Quand Israël préparait des attentats anti-britanniques et anti-US…

Un scandale retentissant éclate en juillet 1954, quand le gouvernement égyptien annonce le démantèlement d¹un réseau au sein de la jeunesse juive locale. Ses membres ont avoué avoir été recrutés par Israël, dans le but de commettre des attentats contre des cibles britanniques et américaines, afin d¹augmenter les tensions entre ces deux puissances et le nouveau régime du colonel Nasser.

18-03-2008

« Lorsque l¹antisémitisme est absent, créez-le ! Et s¹il sommeille, réveillez-le ». Le mouvement sioniste a toujours fait sienne une telle maxime, à lacondition de ne pas laisser de traces de ses agissements.

Un scandale retentissant éclate en juillet 1954, quand le gouvernement égyptien annonce le démantèlement d¹un réseau au sein de la jeunesse juive locale. Ses membres ont avoué avoir été recrutés par Israël, dans le but de commettre des attentats contre des cibles britanniques et américaines, afin d¹augmenter les tensions entre ces deux puissances et le nouveau régime du colonel Nasser.

L¹affaire est parfaitement exacte, et le gouvernement israélien se retrouve dans l¹incapacité de la démentir. Aussi David Ben Gourion choisit-il de parler de bavure, imputable à un politicien irresponsable, le ministre Pinhas Lavon, dont la carrière s¹arrêtera là. A ceci près que l¹affaire Lavon n¹est pas une bavure, mais l¹illustration d¹une politique constante.

Recruter des espions ou des agents provocateurs, au sein des minorités juives, au risque de faire apparaître ces dernières comme les éléments d¹une cinquième colonne dans leurs pays d¹origine a souvent été un choix délibéré de la part des dirigeants sionistes, en Irak, en Egypte avec l¹affaire Lavon, et bientôt en Algérie, où l¹ordre sera donné aux sections sionistes locales de prendre le parti du colonisateur français, contre la lutte d¹indépendance du peuple algérien, à laquelle les Algériens juifs auraient pourtant pu majoritairement se joindre.

L¹affaire Lavon illustre aussi l¹offre de services, très précoce, des dirigeants sionistes aux grandes puissances impérialistes, pour les convaincre qu¹Israël, et lui seul de préférence, était capable de défendre leurs intérêts stratégiques, dans la région voire au-delà. Dès 1952, le Premier ministre Ben Gourion n¹a pas hésité à proposer publiquement l¹envoi de troupes israéliennes, pour aller combattre les communistes, aux côtés des Etats- Unis en Corée du Nord ! Dans les années 1960, le chef militaire Moshe Dayan fera une tournée de soutien remarquée à l¹armée américaine au Vietnam.

Pour l¹anecdote, enfin : la recherche historiographique récente a montré que l¹affaire Lavon avait aussi été un formidable ratage technique de la part du légendaire Mossad. Il s¹est avéré que l¹agent des géniaux services secrets israéliens chargé par Lavon de recruter les saboteurs avait, malheureusement pour lui, été démasqué, très en amont de l¹action, par la police égyptienne. Cette dernière put alors organiser un attentat-bidon, sans victimes, avant de démanteler le réseau.

* Chronique : "Israël : 60 ans de mystifications – 22 000 jours de résistance palestinienne"