La guerre contre le Liban : autodéfense ?

Plus de 160 morts et 400 blessés – dont de nombreux enfants. L'armée israélienne « répond » à l'enlèvement de ses soldats par la destruction systématique des infrastructures civiles libanaises.

17-07-2006

Le gouvernement belge a rapidement réagi au déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Guy Verfhofstadt, le 14 juillet : « Le gouvernement [belge] condamne vivement l'enlèvement et l'assassinat de soldats israéliens par le Hamas et le mouvement Hezbollah. Selon nous ces soldats doivent êtres libérés sans délai et naturellement Israël a le droit de défendre ses soldats. Toutefois, nous pensons que le recours disproportionné et massif à la violence ne peut mener qu'à la mort de victimes innocentes et à l'escalade de ce conflit tant au Liban, en Israël et à Gaza que dans toute la région concernée ».

Le 15 juillet, 18 civils, dont neuf enfants ont été brûlés vifs dans un bombardement israélien sur un convoi d'habitants qui fuyaient, sur ordre de l'armée israélienne, leur village du Sud Liban. La dernière d’une longue série d’atrocités israéliennes inaugurée au début de l'été par un bombardement sur une plage bondée de Gaza.

Le Protocole additionnel aux Conventions de Genève parle du comportement à observer par des belligérants envers la population civile1. On y lit : « En vue d'assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu'entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires. … Ni la population civile en tant que telle, ni les personnes civiles ne doivent être l'objet d'attaques. Sont interdits les actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile… Les biens de caractère civil ne doivent être l'objet ni d'attaques ni de représailles… ll est interdit d'attaquer, de détruire, d'enlever ou de mettre hors d'usage des biens indispensables à la survie de la population civile »

Cibler la population civile

Mais que fait l'armée israélienne pour « répondre » à l'enlèvement de ses soldats ? Elle détruit systématiquement les infrastructures civiles, générateurs de courants, conduites d'eau, routes et ponts, organise un blocus et bombarde délibérément la population civile.

Objectivement, Israël viole le droit international et commet des crimes de guerre.

Pourquoi notre gouvernement condamne-t-il d’abord les peuples palestinien et libanais en résistance contre ces crimes de guerre ? Pourquoi qualifie-t-il ces crimes seulement de « recours disproportionné à la violence » ? Verhofstadt condamne « de la manière la plus catégorique » les « actes lâches et odieux », lorsque des civils israéliens ou européens sont victimes des bombes. Mais le voici juste « préoccupé ». Le sang des enfants libanais ou palestiniens n'a-t-il pas la même valeur?

Pendant la 2e guerre mondiale, le commandant des forces d'occupation en Serbie décréta que pour chaque soldat allemand tué par la résistance, 50 civils serbes seraient exécutés. Qui aurait alors songé à condamner les actions de la résistance ?

L'attaque du Hezbollah contre les soldats israéliens survient après deux semaines de siège de la population civile de Gaza, plongée dans la terreur. Les représailles d'une des plus puissantes armées du monde contre une population civile est un acte ignoble. Nous ne pouvons accepter que notre gouvernement, qui prétend parler en notre nom, justifie ces crimes par « le droit à l'autodéfense ». Nous attendons par contre qu’il condamne sans ambages ces crimes et exige l’arrêt immédiat de l’agression contre le Liban.

Note

http://www.unhchr.ch/french/html/menu3/b/93_fr.htm , art 48- 54