Stress…

Les Occidentaux, les Américains en particulier, passent leur temps à se plaindre que leurs vies sont trop stressantes. Ils tirent la tronche du matin au soir avec leurs problèmes de poids en répétant « Oh ‘tain, quel stress… »

Ils imposent, subissent et recréent perpétuellement le même système qui est la cause de leur stress… et si vous les écoutez d’assez près, vous réaliserez qu’ils ne sont qu’une bande de mioches pourris-gâtés…

Ils sont stressés parce qu’ils ont placé la valeur du travail au-dessus de tout le reste… Ils sont stressés parce qu’ils se compliquent l’existence avec des idioties et bien plus de choses qu’ils ne sont capables d’en gérer… Ils sont stressés parce qu’on leur a mis dans la tête que tout leur était dû et que c’était parfaitement légitime, simplement parce qu’ils sont ce qu’ils sont… Ils sont stressés parce qu’ils produisent et bouffent des produits de merde. Eh bien, mais arrêtez de produire toute cette merde et de la consommer alors ! Ils sont stressés parce qu’en réalité le stress est devenu leur raison d’être, ça donne un sens à leur existence… parce qu’il n’y a rien de consistant dans leurs vies, c’est que du vide…

Ils se précipitent au Yoga ou aux cours de méditation pour « dé-stresser »… Ils sont accros à la gym, où ils se crèvent pour rester en forme et pouvoir espérer être un peu moins stressés. Ils accumulent les relations les plus minables parce que la solitude les stresse… Ils s’achètent vingt mille choses dont ils n’ont pas besoin, parce qu’ils sont stressés… Ils travaillent comme des bourrins pour gagner toujours plus et acheter toujours plus, en pensant que ça les fera stresser moins… Mais ils ne voient rien de tout ça… Une bande de crétins qui chialent sur leur sort, voilà ce qu’ils sont.

Eh bien je vais vous dire, moi, ce que c’est que le stress, le vrai…

Le stress, c’est de rester pendant plus de cinq ans sans eau et sans électricité. Ça c’est stressant ! Le stress, c’est quant vous n’avez plus de boulot parce qu’un pays assoiffé de puissance débarque chez vous, occupe votre pays, l’écrase sous les bombes et vous prive de tout moyen de subsistance. Ça c’est stressant ! Le stress, c’est de courir d’un hôpital à l’autre, d’une prison à l’autre, d’une milice à l’autre à la recherche de celui que vous aimez pour finalement le reconnaître à ses plombages, au fond d’une morgue… Ça oui c’est stressant, c’est vraiment stressant !

Le stress, c’est de plier bagages en vitesse et de décamper vers la frontière la plus proche, pour y recevoir l’ordre de rentrer chez soi, dans une maison bombardée qui n’est plus qu’un tas de pierres… Ouais, ça c’est stressant… Le stress, c’est de voir mourir sous ses yeux toute sa famille et ceux qu’on aime, sans même pouvoir leur payer le moindre médicament pour qu’ils souffrent un peu moins… C’est ça le stress !

Le stress, c’est quand votre petit garçon ou votre petite fille qui vient de naître ressemble à Frankenstein, parce que des Américains stressés qui n’ont rien dans le crâne ont bombardé votre pays avec de l’Uranium appauvri. Le stress, c’est d’errer dehors toute la nuit ou de dormir tout habillée, au cas où… parce que vous ne voulez pas qu’ils vous voient à moitié nue s’ils viennent enfoncer votre porte au milieu de la nuit pour embarquer dans le froid en vous traînant par les cheveux ou par la chemise avec un sac de toile sur la tête. C’est ça le stress !

Le stress, c’est d’être retenu prisonnier dans son propre pays par un américain boutonneux qui n’a même pas le certificat d’études, et que ce type là vous viole, vous sodomise et vous torture et vous traite de putain d’Irakienne dans votre propre pays… C’est ça le stress !

Layla Anwar… Qui je suis ? L’éternelle question… C’est pas encore assez clair ? Qu’est ce que vous avez besoin de savoir sur moi, à part que je suis du Proche-Orient, que je suis Arabe, que j’ai la quarantaine et que je suis assez âgée pour savoir de quoi je parle ? Je n’ai même plus de patrie. Je vis à la fois en Irak, au Liban, en Palestine, en Jordanie, en Syrie, en Egypte… Tout le reste, c’est du superflu.

14/01/08

Traduit de l’anglais par Dominique Arias