Le continent américain soutient la résistance au Honduras


Cela fera bientôt deux mois qu’un coup d’état militaire violent, illégal et anticonstitutionnel a déposé le président légitime du Honduras, Manuel Zelaya, et installé un régime illégal. Les 13 familles d’oligarques honduriens et leurs généraux entraînés par les U.S trouvaient Zelaya trop amical avec le président Hugo Chavez du Venezuela. Trop amical également avec les pauvres du Honduras. Il a été viré.



Ce n’était que le début d’un long combat. Commencé le 28 juin, jour du coup, un mouvement de masse s’est développé pour s’opposer à ce que la pluspart des Honduriens appellent le  « gouvernement de facto », c’est à dire le régime du coup d’état. Quelles qu’aient été les différences entre partis de gauche et organisations de travailleurs, de paysans, de femmes et de peuples indigènes, ils se sont maintenant rassemblés pour constituer un front unifié, coordonné et combattant, même s’il n’est pas armé. Son nom : Le Front National Populaire de Résistance au Coup d’Etat qui rassemble tous ceux qui veulent renverser les dirigeants du coup et ramener Zelaya au pouvoir.
 
Deux mois de ce gouvernement de facto a signifié deux mois pendant lesquels Washington a maintenu ses relations avec le régime du coup, deux mois d’affrontements avec la police et l’armée dans les rues, deux mois d’arrestations illégales et de brutalités vis à vis des activistes, deux mois d’usage par l’armée de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de vraies balles contre le peuple. Mais le Front National est toujours dans la rue. Il organise toujours des grèves et des manifestations de masse. Il entreprend toujours des actions.
 
Le 22 août, leur assemblée a décidé de se manifester à nouveau. Le jour suivant, ils étaient des milliers à entonner des chants révolutionnaires et de résistance pendant des heures en compagnie d’artistes progressistes venus de toute l’Amérique Latine. Ils étaient quelques milliers en plus à défiler le 24 août à Tegucigalpa, la capitale, en compagnie de délégations de soutien de la Cour Criminelle Internationale et de l’Organisation des Etats Américains.
 
La représentation de l’OAS est censée négocier le retour du président légal via un compromis qui laisserait impunis les dirigeants du coup et leurs instigateurs tout en retirant au président élu le peu de pouvoir dont il disposait avant d’être renversé. Néanmoins, les dirigeants du coup et leurs maître oligarques ont rejeté l’accord. Dès lors, le combat se poursuit.
 
Les chauffeurs de taxis, les enseignants et les syndicalistes qui s’étaient mis en grève sporadiquement, les paysans qui avaient bloqué les carrefours sur les grand’routes, les femmes qui avaient défilé dans les rues, les afro-honduriens et les peuples indigènes – tous donnent l’exemple aux peuples d’Amérique Latine, aux travailleurs et aux populations opprimées des Etats-Unis, sur la manière dont il faut mener un long combat contre un oppresseur lourdement armé. Il ne faut pas les laisser seuls.
 
Et ils ne le sont pas. A Mexico City, du 20 au 24 août, le forum de Sao Polo, un groupe de discussion de 520 délégués venus de 32 pays, représentant 62 mouvements et partis de gauche d’amérique latine ainsi que des observateurs venus d’ailleurs dans le monde, ont fait de leur solidarité avec la résistance hondurienne un point essentiel de leur programme. Les peuples d’Amérique Latine, leurs dirigeants les plus progressistes et tous ceux qui refusent de voir leur pays dirigé par des gorilles militaires à la botte de l’impérialisme américain, sont solidaires de la résistance hondurienne au coup d’état.
 
Au nord, aux Etats-Unis, ce 28 août, les protestations avalisées par le forum de Sao Polo, ont été répercutées dans au moins dix villes en solidarité avec le peuple du Honduras. A l’occasion du second mois anniversaire du coup, nous devons montrer aux honduriens que, là même dans le ventre de la bête impérialiste, il y a une solidarité avec leur résistance et leur opposition aux dirigeants du coup et à leurs instigateurs dans la classe dirigeante américaine.
 
Traduit par Oscar Grosjean pour Investig’Action.


 Source : Workers World