Un choc terrible pour les enfants de Gaza

Abdel-Rahman Ghandour, porte-parole de l’Unicef au bureau régional d’Amman, décrit la détresse des familles prises au milieu des combats et prévoit des conséquences à long terme dramatiques pour les enfants.
Publié le 7 janvier 2009

Les frappes sur la bande de Gaza n’ont rien épargné, pas même les écoles, où de nombreux civils ont été tués, y compris des enfants.

C’est inadmissible. L’UNRWA (Office de secours des Palestiniens) a demandé une commission d’enquête indépendante. Ce que l’on peut répéter en attendant, c’est que le droit international humanitaire exige de préserver des sanctuaires humanitaires, comme les hôpitaux ou les écoles. Les enfants et les familles s’y réfugient parce qu’ils n’ont nulle part où aller. Ces sanctuaires doivent être respectés par tous.

A partir de mercredi 7 janvier, 3 heures, un jour sur deux, de cessez-le-feu ont été décidées pour permettre aux secours de circuler. Est-ce suffisant ?

Evidemment non. Il faudrait déjà pouvoir évaluer les besoins sur le terrain, ce qui est impossible en si peu de temps. Nous ne pouvons pas secourir chaque foyer. Nous distribuons aux hôpitaux, aux écoles et par l’intermédiaire de nos partenaires pour les secours que nous avons prépositionnés. Ils concernent notamment l’eau, un besoin primordial pour les familles : nous avons des kits familiaux capables de venir en aide à 34 000 personnes et 5 citernes qui peuvent approvisionner 1 000 personnes quotidiennement. Les combats ont succédé à un blocus qui a plongé Gaza dans une situation de crise aiguë : coupures d’électricité, pénuries de carburant. La période de décembre-janvier est d’autant plus dramatique que le froid menace les enfants d’hypothermie, et les familles sont obligées d’ouvrir les fenêtres pour éviter les éclats de verre. Celles des hôpitaux ont été soufflées par les explosions.

Quelles seront les conséquences à long terme sur les enfants ?

C’est un choc psychologique terrible. Nous avons de nombreux partenaires chargés de la prise en charge psychosociale des enfants et de leurs familles : ils s’attendent à une multiplication et à une aggravation des cas. A ceci s’ajoute un drame sur le plan scolaire. Les territoires palestiniens avaient les meilleurs indicateurs de la région en matière d’éducation. Il y a maintenant 50% de taux d’échec aux examens de mathématiques et d’arabe, pour citer les deux matières principales. C’est la conséquence à la fois du traumatisme et du manque d’assiduité. Il n’y a plus cours depuis le 27 décembre. Le retour en classe, tout comme le retour à un cadre de vie normal, se fera douloureusement.

Source : http://www.unicef.fr