Kosovo: en attente de la guerre et en rêvant de diplomatie

Dreaming of Diplomacy, Waiting for War – The Next Kosovo War

http://www.counterpunch.org/johnstone12122007.html

Traduit par Jean-Michel Nouwynck

10/12/2007

Les Etats-Unis et leurs alliés européens ont annoncé l'échec de la voie diplomatique pour résoudre le problème kosovar. Quand la diplomatie échoue, ça signifie la guerre. Spécialement dans le cas d'une déclaration unilatérale d'indépendance d'une partie ou d'une autre d'un pays. Mais la guerre prochaine au Kosovo est supposée être petite, discrète, une guerre insignifiante que personne ne remarquera. L'OTAN occupe le champ de bataille potentiel avec un peu plus de 16000 hommes, supportés par la force aérienne, et se tenant prêt, comme il est dit, “à éviter la violence”. L'avantage militaire écrasant de l'OTAN peut toutefois être suffisamment dissuasif pour éviter un début de violence pouvant atteindre le statut de guerre. La certitude de la nécessité d'une suprématie militaire a poussé les USA et l'OTAN à poursuivre une politique qui amène inévitablement à une surenchère de la puissance de feu, une escalade vers la guerre.

Un conflit découle d'une vue de la réalité diamétralement opposée des parties en présence. Les Albanais et les Serbes ont des vues totalement opposées de l'histoire de la province disputée du Kosovo. Le rôle de la diplomatie est de trouver un compromis acceptable entre les différents points de vue. Cela signifie qu'il faut éviter de pousser une des parties à la dispute ou l'enfermer dans une position humiliante. Cela implique la recherche de l'entretien du respect et de la compréhension mutuelle pour pouvoir déboucher sur un compromis acceptable. Au lieu de cela, les USA, suivi de leurs alliés européens irresponsables, ont dès le début pris parti pour la position extrême des nationalistes albanais, traitant carrément la Serbie d'”Etat voyou”, ce qui ne pose pas les bases sereines nécessaires à la protection et l'application normale du droit international. Washington a orchestré deux rencontres de négociations honteuses, dont les conclusions étaient décidées dès le départ, à l'avantage de ses clients albanais. La première rencontre a eu lieu à Rambouillet et a conduit au bombardement de la Serbie par l'OTAN et l'occupation du Kosovo. La deuxième rencontre a eu lieu cette année, conduisant a un conflit devenu incontrôlable dans la violence et la durée.

Période plus ou moins longue de négociations pour le moins honteuses.

A la fin des années 90, l'administration Clinton ne s'est pas vraiment sentie concernée par la résolution du problème posé par le Kosovo. Elle devait commencer par résoudre le problème posé par l'OTAN lui-même. Son problème avec l'OTAN était le suivant: quelle était encore l'utilité de cette alliance militaire alors que le bloc communiste pour lequel elle avait été créée n'existait plus? Pour préserver l'OTAN, il fallait trouver une nouvelle “raison d'être” (en français dans le texte original). C'est devenu “l'intervention humanitaire”. A partir de là, l'OTAN interviendrait pour aider les minorités opprimées en territoire étranger – spécialement celles qui présentaient une position géostratégique intéressante ou une valeur économique, bien entendu. Le conflit du Kosovo profondément enraciné entre l'Etat serbe et le mouvement sécessionniste albanais, marqué par des poussées de violence spasmodiques des deux côtés, procurait un terrain expérimental rêvé pour cette nouvelle politique. Le problème kosovar a été déclaré comme étant une crise requérant une intervention internationale et ceci quelques semaines avant le meeting du cinquantième anniversaire de la fondation de l'organisation.

Pour provoquer une raison d'intervenir (casus belli), l'administration Clinton a orchestré des négociations pas très honorables au château de Rambouillet en France. Les USA ont brusquement promu Hashim Thaqui, le chef armé de l'armée de libération du Kosovo pour diriger la délégation albanaise du Kosovo, mettant de côté des leaders de bien meilleure composition tels que Ibrahim Rugova. Aucune rencontre directe entre les délégations albanaise et serbe n'a été organisée. Toutes deux ont été forcées d'accepter un plan complet dressé par les USA, qui comprenait l'occupation du Kosovo par l'OTAN.

La secrétaire d'Etat Madeleine Allbright a forcé Thaqi a accepter l'ultimatum à contrecoeur, avec en arrière-plan le vague espoir qu'il pourrait éventuellement créer son propre Kosovo indépendant. Les Serbes avaient pourtant accepté le principe de l'autonomie du Kosovo, et leur parlement avait rédigé une proposition totalement ignorée à Rambouillet. Bien sûr, la délégation serbe a rejeté l'ultimatum, qui incluait en annexe l'occupation totale de toute la Serbie par l'OTAN. Cette réaction de rejet était voulue par madame Allbright. Sous le prétexte que la Serbie avait refusé de négocier, l'OTAN pouvait maintenant mener sa victorieuse petite guerre humanitaire.

Cette année, le monde a été le témoin du spectacle d'encore plus de négociations douteuses. Pendant des semaines et des mois, les médias semi-officiels de l'Ouest ont publié des rapports montrant que les négociations en vue de résoudre le problème kosovar ne menaient à rien. Les négociations étaient volontairement conduites de telle manière qu'aucune solution ne pouvait en sortir. “Ni le côté serbe, ni le côté albanais ne pourront accepter”, disaient les pseudodiplomates à propos de leur pseudo diplomatie. Ils voulaient dire que le côté serbe n'avait pas accepté la demande albanaise pour un Kosovo indépendant. Et c'était la seule proposition qui avait le support des USA. Il s'agissait d'un nouvel ultimatum pour les Serbes. Les Albanais savaient qu'ils avaient le support des USA et de l'OTAN, qui occupaient alors le Kosovo militairement et ils n'étaient, du coup, pas du tout incités à faire des concessions. Ils avaient juste à attendre que les négociations échouent, convaincus qu'ils obtiendraient de toute façon ce qu'ils voulaient.

Support diplomatique russe et droit international

L'Ouest a rejeté la faute de l'échec sur Vladimir Poutine. Les médias serviles ont réduit Poutine au statut du mauvais élève de la classe, motivé par la recherche du pouvoir et le désir pervers de mettre, coûte que coûte, des bâtons dans les roues des vertueux Américains. Ainsi, d'après eux, dès que les Américains ont soutenu les Albanais dans leur demande d'indépendance, les Russes, au contraire, auraient soutenu la position serbe. Mais ce n'est pas tout à fait juste! Il faut nuancer! La position serbe était d'offrir une autonomie complète au Kosovo, un gouvernement autonome, mais sans indépendance formelle du territoire. Et la position russe était de soutenir toute décision prise par ce nouveau gouvernement qui puisse être favorable aux deux côtés. Les médias de l'Ouest ont refusé d'entendre ce que cela pouvait signifier. Cela signifiait que les Russes insistaient sur la négociation pure, entre les deux parties, le gouvernement serbe et les séparatistes albanais du Kosovo. Les médias n'ont pas parlé de ce qui pouvait aboutir d'une telle manière de négocier: un accord atteint par les deux parties dans de telles circonstances aurait pu être légalement reconnu aux yeux du droit international. Tandis qu'une indépendance proclamée unilatéralement par les Albanais du Kosovo, sans accord négocié avec la Serbie, constituerait une violation claire du droit international. Sergei Lavrov, ministre des Affaires étrangères, a mis plusieurs fois en garde qu'une proclamation unilatérale d'indépendance risquait de provoquer de la violence interethnique dans la région et une dangereuse répercussion sur d'autres régions proches qui ont aussi des minorités ethniques. Au niveau des principes, le contraste ne se situe pas entre le soutien des USA aux Albanais et celui des Russes aux Serbes: mais entre le recours à la diplomatie des Russes et le recours à la force des Américains.

Un Etat de l'OTAN.

Mais quel degré d'indépendance le Kosovo peut-il atteindre? En privé, les gouvernements européens savent que le Kosovo n'est pas viable en tant qu'Etat indépendant. La démonstration a été faite par huit ans de protectorat international. L'économie du Kosovo dépend presque exclusivement des envois d'argent des émigrés vers leur famille, de l'aide internationale (y inclus les projets de construction de mosquée de l'Arabie Séoudite) et des revenus de la délinquance endémique: prostitution et trafic de drogue.

Avec la reconnaissance internationale officielle de la culpabilité unilatérale de la Serbie, la réconciliation entre les habitants serbes et albanais est devenue impossible. Les forces de l'OTAN, sous couvert de l'Union européenne, espèrent pouvoir rester pour « garantir la protection des droits humains des minorités. » En termes de sécurité, le Kosovo indépendant sera un satellite de l'OTAN. L'indépendance formelle de la Serbie, qui suit de huit ans l'indépendance de fait n'apportera rien pour améliorer l'état lamentable de l'économie. Un nombre important de jeunes Albanais inemployés espèrent que l'indépendance leur amènera du travail et la prospérité. Mais il est difficile d'imaginer comment un état frontalier d'une Serbie hostile peut se développer mieux que pendant les décennies de fonds d'aide préférentiels yougoslaves qui ont précédé. Certaines ressources extérieures ont même diminué, particulièrement l'aide étrangère, les ONG ont déplacé leur aide ailleurs depuis la création de cet état satellite de l'OTAN. Certains gouvernements européens peuvent aussi décider de renvoyer leurs Albanais réfugiés vers leur patrie maintenant « libérée » et cesser leur soutien financier puisqu'ils savent qu'il s'agit d'un satellite de l'OTAN. Dans ce contexte: seules les organisations de type criminel semblent avoir l'espoir de pouvoir prospérer.

En août dernier, alors que les négociations douteuses faisaient leur chemin, Slobodan Samardzic, le ministre serbe du Kosovo, a dit qu'un état kosovar créé avec le support des Etats-Unis ne servirait que les intérêts des Américains et des mafias locales. Samardzic appartient à la jeune génération pro occidentale qui a tenté d'attribuer l'hostilité portée contre la Serbie par l'Ouest à Slobodan Milosevic. Mais Milosevic nous a quittés depuis des années et la politique occidentale demeure inchangée. Samardzic a dit que les plans de l'OTAN visaient à faire du Kosovo virtuellement son propre territoire, « un satellite, un Etat caserne militarisé en territoire étranger ». La source principale de cette force (le QG?) au Kosovo pourrait bien être la base militaire US géante de Bondsteel, construite immédiatement après que l'OTAN a occupé le territoire en 1999, sans avoir demandé la permission à personne.

Alors qu'on arrivait à la fin du dernier round des négociations honteuses, le premier ministre serbe Vojslav Kostunica a avancé que les évènements démontraient que la raison réelle pour laquelle l'OTAN avait bombardé la Serbie en 1999 était la conquête du Kosovo dans le but d'en faire un Etat marionnette: « …NATO puppet state! »

Et qu'a t'on offert à la Serbie en échange de la perte de l'un de ses territoires historiques ? Une vague proposition, qui envisage une possibilité pour la Serbie

de devenir membre de la communauté européenne. Bref, un échange de la perte de la souveraineté sur un territoire bien réel et tangible contre un peu plus de souveraineté assez vague dans la très large communauté européenne.

Maintenant, il est possible que l'économie de la Serbie s'améliore en étant détachée du Kosovo, qui a toujours été la partie la plus pauvre de l'ex-Yougoslavie malgré les fonds d'aide massifs du reste du pays. Mais les raisons pour lesquelles la Serbie tient tellement à garder le Kosovo sont bien plus morales qu'économiques. Et l'Ouest a toujours refusé de tenir compte de ces raisons, balayant toute considération morale sous l'unique motif que la Serbie a perdu ses droits sur le territoire à cause de l'attitude répressive de Milosevic sur les séparatistes albanais. Plus concrètement, l'OTAN aurait gagné le droit de disposer du Kosovo comme bon lui semble parce qu'il a écrasé (bombardé) la Serbie. L'argument occidental est donc fondé sur la loi du plus fort, tout simplement.

Le cas serbe:

Les raisons de refuser la sécession du Kosovo sont légales et morales:

Selon le point du vue du droit international: même après le bombardement de la Serbie par l'OTAN selon l'argument que le Kosovo était occupé, la souveraineté de la Serbie sur sa province était confirmée officiellement par le droit international. Quand la guerre unilatérale a été terminée, le conseil de sécurité des Nations unies a d'ailleurs adopté la résolution 1244 réaffirmant « la reconnaissance pour tous les Etats membres de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale en Yougoslavie dont la Serbie est l'Etat successeur. Résolution 1244, qui réaffirme les bases qui existent pour le statut légal du Kosovo, aussi appelés : l'autonomie substantielle et l'auto-administration plénière, c'était d'ailleurs ce que la Serbie elle-même avait proposé et accepté. Il n'est nullement question d'indépendance.

Qu'a donc fait la Serbie depuis la chute de Milosevic qui mérite un traitement pire que celui qui avait été prescrit en 1997?

L'impossibilité morale d'abandonner la minorité serbe du Kosovo à son sort à des persécutions sûres et certaines. Impossibilité pour la Serbie d'abandonner ses monuments historiques tels que les précieux monastères médiévaux de Decani, Gracanica, Pec et de nombreux autres.

Le sentiment profond d'injustice et d'humiliation dans la manière avec laquelle les forces occidentales ont orchestré l'amputation de la partie historique la plus chérie de la Serbie. Les Serbes sont accusés pour quelque chose qu'ils n'ont pas fait, quelque chose que même Milosevic n'a pas fait: la tentative de génocide et finalement l'expulsion des Albanais du Kosovo. Ce n'est rien d'autre que de la propagande de guerre, qui maintenant est probablement crue par la plupart des Albanais depuis que les grandes puissances l'ont approuvée. La ligne officielle, qui criminalise la Serbie, répercutée chaque jour par de plus ou moins ignorants, mais bien conditionnés éditorialistes et commentateurs, accumulent d'insupportables insultes et erreurs diverses. Les insultes sont parfois plus difficiles à supporter que les blessures physiques. Cette dernière raison, peut-être la plus importante de toutes, n'est pas visible pour les Américains et les Européens qui ont entériné la ligne officielle mettant en avant la persécution des Albanais innocents par les Serbes, ce qui est aberrant vu la complexité de l'histoire et de la culture de la région. Si ces revendications parfaitement légitimes des Serbes étaient prises en considération, une diplomatie patiente pourrait probablement trouver un accord qui serait différent des positions initiales, mais qui, avec des garanties et un réel soutien international, pourrait finalement satisfaire une partie des exigences de chacune des parties.

Rêvons de ce qui aurait pu être…

Même après le bombardement désastreux de l'OTAN et l'occupation du Kosovo qui n'ont fait qu'empirer la situation en exacerbant l'hostilité entre les communautés serbes et albanaises jusqu'au point d'ébullition, la diplomatie aurait pu jouer un rôle constructif. Cela requerrait un peu de bon sens et une imagination constructive – qualités dont les Etats-Unis ne semblent pas beaucoup s'encombrer, préférant l'utilisation de la force (iron fist).

Imaginons que les Etats-Unis n'aient pas travaillé à pervertir les fonctions d'apaisement qui sont l'apanage d'organisations internationales telles que l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et les Nations Unies. Imaginons un instant l'existence d'une réelle communauté internationale, qui pourrait donner un solide support aux efforts diplomatiques pour trouver une solution de compromis au Kosovo. Au lieu d'unir une « Troïka » composée des Etats-Unis, de l'Europe et de la Russie, supposons que l'Inde, la Chine et le Brésil puissent former un groupe de diplomates, par exemple, les anciens ambassadeurs de Yougoslavie (incluant, peut-être, les anciens ambassadeurs de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est d'avant la désintégration de la Yougoslavie, l'ancien ambassadeur du Canada: James Bissett et l'ancien ambassadeur de Grande-Bretagne : Ivor Roberts, aussi bien que des anciens ambassadeurs de pays ne faisant pas partie de l'Europe) pour faciliter l'ouverture de négociations entre Serbes et Albanais. Et cela, sans autre condition que la continuation des négociations jusqu'à que les deux parties acceptent la solution.

Mon opinion personnelle est que de réelles et patientes négociations auraient pu aboutir à une sorte d'accord allant jusqu'à des déplacements de frontières en fonction des intérêts de chacun aussi bien qu'à une sorte d'union entre les sécessionnistes albanais et l'Albanie elle-même. Les arguments pour une telle solution ont déjà été avancés d'une manière convaincante par Dobrica Cosic, écrivain serbe estimé par l'ancien président de la Yougoslavie *, bien avant que le problème kosovar ne dégénère en conflit armé en 98-99. Il est vrai que Albanais comme Serbes rejettent la partition avec plus ou moins de véhémences. Mais c'est normal au début des négociations. Les Albanais exigent catégoriquement le Kosovo en entier dans ses frontières actuelles. Cette demande est soutenue par les Etats-Unis, qui insistent aussi sur l'impossibilité d'une union entre le Kosovo et l'Albanie. C'est le point de départ à partir duquel il faut chercher un compromis. La position serbe consiste à offrir un degré d'autonomie qui, en fait est l'équivalent, dans sa conception, d'une totale indépendance interne. Non seulement cette position est insoutenable comme point de départ d'une négociation, mais on peut se demander où en est l'intérêt pour la Serbie elle-même. La Serbie risque de se charger d'un lourd fardeau financier pour un territoire dont elle n'aurait plus le contrôle. D'un autre côté, les espérances albanaises pour l'indépendance, et par-dessus tout, la haine qu'elle encourage envers la Serbie, rend impossible l'application des règlements d'origine serbe. De plus, la Serbie a l'un des taux de naissance les plus bas d'Europe alors que le Kosovo à l'un des plus élevés. Après avoir été réduits à une minorité par rapport aux Albanais au Kosovo, les Serbes risquent de subir le même sort en Serbie elle-même.

Le bien-être des deux parties pourrait être mieux assuré par un accord général de fin des hostilités, quelque chose qui n'a jamais été accompli clairement en huit années de protectorat de l'OTAN et des Nations unies. Cela impliquerait des réarrangements territoriaux ainsi que de nouveaux accords économiques et culturels entre les parties concernées. Les régions limitrophes de la Serbie et du Kosovo pourraient aussi être consultées et invitées à participer aux négociations. Des accords pourraient être dégagés en fonction des réalités pratiques et non en fonction de présomptions d'innocence et de culpabilité.

Finalement, le problème d'identité a besoin d'étre détaché de problèmes de territoires ou d'évènements particuliers. Les générations futures de Serbes et d'Albanais doivent être capables de vivre leur vie libre des haines, des ressentiments et des vendettas ancestrales.

Mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve…!

Diana Johnstone est l'auteure de « Fools'Crusade: Yugoslavia, NATO and Western Delusions », PlutoPress/Monthly Review Press.