L’impérialisme américain et le pétrole de la Caspienne

Les reportages de guerre des médias américains sur l’invasion de l’Ossétie du Sud par la Géorgie sont de la même veine que les mensonges et la désinformation qui caractérisaient les reportages de l’invasion américaine de l’Irak. Ces informations sur la guerre ne valent guère plus que les textes de propagande du Pentagone.

13 août 2008

Vous n’aurez aucune chance de comprendre ce qui se passe et pourquoi cela se passe ainsi si votre seule source d’informations se limite aux médias américains sous contrôle de la grosse galette. Pourtant, la Géorgie est au centre des tentatives de l’impérialisme américain en vue de contrôler la région riche en pétrole qu’est la mer Caspienne. La Géorgie, c’est l’autoroute de l’énergie en direction de l’Europe : deux pipelines majeurs la traversent. Ces pipelines vont rivaliser de plus en plus avec les pipelines russes qui ont été la première source de l’Europe en gaz naturel et en pétrole.

Jusqu’en 2005, le seul pipeline en provenance du centre pétrolier de Bakou, en Azerbaïdjan, sur la mer Caspienne, passait par la Russie. En 2005, le pipeline pétrolier Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) était ouvert. Propriété de British Petroleum et d’Unocal, ce pipeline traverse la Géorgie pour se rendre à la ville portuaire turque de Ceyhan. Le consortium BP est également propriétaire du pipeline Bakou-Tbilissi-Erzurum, ouvert en 2007. Un autre pipeline, appelé le Western Early, passe par la frontière de l’Ossétie du Sud, traverse la Géorgie et abouti au port géorgien de Supsa.

Ainsi donc, le pétrole, qui fut naguère la ressource naturelle la plus précieuse de l’ancienne Union soviétique, est aujourd’hui commercialisé via des installations contrôlées par l’impérialisme américain et ses alliés.

En plus de la conquête des ressources pétrolières de l’Irak et de la menace de blocus ou de bombardement qui pèse sur l’Iran, les États-Unis sont également déterminés à contrôler les gisements pétroliers de la mer Caspienne.

En évinçant les Russes du contrôle de ces gisements pétroliers, les États-Unis porteraient un coup majeur à la possible émergence de la Russie en tant que puissance capitaliste.

Malgré tous ses jolis mots de démocratie et de liberté, la classe dirigeante américaine n’a pas l’intention de permettre à la Russie de se muer en rivale impérialiste, à l’instar de l’Europe et du Japon. Les États-Unis ont travaillé, tant en secret qu’à visière relevée, à briser la Russie et les États qui faisaient naguère partie de l’Union soviétique, se concentrant sur les États qui entourent les gisements pétroliers de la mer Caspienne.

Cette mer possède deux gigantesques gisements de pétrole. Le premier se situe à l’est de Bakou. Le second est celui de Tengiz, sur la rive nord-ouest de la Caspienne, au Kazakhstan.

En outre, il y a des réserves énormes de gaz naturel, partout dans la région de la Caspienne. Ce sont les principales fournisseuses de gaz naturel de l’Europe.

Les réserves connues de la mer Caspienne sont plus importantes que les gisements pétroliers du Nigeria ou de la Libye et elles sont plus ou moins du même ordre de grandeur que les gisements de l’Iran ou du Koweït.

Après la victoire de la révolution russe de 1917, les pays producteurs de pétrole comme l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan sont devenus des républiques au sein de l’Union soviétique. Leur pétrole fut une ressource clé pour la création de la première économie socialiste du monde.

Avec le renversement du socialisme, l’impérialisme américain est passé à la vitesse supérieure pour cibler cette région riche en pétrole.

Un consortium de 11 importantes compagnies pétrolières a installé des avant-postes sur la Caspienne. Atlantic Richfield, Chevron, Exxon, Mobil, Pennzoil, Philips Petroleum, Texaco et BP Amoco ont dépensé des milliards de dollars pour racheter les intérêts pétroliers et les droits de forage de l’époque soviétique.

Mais la mer Caspienne est une mer intérieure, c’est-à-dire fermée. Le pétrole doit être transporté hors de la région par pipeline. Celui qui contrôle les pipelines contrôlera finalement le pétrole. L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, toutes deux cibles de l’invasion militaire géorgienne, entraînée et dirigée par les États-Unis, se trouvent tout particulièrement dans cette zone cible. Leurs citoyens souffrent des œuvres de l’armée par procuration de l’impérialisme américain. L’humanité tout entière doit exiger de l’impérialisme américain qu’il se retire de la région.

Source :http://www.workers.org/2008/editorials/caspian_oil_0821/

Traduction en français : Jean-Marie Flémal pour Investig’action