Obama: après 100 jours, bilan critique

Aujourd’hui, cent jours se sont écoulés depuis l’accession d’Obama à la présidence. Considéré comme le gouvernement le plus populaire depuis celui de Ronald Reagan (1981-1989), Amnesty International a jugé cette période initiale de l’administration Obama ainsi : “des promesses de changement avec des actions limitées”. Le 29 avril 2009 Cette organisation vient de publier, aujourd’hui, un rapport dans lequel elle juge l’action du gouvernement dans le domaine des emprisonnements effectués dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le rapport aborde les changements positifs opérés dans la politique de lutte contre le terrorisme, mais il cite un certain nombre de points qui justifient encore des inquiétudes. En outre, le document suggère quelques mesures que le  gouvernement des Etats-Unis doit prendre dans les prochains jours, mois et années. Parmi les points positifs relevés on note les déclarations faites moins de 48 heures après l’entrée en fonctions en vue de fermer Guantanamo dans un délai d’un an, de mettre fin aux prisons secrètes de la CIA et d’en finir avec le culte du secret qui caractérisait l’administration Bush. Cependant Amnesty critique le fait que la Base Aérienne de Bagram, en Afghanistan, continue à servir de lieu de détention pour des centaines de personnes et qu’aucune solution ne soit en vue. Plus de 500 hommes sont toujours détenus sans chef d’accusation ni procès ni révision judiciaire de leur détention dans cette base aérienne. Depuis qu’Obama assume la présidence, un seul prisonnier de Guantanamo a retrouvé la liberté ; environ 240 personnes sont toujours enfermées dans cette prison et aucun détenu n’a été formellement accusé par le nouveau gouvernement. Selon ce rapport, les familles d’au moins 36 personnes sont toujours sans aucune nouvelle de leurs parents prisonniers qui peuvent avoir été arrêtés en vertu du programme de détention secrète appliqué par les Etats-Unis. La Aids Healthcare Foundation a également adressé des critiques au gouvernement d’Obama à cause de son silence en ce qui concerne la lutte contre le Sida: “Au cours des 28 années de l’histoire du Sida, l’action ou l’inaction de la présidence des Etats-Unis s’est traduite par la différence entre la vie et la mort pour des millions de personnes. La prise en compte de ce problème par Obama est essentielle pour changer le cours de l’épidémie du VIH/Sida – une maladie qui continue  à provoquer des effets dévastateurs dans la population des États-Unis et du monde”. Interviewé par Adital, Robert Rabin, coordinateur du Comité Pour la Réhabilitation et le Développement de Vieques a affirmé que même durant sa campagne électorale le président Obama ne s’est pas engagé à résoudre le grave problème de la pollution militaire, “conséquence d’un demi siècle de bombardements, ici, par la marine de guerre des Etats-Unis”, ni celui de la crise sanitaire à laquelle doit faire face le peuple de Vieques.”Notre communauté exige des dédommagements en raison des décennies de dommages causés à nos propriétés et à notre santé. Mais jusqu’à ce jour, rien », souligne-t-il. En rappelant les horreurs de la guerre qu’ont vécues les habitants de Vieques, Rabin presse Obama d’en finir avec les guerres. “En attendant, il augmente le budget militaire et il prévoit d’élever le niveau de violence militaire en Afghanistan. Nous sommes déçus”. Le coordinateur général de la Coordination Andine des Organisations Indigènes (CAOI), Miguel Palacín, déclare que l’espoir subsiste encore de voir le nouveau président réaliser de vrais changements politiques : “Cependant, sa conduite lors de la réunion du G-20 où ils ont décidé de sauver les banques et leurs actionnaires alors que la crise ce n’est pas eux qui en souffrent provoque du découragementEt nous savons que la défense des Droits de l’Homme ne passe pas seulement par la levée du blocus de Cuba et l’arrêt des guerres en Irak et en Afghanistan”. “En tant que peuples indigènes, nous voulons la paix dans le monde. Et le premier signe de l’Administration Obama dans cette direction ce serait d’adhérer à la Déclaration sur les Droits des Peuples Indigènes des Nations Unies et de supprimer les bases militaires des États-Unis en Amérique latine”, conclut Palacín. Traduit de l’espagnol par Manuel Colinas pour InvestigAction. Source: Adital Image: Beine Heine