Les paramilitaires au cœur du terrorisme d’Etat colombien

Tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, certains médias et intellectuels notoires ont servi le discours de l’establishment, répétant que le mouvement paramilitaire constitue un « troisième acteur » dans le conflit, un « électron libre » qui ne peut être contrôlé, même par l’Etat, affaibli, impuissant et victime des « violents » au même titre que la population. Dans cet article paru en 2003, Hernando Calvo Ospina nous explique que cette interprétation est un leurre et comment les paramilitaires jouent un rôle-clé dans la répression politique de la dictature colombienne.

 

Pour mettre en échec les organisations d’opposition armée qui s’opposent à lui depuis plus de trente-cinq ans, l’Etat colombien a, de tout temps, employé une stratégie : détruire ou neutraliser le tissu social qui les soutient de façon réelle, potentielle ou présumée. Véritable terrorisme d’Etat, la « sale guerre » qu’il mène repose sur deux piliers fondamentaux : « Les opérations cachées ou clandestines des forces militaires et la mise en place de groupes paramilitaires. Ces derniers sont le centre névralgique de la contre-insurrection menée par l’Etat et, en particulier, par ses forces militaires (1). »

 

Tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, certains médias et intellectuels notoires ont servi le discours de l’establishment, répétant que le mouvement paramilitaire constitue un « troisième acteur » dans le conflit, un « électron libre » qui ne peut être contrôlé, même par l’Etat, affaibli, impuissant et victime des « violents » au même titre que la population. Le discours officiel affirme également que ce mouvement est le fruit d’une relation entre narcotrafiquants, militaires dévoyés, propriétaires fonciers et paysans organisés contre les abus de la guérilla – les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de libération nationale (ELN) essentiellement.

 

Très connu pour ses positions de défense des droits humains, le jésuite Javier Giraldo ne partage pas cette vision : « Une perspective historique nous interdit de définir le mouvement paramilitaire comme un "troisième acteur" dans le conflit, déclarait-il lors d’une conférence publique donnée à Chicago le 17 mars 2001. Ce n’est pas un troisième acteur. C’est le bras clandestin et illégal de l’Etat et il existe depuis plusieurs décennies. Cette même perspective historique nous empêche de considérer l’Etat colombien comme un "Etat de droit". »

 

Après le triomphe de la révolution cubaine, en 1959, les Etats-Unis ont conçu la doctrine de sécurité nationale et légitimé les forces armées dans le rôle de garant des institutions et leur a donné pour tâche essentielle – sinon unique – de lutter contre l’« ennemi intérieur ». Ainsi, et en dépit des particularismes nationaux, l’axe de la sécurité repose-t-il dès lors sur la contre-insurrection. « La destruction de l’"ennemi interne" devient l’objectif, voire la finalité suprême de l’Etat (2). » En Colombie, l’un des premiers manuels traitant de la contre-insurrection définit l’« ennemi intérieur » de manière aussi simple que dangereuse : « Tout individu qui, d’une manière ou d’une autre, favorise les intentions de l’ennemi doit être considéré comme traître et traité comme tel (3). »

 

En 1965, lorsque apparurent les premiers groupes insurgés, le gouvernement émit un décret visant à « organiser la défense nationale » (décret 3398/1965). Un paragraphe autorisa le ministère de la guerre à « armer des groupes de civils avec un matériel habituellement réservé aux forces armées ». Le mouvement paramilitaire bénéficiait ainsi d’un soutien juridique. En 1968, le décret se transforma en législation permanente (loi 48) jusqu’à 1989, année au cours de laquelle la Cour suprême la déclara inconstitutionnelle.

 

En 1969, un règlement de l’armée avait ordonné « l’organisation militaire de la population civile dans le but de soutenir les opérations de combat (…) sous contrôle direct des unités militaires (4) ». En 1976, la revue des forces armées (n° 83) affirmait que, « si une guerre circonscrite et non conventionnelle entraîne trop de risques, les techniques paramilitaires sont une force sûre, utile et nécessaire aux objectifs politiques ». Sous des sigles aussi fantomatiques que l’Alliance anticommuniste américaine (triple A), des groupes commencèrent à menacer, à assassiner et à faire disparaître les opposants et autres détracteurs du système. Organisés en haut lieu, ces groupes étaient en fait des structures spéciales du service de renseignement militaire.

 

Au début des années 1980, les FARC et le gouvernement de M. Belisario Betancur s’accordèrent pour négocier une solution au conflit. Les FARC participèrent à la création d’un parti politique, l’Union patriotique (UP), destiné à prendre sa place dans la vie institutionnelle et démocratique. Immédiatement, la « sale guerre » redoubla contre les dirigeants populaires, syndicaux et paysans. « Les efforts pour chercher une solution non violente ou politique au conflit interne ont été perçus par le haut commandement militaire comme des avancées de la "guérilla communiste" vers le pouvoir (5). » Comme les enquêtes officielles l’ont amplement démontré, le haut commandement impliqua des caciques du Parti libéral et du Parti conservateur, des propriétaires fonciers et les chefs de mafia dans le développement de structures paramilitaires criminelles. De plus, l’armée produisit un autre « règlement de combat antiguérilla » (EJC 3-10, Réservé, 1987) divisant les forces subversives en deux camps : « la population civile insurgée et le groupe armé ». Par conséquent, « la population civile est l’un des objectifs fondamentaux des unités de l’armée ».

 

A elle seule, l’Union patriotique a vu assassiner trois mille de ses militants et sympathisants, parmi lesquels deux candidats à la présidence (MM. Jaime Pardo Leal et Bernardo Jaramillo), presque tous ses maires, édiles et parlementaires. Pour ce « génocide politique », une plainte a été déposée devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des Etats américains (OEA) contre l’Etat colombien.

 

Au total, au milieu des années 1990, le terrorisme d’Etat a fait disparaître quelque 25000 personnalités progressistes et membres de la gauche. Ironiquement, tandis que l’opposition légale se faisait massacrer, les mouvements d’opposition armée se sont fortifiés.

 

Principaux exportateurs de cocaïne Dans son rapport de 1996, l’organisation américaine Human Rights Watch démontre que la CIA et le Pentagone ont contribué à la réorganisation « des systèmes de renseignement pour aboutir à la création de réseaux de surveillance identifiant et assassinant les civils suspectés d’aider les guérillas (6) ». En 1994, le gouvernement de M.Cesar Gaviria avait mis en place (décret 3567 du 11 février) des associations communautaires de sécurité rurale, les « Convivir », supposées aider la force publique à prévoir les activités des groupes insurgés, grâce à un réseau d’informateurs. La réalité a démontré que les Convivir ont permis de légaliser les réseaux de tueurs à gages au service des narcotrafiquants et des propriétaires fonciers tout en ayant pour objectif principal d’utiliser la population civile comme cache-sexe du mouvement paramilitaire.

 

Confronté aux pressions internationales, le gouvernement de M. Samper a créé, en décembre 1997, une unité spéciale chargée de capturer les chefs des actuelles Autodéfenses unies de Colombie (AUC) – nouvelle appellation des paramilitaires. Un an plus tard, les résultats brillaient par leur absence. Le jésuite Javier Giraldo raconte que « les groupes de recherche ont non seulement appris à arriver sur les lieux des crimes quand ceux-ci étaient déjà consommés et les criminels en lieu sûr, mais également à désigner des délinquants comme paramilitaires ».

 

Le 7 janvier 1999, le président Andrés Pastrana accepta de dialoguer avec les FARC, la guérilla la plus puissante militairement, tout comme il prétendit le faire, par d’autres canaux, avec l’ELN. Comme cela avait été le cas pendant l’administration Betancur, la violence paramilitaire s’accrut : tandis qu’en 1999 on enregistrait 168 massacres (assassinat de trois personnes ou plus), leur nombre atteignait 236 en 2000. Le nombre de morts s’éleva à 1226, soit 297 de plus qu’en 1999.

 

Les statistiques montrent indiscutablement que la diminution des cas de violations des droits de la personne dues aux militaires est allée de pair avec l’augmentation des crimes imputables aux AUC. L’explication de cet « étrange » constat a été donnée par le défenseur du peuple (7) : « Il s’agit d’une nouvelle forme de répression illégale et sans limites que certains analystes ont finement nommée la violence par délégation (8). »

 

Un autre « détail » n’a pas non plus bénéficié de l’attention nécessaire : les faibles confrontations entre l’armée et les principaux assassins de la population civile, les paramilitaires, à qui sont imputés au minimum 70 % des victimes du conflit. Les AUC compteraient environ 11000 membres dispersés sur tout le territoire national, principalement dans des zones stratégiques visées par d’importants projets économiques. D’après le chef paramilitaire Carlos Castaño, « les pressions de la communauté internationale peuvent influencer le haut commandement, mais, sur le terrain, personne ne pourra jamais diviser des frères unis contre un même ennemi. Je n’ai pas à craindre l’armée parce qu’elle ne peut rien me faire (9) ». Le rapport de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, présenté en 2001, confirme : « Le bureau a été témoin de déclarations des autorités de l’armée indiquant que le mouvement paramilitaire n’attente pas à l’ordre constitutionnel et que, par conséquent, l’armée n’a pas à le combattre (…). En revanche, les militaires mènent des opérations d’envergure contre les guérillas, dans lesquelles ils déploient des ressources humaines et logistiques énormes (…). Généralement, l’attaque contre les groupes paramilitaires ne fait l’objet que de faibles escarmouches, réquisitions ou détentions individuelles et sporadiques. »

 

Outre qu’il reconnaît avoir bénéficié des services d’instructeurs des armées israélienne et colombienne, M.Castaño admet entretenir des relations amicales avec le haut clergé catholique et une bonne partie des dirigeants politiques. Il ajoute que « les Américains ont toléré » l’organisation criminelle (tardivement reconnue par eux comme « terroriste », le 10 septembre 2001). Il admet aussi sans réserve le fait que les AUC sont financées par le trafic de drogue, pire, qu’elles le dirigent (10). Rien de cela n’a empêché M. Castaño d’avoir des relations « amicales » avec la Drug Enforcement Administration (DEA – service américain de lutte contre le narcotrafic) et la CIA, et de participer directement, en lien avec le groupe de recherche de la police colombienne (bloque de búsqueda), lui-même aidé par la CIA et la DEA, à la traque d’autres narcotrafiquants, comme celle qui se termina par la mort de Pablo Escobar en 1993.

 

En septembre 1997, l’Observatoire géopolitique des drogues de Paris informait que la majorité de la cocaïne arrivant dans les ports espagnols, belges et hollandais provenait des zones côtières colombiennes contrôlées par les AUC. Comme en témoigne un sénateur, on insiste peu sur le fait pourtant avéré que les AUC sont « un nouveau cartel mafieux et militarisé (…) principal exportateur de cocaïne du monde (11) ».

 

Soutien actif de Washington Se cantonnant à la répression des guérillas et des paysans producteurs de coca, le plan Colombie, appuyé par Washington, a pour but avoué d’en terminer avec le trafic de drogues. Il n’a mis en œuvre aucune mesure contre les paramilitaires. Comme à l’accoutumée, le gouvernement américain s’est longtemps contenté de discours, sans imposer d’exigences particulières à son homologue colombien (12). Devant cet état de fait, le jésuite Giraldo pouvait déclarer : « La stratégie militaire et répressive qui, dans le cadre du plan, est mise en place contre le trafic de drogues est pure fiction. Elle ne sert qu’à déguiser l’implication militaire des Etats-Unis dans le conflit politique colombien. »

 

Dans la stratégie contre-insurrectionnelle, le mouvement paramilitaire continue de jouer un rôle crucial contre l’« ennemi intérieur ». Au début 2001, dans un reportage exhaustif du Boston Globe effectué dans le Putumayo (une des régions concernées par le plan Colombie, où se manifeste une importante présence rebelle), le journaliste Karl Penahaul observait qu’une sentinelle paramilitaire « fouillait dans un paquet de rations C de l’armée américaine, y cherchant des chewing-gums et autres sucreries. L’homme ignorait nos questions concernant l’origine des approvisionnements, envoyés aux trois unités antinarcotiques de l’armée colombienne formées par les conseillers des forces spéciales américaines et cantonnées très près du lieu de l’entrevue ».

 

Elu avec 53 % des voix (et 52 % d’abstention) en août 2002, M.Alvaro Uribe Vélez a accédé à la présidence. Propriétaire foncier, il a été le plus important promoteur des Convivir, particulièrement dans le département dont il a été gouverneur, l’Antioquia. Le chef des AUC dit de lui : « C’est l’homme le plus proche de notre philosophie (13). » Les médias nationaux et internationaux ont fréquemment évoqué ses liens passés avec le cartel de Medellín et les groupes paramilitaires.

 

Mystérieusement, personne ne s’est préoccupé de ces liens, et on a même fait l’éloge de la décision de guerre totale qu’il a prise contre les organisations insurgées. Comme le confie le chercheur et défenseur de droits humains Diego Pérez Guzmán, l’objectif du président est de « récupérer la confiance de l’investisseur étranger ; peu importe le prix que doit payer la population civile non combattante. Son objectif central, sans que cela soit aussi crûment exprimé, est la paramilitarisation totale de l’Etat et de la société ». Dans le cadre de la politique de « sécurité démocratique » du président Uribe, un million de Colombiens doivent être recrutés comme informateurs (selon le principe des Convivir) ; 25000 paysans recevront une instruction militaire avant d’être restitués à leurs communautés pour y devenir des « miliciens-paysans » – ce qui rappelle les funestes patrouilles d’autodéfense civile (PAC) au Guatemala. Des fronts locaux de sécurité ont également été formés dans les quartiers et les commerces.

 

En outre, un plan de concertation lie les transporteurs et les chauffeurs de taxi à la sécurité des villes et des routes, tandis que les agences de sécurité privées se voient obligées de livrer leurs informations et de rendre les services exigés par les forces armées. Aucun citoyen ne peut se déclarer neutre, sous peine d’être désigné comme collaborateur de la rébellion. Les rares institutions d’Etat qui n’étaient pas encore impliquées dans la stratégie contre-insurrectionnelle ont été enrôlées dans la « guerre intégrale », y compris le ministère public général de la nation. Quinze fonctionnaires en ont été écartés en une année. Ils effectuaient des recherches sur les chefs paramilitaires et les membres du haut commandement des forces armées impliqués dans de graves violations des droits de la personne. Par ailleurs, deux zones de réhabilitation et de consolidation, désormais non régies par les droits contenus dans la Constitution, ont été instaurées dans les départements de Sucre, du Bolivar et de l’Arauca. Le pouvoir militaire direct y remplace le gouvernement local.

 

Alors que les négociations avec les FARC et l’ELN demeurent au point mort, le gouvernement Uribe a ouvert les bras aux paramilitaires. Avec la bénédiction de Washington, et après un mois de rencontres préalables entre le haut-commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, cinq évêques et les chefs paramilitaires, des négociations ont été annoncées le 27 novembre, et un cessez-le-feu est entré en vigueur le 1er décembre 2002. Même la contra nicaraguayenne n’a pas été traitée avec autant de bienveillance. Depuis, le gouvernement a mis en place une « commission exploratoire », et le cessez-le-feu est d’autant plus facilement respecté que jamais l’armée, qui comporte cinq divisions, n’a réellement affronté la « sixième division », comme on appelle souvent les paramilitaires (14).

 

En réalité, un cheminement logique a amené à assigner un nouveau rôle à ce mouvement. Du fait de leur implication dans le narcotrafic, des multiples dénonciations internationales dont ils ont été l’objet et de la nouvelle donne de l’après-11 septembre 2001, tout entière dressée contre le « terrorisme », la présence visible des paramilitaires offre désormais moins d’avantages que d’inconvénients. Les négociations, un accord (et une éventuelle amnistie) devraient permettre de les réintégrer discrètement dans les appareils légaux de l’Etat (informateurs, miliciens-paysans, etc.), où ils pourront continuer le même travail en sous-main.

 

Pour autant, rien ne permet l’octroi d’un statut politique aux paramilitaires. Selon les concepts internationaux et la Constitution colombienne elle-même, ce statut ne peut être attribué qu’à ceux qui luttent contre un Etat qui opprime la population socialement, économiquement et politiquement – cadre dans lequel s’insèrent les guérillas. Les paramilitaires, eux, déclarent faire partie intégrante d’une stratégie contre-insurrectionnelle et lutter (comme « organisation parallèle », disent leurs chefs), pour la défense des institutions de l’Etat.

 

En laissant leurs crimes impunis, l’Etat colombien élude « son devoir de faire des recherches et de sanctionner, mais envoie également un signal erroné à ceux qui commettent des atrocités ; non seulement il les pardonne, mais il les légitime comme acteurs politiques (15) ». Pourtant, le gouvernement du président Uribe Vélez maintient ses décisions, comptant sur le soutien des forces armées, des puissants groupes économiques et des médias, qui l’ont d’ailleurs déclaré « homme de l’année 2002 ».

 

Mais, avant tout, il a le soutien de l’administration de M. George W. Bush. Ce dernier vient de permettre que les ressources du combat antidrogue attribuées dans le cadre du plan Colombie soient utilisées contre la guérilla. Ce transfert existait déjà, de facto, en contravention avec les dispositions du Congrès américain. Au moins 70 membres des forces spéciales américaines sont déjà arrivés près de la frontière vénézuélienne, dans l’Arauca, la plus grande région pétrolière du pays, pour entraîner une brigade de l’armée.

 

« Vous avez développé une grande stratégie pour combattre le phénomène de l’insécurité et le terrorisme », a déclaré M. Colin Powell en visite en Colombie, en décembre dernier, au président Uribe Vélez. Apparemment, le responsable du département d’Etat ne sait pas que, dans cette « grande stratégie », le mouvement paramilitaire a eu et a une part décisive. Il feint d’ignorer que, considérée comme base d’appui réelle ou présumée des rebelles, la population non armée subira une fois de plus le poids de la répression.

 

Article paru dans Le monde diplomatique

 

Source: hcalvospina.free.fr

Notes :

(1) El Terrorismo de Estado en Colombia. Publié par plusieurs organisations internationales de droits humains, éditions NCOS, Bruxelles, 1992. Ce rapport contient le fichier de 350 dirigeants des forces armées et de la police impliqués dans la « guerre sale » et non sanctionnés. Il n’a jamais été réfuté.

(2) Ibid.

(3) La Guerra moderna, Ejército de Colombia, Biblioteca del Ejército, Bogotá, 1963, cité in Tras los pasos perdidos de la guerra sucia, publié par plusieurs organisations internationales, NCOS, Bruxelles, 1995.

(4) Reglamento de combate de contraguerrilla, EJC-3, Reservado, Bogotá, 1969. Mentionné dans Tras los pasos perdidos de la guerra sucia, op. cit.

(5) Idem.

(6) Colombia’s Killer Networks. Human Rights Watch, Washington, 1996.

(7) La Defensoria del pueblo est une institution de l’Etat chargée de surveiller le respect des droits humains et de défendre les citoyens. Le défenseur est élu par la Chambre des représentants.

(8) Cuarto informe anual del Defensor del pueblo al Congreso colombiano. Defensoría del pueblo, serie documento n° II, Bogotá, 1999.

(9) Le Monde, Paris, 18 mai 2001.

(10) Mauricio Aranguren Molina, Mi confesión. Carlos Castaño revela sus secretos, Ed. Oveja negra. Bogotá, 2001.

(11) Gustavo Petro, « Indulto a paramilitares », Via alterna, 14 décembre 2002.

(12) Toutefois, en septembre 2001, les Etats-Unis ont accusé divers paramilitaires de narcotrafic et demandé l’extradition de plusieurs leaders, parmi lesquels MM. Salvatore Mancuso et Carlos Castaño.

(13) Mi confesión. Carlos Castaño revela sus secretos, op. cit.

(14) Lire The « Sixth Division », Military-Paramilitary Ties and U.S. Policy in Colombia, Human Rights Watch, New York, novembre 2001.

(15) Déclarations du bureau des droits humains de l’ONU, El Espectador, Bogotá, 24 janvier 1999.