Les putschistes du Honduras diffusent des bruits d’animaux

Dans son intervention, devant l’Organisation des Etats Américains (OEA), Roy Chaderton, l’ambassadeur vénézuélien, a anticipé deux possibilités réelles : d’une part que la situation au Honduras sombre dans la violence et d’autre part que la responsabilité soit imputée à la Résistance, née en réaction à l’intolérance et à l’entêtement des putschistes ainsi qu’aux agressions que ceux-ci commettent en permanence contre le peuple.

L’ambassadeur a critiqué la ligne officielle suivie par l’organisation, qui préconise « mesure et calme ». Au Honduras, les putschistes ne vont évidemment pas lâcher prise, hautains et soutenus comme ils sont par l’extrême droite mondiale et de manière sournoise, par des secteurs décisifs du gouvernement des Etats-Unis. Les tortures infligées par le régime de facto aux occupants de l’ambassade du Brésil – que Ruy Casaes, l’ambassadeur de ce pays, a dénoncées devant l’OEA – illustrent le niveau de violence que peuvent atteindre les gorilles honduriens (avec mes excuses aux animaux qui portent le même nom).

Monsieur Casaes a affirmé que le siège diplomatique se trouve encerclé par des forces policières et militaires. Pendant la nuit, les putschistes allument de puissants projecteurs et diffusent divers bruits, dont des bruits d’animaux, pour empêcher les occupants de l’ambassade de dormir. Dernièrement, on a entendu aux alentours de l’ambassade des marches militaires à plein volume ainsi qu’une musique intitulée « La Golondrina », (l’hirondelle, NDLT), un oiseau qui symbolise la mort. Les 40 personnes confinées dans l’ambassade reçoivent de la nourriture en quantité limitée, qui doit être contrôlée et flairée par des chiens. Il est arrivé que les aliments restent exposés plusieurs heures au soleil avant d’être livrés en état de putréfaction, ce qui a provoqué des problèmes gastriques généralisés, a affirmé Monsieur Casaes.

Face à la situation d’isolement international, le gouvernement de fait s’efforce de dévier l’attention en participant à la campagne de discrédit menée contre Hugo Chávez et la révolution bolivarienne, qui prennent le pas sur les forces obscures de l’humanité. Le gouvernement illicite de Roberto Micheletti a annoncé aujourd’hui qu’il se plaindra de la venue « fréquente » au Honduras d’avions affichant le drapeau du Venezuela, qu’il suppose transporter de la drogue quand bien même aucune saisie pouvant étayer cette hypothèse n’a été signalée. Parallèlement, au sénat espagnol, les forces politiques de droite ont prié instamment le gouvernement de José Luís Rodríguez Zapatero d’intercéder auprès des autorités vénézuéliennes pour que « soient respectés les droits fondamentaux des opposants » dans les procès pénaux qui se tiennent au Venezuela. Les sénateurs du PSOE rejettent cette demande.  

On voit bien que les putschistes honduriens font partie de la meute de fascistes qui tente d’organiser une contre-offensive combinée pour miner l’élan des mouvements nationalistes, populaires et révolutionnaires dans le monde : le ciel lourd annonce une tempête (1). ?

Elections au Venezuela

En même temps, au Venezuela, l’opposition reste empêtrée dans ses contradictions, alors qu’approche inexorablement l’année décisive 2010, année des élections parlementaires. Est entré en lice, par exemple, le dinosaure Eduardo Fernández, du parti Copei (2), lequel déclare aux partis qui appliquent la méthode du consensus au premier tour : “Soit on consulte le petit groupe des partis, soit on consulte ouvertement l’opinion. Le problème avec le consensus, c’est qui le décrète.”
La dispute – nous l’avons décrite hier – est la suivante : les petits partis préfèrent les primaires, pour voir s’ils peuvent placer leurs pions grâce au vote généralisé de l’opposition. Les grands partis, eux, qui disposent d’appareils au niveau national, comme l’AD (Acción Democrática) et l’UNT (Un Nuevo Tiempo), ne sont en réalité pas si enthousiasmés par l’unité: avec leurs appareils, ils garantissent une présence modeste mais sûre de leurs propres cadres à l’Assemblée nationale et n’ont pas l’intention de se sacrifier pour les autres. Dans cette dispute, la mesquinerie et les calculs politiques atteignent des sommets.

Le thème de l’énergie électrique

Hier soir, sur la chaîne ANTV, nous avons consacré quelques minutes au gaspillage, que nous avons dénoncé comme étant l’une des causes de la situation en matière d’énergie électrique. Considérant que l’Etat devrait donner l’exemple, nous avons montré de quelle manière il gaspille l’électricité dans les ministères, les institutions et les entreprises publiques, et avons préconisé une action musclée de la part de notre gouvernement.
Quelle n’a pas été notre satisfaction en apprenant qu’au même moment, alors que nous enregistrions le programme, le président Chávez abordait justement le sujet au Conseil des Ministres. Non seulement il a annoncé la création d’un Ministère de l’énergie électrique, mais il a également mentionné un décret qui répond à nos attentes:
« Les ministères et les organes de l’Etat devront mettre en œuvre un plan d’utilisation et d’économie de l’énergie pour réduire la consommation d’au moins 20% en général et de 50% à Miraflores (3) ». Il a souligné que ces mesures s’appliqueront à tout le territoire national et que ceux qui ne les observeraient pas se verraient sanctionnés. Voilà comment on gouverne !

(1) En espagnol: El cielo encapotado anuncia tempestad, allusion à l’hymne de la Fédération (1859) (NDLT)

(2) Comité de Organización Política Electoral Independiente : parti de centre droit de tendance idéologique démocrate-chrétienne (NDLT)

(3) Siège du gouvernement (NDLT)
 

Source: Sur y Sur