En 2001, la Mission parlementaire d’information a été obligée de reconnaître que les obus français, fabriqué avec de l’uranium en provenance des Etats-Unis, contenait bien de l’U236. Mais en même temps, la MPI a refusé d’auditionner, contrairement à la demande d’AVIGOLFE, le Pr Durakovic ancien médecin colonel des Armées américaines présent sur le terrain lors du conflit, qui avait détecté des traces d’U236 dans les urines de seize soldats américains, canadiens et britanniques.

Les gouvernements français successifs ont toujours nié les effets radiologiques des armes à l’uranium. Les responsables de l’étude épidémiologique confiée à l’Inserm ont refusé d’étudier les causes des décès des anciens soldats français représentés par AVIGOLFE. Ils ont refusé de faire les recherches qui s’imposaient sur les vivants.

Les gouvernements français successifs ont toujours refusé de s’expliquer sur le programme français d’armes à l’uranium. La France continue de produire ce type de munition, comme le confirmait la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie à plusieurs reprises auprès d’AVIGOLFE.

Depuis l’ouverture d’une instruction judiciaire suite aux plaintes contre X déposées par plusieurs victimes, les gouvernements successifs se sont réfugiés dans l’attente des conclusions de l’instruction. AVIGOLFE a dénoncé à plusieurs reprises cette attitude et demandé aux autorités françaises de reconnaître les conséquences sanitaires de la guerre du Golfe (le « syndrome » de la guerre du Golfe) comme le font déjà les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La décision italienne conforte l’Association dans ses positions.

AVIGOLFE qui doit être reçue par le cabinet du ministre de la Défense le 13 novembre prochain attend plus de courage et d’esprit de responsabilité de la part des nouvelles autorités françaises.

Le Président

Hervé DESPLAT

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