Julie et Mélissa : douze ans déjà

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24 juin 1995. 18h00. Pas rentrées. Tour du quartier. Inquiétude. Affolement. Recherche. Police. Fouilles des champs. Fouille des taillis. Fouilles des talus. Chiens renifleurs. Rien. Panique. Insomnie. Battues. Gendarmerie. Patience. Recherches. Juges d’instruction, cinq. Affiches. Photos par milliers. Compagnons de travail. Solidarité. Les grands- parents. Les oncles. Les tantes. Les parrains. Les marraines. Les amis. Les indifférents. Le scepticisme. Les rumeurs. Les voisins. Les enquêteurs. L’urgence. L’angoisse permanente. L’inconnu total. Laissez faire les professionnels. De l’énergie. Ne pas perdre courage. Ameuter la population. Des affiches partout. Des bénévoles solidaires. Trop peu. Des appels à témoins. Trop peu. Jamais perdre l’espoir. On les retrouvera. La juge d’instruction intouchable. Ce sont nos filles. Les enquêteurs se doublonnent. L’enquête est parfaite. Tout est contrôlé. Prenez des cachets. On les retrouvera pour la Noël. Il! y a un réseau. On ne peut libérer l’une si on n’a pas l’autre. Accès au dossier : vous exagérez. Vous n’êtes plus rien. Ce sont les filles de la justice, des enquêteurs, des magistrats, des procureurs, des gendarmes des policiers. On ne trouve rien. Diminution des effectifs. Révolte. Et le droit des victimes ? Responsabilité parentale : confisquée. Attendez. L’enquête progresse. Comité de soutien. Suspicion dans la presse. Voyages des papas. Au bout du monde. Jamais perdre espoir. Elles sont vivantes. Sincères condoléances. Plus de traces. Envolées. Chercher partout. Affiches partout. On en parle partout. Plus rien. Insupportable attente. Téléphone. Le gendarme arrive. On les a retrouvées. Dans la terre. Mortes. Effondrement. Abîme noir. La nuit partout. Gouffres terreux. Jardin immonde sous le soleil craquelé par les larmes. Un suspect abject, bien connu des services de gendarmerie. Douleur aiguë de toute nourriture proscrite : elles sont mortes de faim. Intenable. Insurmo! ntable. Séquestration. Des mois. Quel calvaire ? Quelles tortures ? Comment sont-elles arrivées là ? Silence des bourreaux. Comment sont-elles mortes ? Qu’ont-elles subi ? Silence de la défense des inculpés.. Tirages des journaux. Le plein d’émotions. Les réseaux, les complices par pleines pages. La gendarmerie aurait pu sauver les enfants. Il n’y avait pas que Dutroux. Un escroc bruxellois était mêlé. Bien connu d’un certain monde politique. Scandale. Instruction rapide. De multiples arrestations. Plus jamais ça. Toute la vérité doit être faite, dit le Roi. J’irai jusqu’au bout. Si on me laisse faire. Chevaliers blancs. Dessaisissement. Colère du peuple. Les marches du palais. Les ouvriers. La Marche Blanche. L’état tremble. La justice est nue. Envers du décor de l’écrasante institution. Ce n’était qu’une façade. Le roi et le premier prennent le relais. Table ronde. Promesses….

Un procès aura lieu 8 ans plus tard. On parlera de tout. Sauf de Julie et Melissa. On ne sait toujours pas qui les a enlevées, ce qu’elles ont subi, pourquoi et comment elles sont mortes. On ne sait pas pourquoi Dutroux a menti. On sait qu’il y a une tache de sang de Julie sur le mur de la cache de la cave, mêlé à un a.d.n inconnu. On sait qu’on a retrouvé 6000 cheveux…qui sont quelque part en attente, dans un ou plusieurs laboratoires… On ne sait qu’en faire… de la vérité ? Vous avez dit « vérité » ?

L"année 2007 sera t" elle l"année de l" 'enterrement programmé' par la justice de notre pays du dossier Dutroux.

Les parents des enfants assassinés resteront-ils avec leurs questionnements jusqu"à la fin de leurs jours sans que la clarté ne fut faite sur la mort atroce de jeunes enfants qui ne demandaient qu"à mordre dans la vie à pleines dents.

Citoyennement vôtre.