Sur les pas de Hollande en Israël, les requins de l’industrie d’armements se frottent les mains

Le [ainsi nommé] président français sera « invité d’honneur » à la « Journée de l’Innovation France-Israël » à Tel- Aviv ce mardi. Ubifrance, l’agence de promotion de l’entreprise qui parraine l’événement, s’est arrangée pour que les entrepreneurs français rencontrent des représentants en ventes d’armes de la société Elbit et de Israel Aerospace Industries.

 
Une note d’information préparée par l’agence se félicite des chiffres record d’affaires annuels du secteur aéronautique israélien, de plus de 6 milliards de dollars en 2009 et 2010. Bien que l’agence énumère les drones comme l’un des principaux produits de ce secteur, elle oublie de mentionner qu’ils ont été testés dans des attentats à la bombe contre des enfants dans Gaza.
La note indique également que le secteur de l’aéronautique d’Israël présente de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises. Airbus, la société basée à Toulouse, « a ouvert un trou » dans le ciel israélien en 2009 en vendant des avions à la compagnie aérienne Israi. Jusque-là, trois transporteurs commerciaux d’Israël avaient été fournis exclusivement par le concurrent américain d’Airbus, Boeing.
 
« Succès garanti »
 
Selon la Chambre de Commerce France-Israël, la « journée de l’innovation » sera un « succès garanti. ». IsraelValley, site Web de la chambre de commerce axé sur la technologie, dit « presque certain » que Hollande va discuter de la coopération sur les drones avec Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien .
Dans un récent document de politique sur la « défense », la France s’est engagée à augmenter le nombre de drones dans son arsenal. Alors que le gouvernement français a annoncé son intention d’acheter un lot de drones de l’ américain Reaper en juin , il est toujours prête à faire l’acquisition d’autres types d’ avions de combat sans pilote. Thales dont le siège social est à Paris a déjà collaboré avec le susmentionné Elbit pour fabriquer des drones Watchkeeper, appelés à être utilisés par l’armée britannique en Afghanistan.
 
Pas de problème avec l’humiliation
 
Certes, cette coopération nécessite que l’élite française engloutissent quelques couleuvres. Il y a quelques mois , l’Assemblée nationale française a été informée qu’Israël avait pris pris le pas sur la France comme le quatrième plus grand exportateur d’armes au monde.
Pourtant, cela ne semble pas poser de problèmes à la France d’être humiliée par Israël. En septembre, une diplomate française, Marion Castaing, a été jetée à terre par des soldats israéliens alors qu’elle accompagnait un convoi qui acheminait de l’aide aux Palestiniens en Cisjordanie occupée.
Si les forces d’une nation hostile avaient attaqué un diplomate français de cette façon, vous pouvez être sûr que des mesures de rétorsion auraient été prises par Paris. Dans ce cas, deux journalistes un israéliens et un français, ont prétendu que Castaing avait provoqué les soldats et la diplomate a été rappelée à Paris peu après.
 
« Délicatesse »
 
L’Union européenne est un autre sponsor de la « Journée de l’innovation ». L’UE avait prétendument causé une crise existentielle pour les sionistes quand elle a publié des directives durant l’été en déclarant que les entreprises et institutions actives dans les colonies construites par Israël en Cisjordanie n’étaient pas éligibles pour des subventions de l’Union.
Haaretz, le quotidien israélien, a publié un article cette semaine indiquant que la directive est en voie de disparition. Cela n’est pas surprenant. A peine les directives ont-elles été divulguées que le porte-parole de l’UE a tenté d’en minimiser l’importance en faisant la promesse qu’elles seraient mises en œuvre de manière « délicate » (délicate pour Israël, bien sûr).
Il est prévu que Hollande apparaisse devant le parlement israélien, la Knesset, au cours de son séjour. Attendons-nous à ce qu’il fasse des courbettes devant ses hôtes, tout en célébrant Israël comme un phare pour le monde.
L’élite politique française, après tout, a un passé ignoble quand il s’agit de faciliter les aspirations sionistes. En 1917, Jules Cambon, alors secrétaire général du ministère français des Affaires étrangères, avait assuré l’Organisation Sioniste Mondiale du soutien de la France pour la colonisation de la Palestine. Le gouvernement français « ne peut que ressentir de la sympathie pour votre cause , et son triomphe est lié à celui des alliés [la lutte contre l’Allemagne] », écrivait Cambon.
François Hollande est un Jules Cambon moderne, déterminé à aider les sionistes de façon à ce que ceux-ci continuent de déposséder les Palestiniens autochtones.
 
Traduit par Info-Palestine.eu – Naguib 
Source: dvcronin.blogspot.be