Lettre à Obama

Monsieur le Président Obama       
The White House
1600 Pennsylvania Avenue N.W.
Washington DC 20500

Le quatorze octobre 2009

 

Monsieur le Président Obama, 

 

Permettez-moi avant tout, de vous féliciter pour le prix Nobel de la Paix qui vient de vous être attribué.

Ce n’est pas un hasard si vous avez été choisi.

Attribuer ce prix au tout nouveau Président des Etats-Unis que vous êtes prouve à quel point est grande l’aspiration dans le monde à voir une politique de votre pays enfin basée sur d’autres valeurs que des rapports  de dominant à dominés, n’engendrant que guerres, misères et injustices.

Vos déclarations de principe ont montré que vous avez la volonté d’engager votre pays dans une nouvelle direction, et ce prix Nobel concrétise l’espoir de vous voir les mettre en application.

Je voudrais vous parler de vos relations avec Cuba.

La guerre d’indépendance de Cuba confisquée par les Etats-Unis n’est pas bien éloignée dans le temps, elle remonte à peine à un peu plus d’un siècle. Depuis, la politique de votre pays a peu changé à l égard de ce petit pays. Dans le mémorandum que  le sous-secrétaire à la guerre Breckenridge écrivait à propos de Cuba au lieutenant général Nelson A.Miles le 24 décembre 1897 on pouvait lire :

 

« Il convient d’assainir ce pays, même si ce doit être à la manière qui fut celle de la Divine Providence dans les villes de Sodome et Gomorrhe.

Il faudra détruire par le fer et le feu tout ce qui est à portée de nos canons, renforcer le blocus pour que la faim et la peste, son éternelle compagne, déciment sa population pacifique et réduisent son armée ».

Ces propos sont d’ une sinistre actualité, comme on peut en juger en voyant ce qu’écrivait le sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines Lester D.Mallory à son secrétaire d’ Etat Roy R. Rubottom le 6 avril 1960 dans un mémorandum lui aussi:

« La majorité des Cubains soutiennent Castro, il n’y a pas d’opposition politique efficace…Tous les moyens doivent être entrepris rapidement  pour affaiblir la vie économique de Cuba…Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement ».

Le blocus continue, au mépris de la volonté d’une grande majorité de nations ! Cuba n’a que trop souffert de la politique agressive des Etats-Unis, tout au long de son histoire et particulièrement depuis la révolution castriste. Les Etats-Unis n’ont jamais accepté les choix de société des Cubains, qui pourtant ne concernent qu’eux. Les actes de terrorisme fomentés depuis les Etats-Unis se sont multipliés depuis l’avènement de cette révolution. Malgré la violence déchainée contre Cuba et la monstruosité des actes commis, les mafieux de la société cubano-américaine responsables de ces crimes ont toujours été protégés voire encouragés par les différents gouvernements de votre pays.

Les cinq Cubains Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero, Ramon Labañino et René Gonzalez qui ont défendu leur pays contre les attentats en infiltrant ces groupes terroristes sont toujours, eux, emprisonnés dans votre pays.

La mascarade de procès qui s’éternise d’appel en appel depuis tant d’années est insupportable d’iniquité, d’injustice.

Vous le savez, Monsieur le Président, une normalisation des relations entre vos deux pays passe par la libération de ces cinq Cubains, c’est incontournable.

Il est grand temps que ces hommes qui ont lutté contre le terrorisme soient enfin libérés, ils ont déjà passé beaucoup trop de temps dans vos prisons, et dans des conditions particulièrement inhumaines.

Vous avez le pouvoir, Monsieur le Président, de gracier ces hommes. Ce geste fort de votre part est très attendu, nous l’espérons proche. Ce serait un très bel hommage rendu à l’attribution de votre Nobel de la Paix.

Espérant que vous ferez un tel geste sans plus tarder, croyez, Monsieur le Président, à mes sentiments humanistes les plus sincères.

 

                                                                                                    Jacqueline Roussie

 

Source: envoyé par l’auteur