La guerre qui change de nature ?

Guerre pour le pétrole ou pour la démocratie ? Avant, ça semblait bien clair : le pétrole était le but de Bush. Mais voici que la « mauvaise guerre » semble changer de nature…

L’Europe enverra donc des experts former les policiers et soldats de la « jeune démocratie irakienne ». Former à briser les manifestations ?

Double manipulation. D’abord, Zarquaoui et les attentats-suicides abondamment montrés en télé ne représentent que 0,3% des actions de la vraie résistance qui, elle, cible les forces d’occupation et leurs instruments. L’image médiatique qu’on nous offre de la guerre est archi-fausse puisque le célèbre journal médical Lancet estime à 100.000 le nombre de morts provoqués par l’occupation. Plus précisément :

– 48% dus à la dégradation des soins de santé (détruits et non reconstruits par l’occupant)

– 44% dus aux agressions (bombardements surtout) US et britanniques

– 2% dus aux actions de la résistance

– 4% dus au gangstérisme, lui-même produit par l’occupation.

« Rétablir la démocratie » en Irak ? Curieux slogan dans la bouche des USA qui violent les conventions de Genève, bombardent des civils, torturent leurs prisonniers. Et qui rétablissent la ‘charia’ alors que l’Irak avait émancipé les femmes.

En fait, contrairement à la propagande, le scrutin a été boycotté : moins de 30% à Bagdad et Bassora, 18% à Mossoul, 2% à Anbar. Sans parler des trente villes qui échappent au ‘gouvernement’ central. Le vote n’a été massif qu’au Kurdistan et dans les villes religieuses de Najaf et Kerbala (pour des candidats promettant de mettre fin à l’occupation).

S’il y avait demain une véritable élection, quel en serait le résultat ? Les Irakiens voteraient pour que le pétrole soit entre leurs mains. Mais c’est justement ce que l’occupation veut empêcher.

Toute guerre étant économique, les pétro – dollars serviront ou bien à rétablir le niveau de vie du peuple irakien, ou bien à grossir les bénéfices d’Esso et Chevron.

Le pillage pourrait-il être démocratique ?