Un filtrage au faciès inacceptable, sauf pour le Ministre de l’intérieur !

« Le profilage ethnique qui s’est déroulé ce mercredi-là à Bruxelles représente une véritable humiliation pour nos concitoyens d’origine arabe ou de confession musulmane et une atteinte inadmissible à leurs droits fondamentaux à l’égalité et à la non-discrimination », estime le MRAX.
Source

http://www.zoegenot.be/

http://www.ecolo.be

Belga

Le MRAX porte plainte contre la police

Le MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) va saisir ce vendredi le Comité ‘P’ et porter plainte auprès du Procureur du Roi de Bruxelles pour ‘faits de racisme’ suite au filtrage policier opéré le 21 janvier dans le cadre d’un rassemblement pro-palestinien – non autorisé – de protestation contre la venue à Bruxelles de la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, a annoncé l’asbl au cours d’un point presse.

Selon plusieurs dizaines de témoignages parvenus au MRAX, les personnes au faciès « arabe » ou musulman qui souhaitaient se diriger ce jour là dans le quartier Schuman étaient contrôlées, repoussées voire même arrêtées par la police alors que les Belges à la peau « blanche » pouvaient circuler librement.

« Le profilage ethnique qui s’est déroulé ce mercredi-là à Bruxelles représente une véritable humiliation pour nos concitoyens d’origine arabe ou de confession musulmane et une atteinte inadmissible à leurs droits fondamentaux à l’égalité et à la non-discrimination », estime le MRAX.

Vendredi, 39 plaintes de personnes présentes le 21 janvier dans le quartier européen ont été actées au MRAX. Une quinzaine d’autres personnes ont pris rendez-vous pour déposer à leur tour une plainte. Un témoin a expliqué vendredi lors de la conférence de presse que ce soir-là il comptait prier à la mosquée du parc du Cinquantenaire. A deux reprises, il a tenté de s’y rendre via les stations de métro Mérode puis Maelbeek mais il en a été empêché par la police qui l’a contrôlé, filmé avant de lui a ordonner de reprendre le métro.

Une femme a déclaré avoir été bousculée par des policiers alors qu’elle s’indignait du comportement d’un policier qui venait de gifler un jeune qui demandait à pouvoir passer. Une mère a raconté qu’elle et sa fille de 13 ans ont eu les mains liées au moyen de colson puis ont été emmenées dans un fourgon de la police avant d’être transférée vers le Palais de Justice.

« Il fallait la bonne tête au bon moment. Selon les témoignages, le filtrage a été opéré tant dans le métro qu’en surface où, là, la situation était gérée par la police de Bruxelles. On a le sentiment, même si on n’a pas de preuve écrite, que toutes les forces de police étaient coordonnées par la police de la zone de Bruxelles-Ixelles. Il y a aussi une responsabilité politique. On connaissait ce genre de dérive dans le milieu des clubs de nuit. Si même le pouvoir politique s’y met, ça ne va pas », a déclaré Radouane Bouhlal, président du MRAX. Pour la députée fédérale Ecolo Zoé Genot, qui avait dénoncé les faits le jour même auprès de l’agence Belga alors qu’elle se trouvait sur place, il y a eu manifestement un dérapage et elle demande à ce que les responsabilités soient établies.

Dans une réponse à adressée sur ce sujet à la députée Ecolo Zoé Genot, le ministre de l’Intérieur Guido De Padt (Open Vld) indique que le bourgmestre de la Ville de Bruxelles avait ordonné comme instruction aux forces de l’ordre de réagir pro-activement.

« L’action préventive et dissuasive des forces de l’ordre devait s’orienter vers les participants potentiels, c’est-à-dire principalement vers des jeunes d’origine nord-africaine », déclare le ministre de l’Intérieur, qui estime que la police a agi en respectant un équilibre optimal entre la légalité et l’opportunité de l’intervention policière.

M. De Padt n’a diligenté aucune enquête concernant cette intervention policière à l’inspection générale des polices locale et fédérale. Pour lui, l’intervention policière proactive a permis d’éviter le rassemblement de 1.500 personnes au rond-point Schuman.

Le MRAX va par ailleurs interroger le Comité P sur le traitement réservé aux images et données prises par la police lors des contrôles du 21 janvier. « Où vont ces images? Les personnes fichées ont-elles le droit de rectifier des données les concernant? La vie privée est-elle respectée? Qui a accès à ces données et qui contrôle tout cela? », s’interroge M. Bouhlal.

MRAX

(Voir conférence de presse sur http://www.mrax.be/article.php3?id_article=741)

Chers amis, membres, sympathisants,

le MRAX a tenu ce matin une conférence de presse exceptionnelle en présence de témoins directs pour dénoncer le profilage et le fichage, par la Police, de citoyens d’origine arabo-musulmane le 21 janvier 2009 dans le Quartier Européen. Notre Mouvement a reçu à ce jour 39 plaintes officielles et de nombreux dossiers sont en cours de traitement!

Veuillez trouver en annexe le dossier de presse y relatif; il comprend les faits, des témoignages, la position du MRAX et les plaintes que nous introduirons quant à cette affaire.

Nous comptons sur vous pour diffuser cette information!

Erdem Resne

MRAX – Communication

0479/86.32.99

Réaction ECOLO

Filtrage policier au faciès : inacceptable !

Témoignage de Zoé Genot, députée fédérale ECOLO : « Ce mercredi 21 janvier, vers 19.15 heures, je me rendais au rassemblement à Schuman en soutien à la Palestine et j’ai dû descendre à la station Maelbeek car le métro ne pouvait s’arrêter à Schuman. À la sortie de la station, il y avait trois lignes de policiers anti-émeutes. Je suis passée, sans problème, sans qu’ils me posent de questions, comme tous les autres « Blancs ». Mais les jeunes « Maroxellois » qui me suivaient se sont vus directement interdits de sortir du métro. Pourtant ils étaient calmes, irréprochables. Leur carte d’identité leur a alors été demandée. »

Un filtrage au faciès policier de grande ampleur (550 personnes) a donc eu lieu, puisque « les blancs » souhaitant ou non manifester pouvaient passer, les personnes de « type maroxellois » se voyaient refuser l’accès, quelque soit leur raison.

Interrogé au parlement, le ministre de l’Intérieur a répondu : « (…)Comme l’appel pour cette manifestation spontanée était incontestablement une action hostile, il est évident que l’action préventive et dissuasive des forces de l’ordre devait s’orienter vers les participants potentiels, c’est-à-dire principalement vers des jeunes d’origine nord-africaine.(…) Les forces de l’ordre ont donc agi pour ce cas précis en respectant un équilibre optimal entre la légalité et l’opportunité de l’intervention policière. »

Inacceptable : les lois antidiscriminations doivent s’appliquer à tous et tout particulièrement aux représentants de l’ordre. Je témoignerai donc dans le cadre de la plainte collective déposée par le MRAX et demanderai au Comité P de mener l’enquête. Josy Dubie, député régional bruxellois interrogera ce vendredi le gouvernement bruxellois et Catherine Lemaitre, conseillère communale exigera du bourgmestre de Bruxelles les instructions données et une enquête sur les responsabilités de chacun dans ce délit.

L’humiliation et la stigmatisation de groupes entiers sur base ethnique ne peut que conduire à une tension croissante entre communautés et légitimer les comportements racistes et discriminatoires déjà trop présents. L’Etat se doit d’être le garant du respect de tous et pour cela de montrer l’exemple en traitant égalitairement tous ces citoyens.

Sur le site la question parlementaire au Ministre de l’Intérieur fédéral et sa réponse : http://www.zoegenot.be/Filtrage-policier-au-facies-la.html

Voir aussi photos sur http://www.intal.be/fr/article/livni-acceuillie-les-citoyens-arretes