L'hypocrisie des USA et de l'UE est à son comble

  • 12 Juil 2007

Positionnement de l’Association Belgique-Palestine (ABP)

concernant la situation qui prévaut dans les Territoires palestiniens occupés

à l’issue de l’Assemblée générale du 29 juin 2007

La situation qui prévaut aujourd’hui dans les Territoires Palestiniens Occupés est très grave. Elle est grave sur deux points essentiels :

– D’une part, la décision de la communauté internationale (USA, Europe) de soutenir le gouvernement de Mahmoud Abbas et de lever l’embargo préfigure une scission de ce qui reste de la Palestine. A terme, il n’y aura pas d’Etat palestinien et ce, malgré les déclarations de Messieurs Olmert et Bush. En effet, il est illusoire de construire un Etat palestinien viable et représentatif de toute la population palestinienne sur une Cisjordanie divisée de facto en trois entités et amputée de ses ressources en eau et d’une grande partie de ses terres. La solution « jordanienne » sera peut-être remise à l’ordre du jour ou alors un Etat-croupion, entièrement dépendant d’Israël et de la Jordanie, se verra imposé aux Palestiniens. La revendication d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem pour capitale reste une condition sine qua non de la solution du conflit au Proche-Orient.

– D’autre part, au niveau humanitaire et humain, comme d’ailleurs au niveau du droit international, il est inadmissible que 1.300.000 Palestiniens de Gaza – femmes, enfants, vieillards inclus – servent d’otages à la communauté internationale pour écarter et éliminer un mouvement qui ne correspond pas à ses critères de légitimité. Il semble que le monde soit prêt à faire mourir de faim et de désespérance toute une population pour que ceux qui la gouvernent actuellement soient punis. Celui qui commet un meurtre est coupable. Celui qui aide le meurtrier et celui qui regarde faire le sont aussi.

L’hypocrisie et l’inhumanité sont à leur comble. Aujourd’hui, on dénonce les morts et les blessés palestiniens. Parce que leur mort est due à des luttes inter-palestiniennes. Et on oublie les assassinats ciblés avec leur lot de victimes collatérales. On minimise les incursions et les bombardements. On ne parle plus des prisonniers palestiniens retenus sans procès ni de la torture. On passe sous silence le mur et les spoliations sur lesquelles il est bâti. On se tait sur la colonisation galopante. On oublie les 165.000 fonctionnaires qui ne sont pas payés du fait de la rétention par Israël des taxes dues à l’Autorité palestinienne. Bref, on occulte complètement le rôle premier de l’occupation.

Certes, il y a aussi des responsabilités dans le camp palestinien et nous partageons les doléances de la population prise également en otage par la violence armée. Mais il faut rappeler que la montée du Hamas et le chaos ambiant sont des résultats de la politique de destruction de l’Autorité palestinienne par Israël. Par ailleurs, le refus délibéré de ce dernier de parler à ses partenaires et l’impasse complète dans ce qu’il est convenu d’appeler le processus de paix a été déterminant dans les choix électoraux des Palestiniens.

En conséquence,

La levée du blocus doit être totale: la population de Gaza ne peut être prise en otage. L’Europe ne peut pas se rendre coupable de complicité à ce qui pourrait devenir un génocide sous prétexte de lutte politique.

La réitération des objectifs mis en place depuis Oslo doit aboutir à leur exécution : un Etat Palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem pour capitale. Une nouvelle conférence de paix est urgente.

Israël doit être mené à remplir ses obligations en tant que force occupante, en temps que membre des institutions internationales. En clair, il doit se retirer de tous les territoires qu’il occupe et démanteler le mur. Par ailleurs, tant que cet objectif n’est pas atteint, il doit fournir aux populations occupées les services que toute puissance occupante est tenue de fournir aux termes de la IVe Convention de Genève. La population de la Bande de Gaza fait toujours partie des populations occupées.

Quant au mouvement de solidarité,

1. il ne doit pas prendre parti dans le conflit qui oppose Fatah et Hamas mais il doit continuer à défendre les principes d’un règlement juste au Proche-Orient. Il doit notamment dénoncer haut et fort les risques d’un génocide.

2. il doit s’adresser aux responsables du Fatah et du Hamas pour qu’ils reprennent le dialogue et soutenir toutes les forces-palestiniennes, arabes, européennes- qui visent à renforcer l’unité d’action nationale des Palestiniens.

Association Belgo-Palestinienne

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