La situation honteuse de la Cisjordanie

Partout dans le monde, des millions de gens protestent contre la brutale agression sioniste contre Gaza. Des manifestations énormes dans des pays arabes, asiatiques, européens et même dans les pays les plus éloignés comme le Chili, le Brésil, le Venezuela, le Mexique et l’Argentine.

Pendant ce temps en Cisjordanie, il ne se passe rien. Le silence règne de toutes parts. Quelques timides paroles adressées par les gouvernementaux palestiniens et ceux qui négocient la « Paix » avec l’Israël.

Source: www.tlaxcala.es

L’information qui provient de Palestine, parle d’une répression brutale contre ceux qui prétendent exprimer leur colère et leur douleur pour ce qui se passe à Gaza. Un exemple clair de ceci, est l’agression bestiale et l’arrestation par des agents de l’Autorité Palestinienne de militants et sympathisants du Front Populaire pour la Libération de la Palestine dans le camp d’Al-Ein près de Naplouse pour « avoir osé » protester publiquement de ce qui arrive à leurs frères dans la Bande (02-01-2009). Dans cette même ville, la plus importante de la Cisjordanie, des agents de sécurité ont encerclé la seule manifestation en empêchant son déroulement et obligeant les manifestants à se disperser.

Les serviteurs de l’Autorité Palestinienne pourront donner toutes sortes de justifications et d’explications, de même qu’ils font planer le doute sur la véracité de ces informations, cependant, de réalité il n’y en a qu’une : la Cisjordanie est sous silence total.

Dans les localités palestiniennes occupées en 1948, comme Sénine, Nazareth, Haïfa ou Oum El Fahm, des dizaines de milliers ont manifesté malgré la répression israélienne, cependant, en Cisjordanie le contrôle de fer des agents palestiniens a été plus efficace et il est parvenu à faire taire toutes les voix.

Les Palestiniens sont épuisés et déçus par l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP), qui gouverne la Cisjordanie, et par la tiède réaction de son président, Mahmoud Abbas, devant leur massacre.

Munther Amira, leader des jeunesses du Fatah à Bethléem indique : « les gens sont très fâchés avec l’ANP. Nous ne pouvons rien faire ».

Nader Abou Amsha, maire-adjoint de Beït Yala, village voisin de Bethléem, est également amer. Partisan du Front Populaire de gauche, il espérait une attitude proportionnée à la gravité de l’agression israélienne. « La population a l’impression que l’Autorité collabore avec Israël. Ils auraient pu, au moins, faire pression sur l’Égypte pour qu’elle ouvre la frontière, mais ils ne font rien », dit-il, alors qu’il se trouve près du camp de réfugiés d’Aida, adjacent à Bethléem. Près de nous, les agents ne perdent pas un mot de qu’il dit.

L’attitude des corps de sécurité palestiniens est celle qui agrée à leurs homologues israéliens. Lorsque le chef du Commandement Central de l’Armée israélienne, Gadi Shamni, dit être satisfait du travail des forces de police de l’Autorité Nationale Palestinienne, la lecture dans les rues palestiniennes est bien différente : les agents de l’ANP font le sale travail d’Israël. C’est même aussi l’avis de beaucoup de policiers qui exécutent la mission de réprimer les groupes armés et de fermer des douzaines d’institutions liées au Hamas : orphelinats, cliniques, centres commerciaux, bureaux de change, écoles.

Sur la place de l’Église de la Nativité, où une douzaine d’avocats proteste contre « les crimes contre l’humanité » perpétrés dans la Bande, Rana et Fawaz condamnent : « Qu’ils s’en aillent, qu’ils s’en aillent tous », faisant allusion aux leaders de l’Autorité. (Déclarations et exclamations publiées dans le quotidien El País -Espagne le 31-12-2008)

La situation est honteuse, l’Autorité Palestinienne, est parvenue à exécuter avec diligence les instructions des israéliennes.

Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice.