Pour ceux qui pensent encore que nos Etats dits « démocratiques » exercent une Justice équitable dans les affaires du monde

Tous ceux qui s’informent correctement sur la véritable situation qu’endurent les Palestiniens sentaient que des choses graves se préparaient. Particulièrement, dans le désormais Camp d’extermination de Gaza…

Après le sommet du vaudeville d’Annapolis, après l’argent récolté pour la Palestine au cirque de l’Elysée, et plus récemment lors de la visite du voyou texan dans la région où il a fallu supporter les images habituelles des gesticulations et grimaces des responsables de tous bords – ces éminences complices – l’on peut aujourd’hui mieux apprécier les prémices de dialogue qu’entend mener le gouvernement israélien pour la création de l’Etat palestinien… et surtout mieux comprendre les réserves qu’émettait le cabinet d’Ehud Olmert quant à la possibilité de voir éclore l’Etat palestinien à la fin de cette année…

Le ministre de la Défense, Ehud Barak n’a pu se retenir plus longtemps et a fini par laisser libre cours à ce qui le démangeait depuis plusieurs semaines déjà… Il n’était plus un secret que ce dernier piaffait d’impatience pour infliger aux Palestiniens la leçon qu’ils méritent pour leurs tirs de roquettes Qassam sur Sdérot et maintenant sur Ashkelon…

L’Etat major israélien sait pertinemment que la résistance de Gaza ne pourra prétendre à la même déroute de Tsahal que lors de la guerre menée au Liban en juillet 2006… et qu’une revanche est donc possible dans ce lambeau de terre désolée. Il n’y avait dès lors aucune raison de se retenir dans les moyens déployés pour infliger des souffrances collectives à ces populations rebelles ! Vieillards, malades, femmes, enfants et nourrissons compris… toute chair est bonne à prendre pour les feux de Tsahal. Dans la foulée, cela permet au ministre de la Défense – celui-là même qui lors de l’opération Remparts d’avril 2002 encourageait A. Sharon de frapper encore plus loin et encore plus fort – d’étaler sa criminelle détermination. Et donc, peu importe que pour chaque roquette artisanale qui ne fait que bien peu de victimes, l’armée israélienne se « lâche » d’une manière totalement disproportionnée sur des quartiers densément peuplés de Gaza. Depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000, le gouvernement israélien a eu tout le loisir d’apprendre que nos hypocrites Etats ne bougeront pas… et que demain, après les réserves d’usage émises par une diplomatie fangeuse, ces mêmes éminences se retrouveront à se taper sur l’épaule, signer des contrats, et même s’embrasser pour certains…

Voir les Israéliens paniqués et fuir comme des fourmis au son des sirènes d’alerte aura au moins comme avantage d’avoir montré ce que les Palestiniens endurent depuis des décennies sans que la Communauté internationale ne se soit jamais inquiétée de cet état de faits. Mais, faut-il préciser que ceux-là ne sont que des populations arabes…

Pour ceux qui refusent de voir la réalité telle qu’elle éclate pourtant sous leurs yeux; pour ceux qui refusent de la qualifier des noms divers qu’elle revêt; pour ceux qui s’obstinent à excuser l’Etat israélien en justifiant son droit à se défendre quand depuis toujours il est l’occupant; pour ceux qui considèrent que derrière chaque Palestinien se cache un terroriste quand il s’agit de résistants en lutte contre une armée suréquipée; pour ceux qui pensent encore que nos Etats dits « démocratiques » exercent une Justice équitable dans les affaires du monde; pour tous ceux-là et pour les autres aussi, il est temps de se lever pour dénoncer ce qui s’avère bien être une nouvelle fois un Crime de guerre et un Crime contre l’humanité qu’il conviendra de juger. En attendant quoi, chacun d’entre nous se doit de boycotter par tous les moyens possibles cet Etat assassin qui ne se bâtit que sur le sang d’innocents.

Daniel Vanhove –

Observateur civil

02.03.08