Les Indignés à Bruxelles : En route vers un 15 octobre contre l’austérité

Ce samedi 8 octobre, fin de journée, la centaine de marcheurs « indignés » venus d’Espagne, de France, d’Allemagne et des Pays-Bas sont arrivés à Bruxelles. Malgré le temps, l’ambiance était au rendez-vous au parc Élisabeth à Koekelberg, où environ 400 personnes ont accueilli l’arrivée des marcheurs en scandant « El pueblo, unido, jamás será vencido. »




« Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des banquiers et des politiciens », « ils ne nous représentent pas », tels étaient les mots d’ordre lancés en Espagne au mois de mai. Contestation face à la crise du capitalisme et critique du manque de participation démocratique qu’offre notre système politique : voici les premières raisons d’agir du mouvement des Indignés.  


Ce rendez-vous bruxellois durera jusqu’à ce samedi 15 octobre, mais certains parlent déjà de rester plus longtemps. Au programme : des projections, des ateliers et des actions. Aux côtés d’ateliers de chants chamaniques, on retrouve ainsi au programme des débats de grande actualité sur les mesures d’austérité en Europe, la crise grecque et les luttes contre la privatisation de l’eau. 


Chaque soir vers 18 heures, place aux assemblées, où sont discutées les questions liées au mouvement. Moment phare, celles-ci attirent beaucoup de curieux. Les marcheurs espagnols ont apporté avec eux un know-how de gestion des assemblées qui dénote avec les celles de juin à Bruxelles et à Liège. Mais cela ne suffit pas à permettre aux assemblées de réellement débattre de l’orientation du mouvement et de prendre des décisions. L’heure entière de débat dimanche soir sur le thème « faut-il oui ou non laisser les médias filmer l’assemblée ? » en a rebuté plus d’un. La discussion contradictoire ne manquait pas d’intérêt, mais la recherche d’un consensus, moins. La méthode de prise de décision sera certainement un débat important, dans lequel nous défendrons la nécessité de voter quand c’est nécessaire. Car si l’on se rassemble, c’est pour agir. Comme le dit justement un article distribué avec le programme de la semaine : « L’indignation n’est que l’expression d’une prise de conscience. La réalisation de cette dernière n’est possible que par l’action. »


Parlant d’action, un enjeu important des discussions sera notamment la manifestation du 15 octobre. Alors que le gouvernement fédéral vient de mettre 4 milliards d’euros sur la table pour racheter les avoirs belges de Dexia, le débat sur qui doit payer la crise se fait encore plus pressant. C’est un débat qui concerne tous les jeunes rassemblés à Koekelberg, car il vaut aujourd’hui dans tous les pays européens. Et pour cause, nous avons un ennemi commun : l’Union européenne et les grands monopoles qu’elle représente, qui dictent une politique d’austérité drastique pour tous ses États membres. Il est donc crucial d’unir les forces pour refuser de payer pour leur crise. Et cela comprend autant les Indignés que les organisations syndicales et toutes les parties du mouvement social. C’est le message que nous défendrons dans les assemblées.



Source : Solidaire