Irlande: un de nos lecteurs décode France Culture

Salut à tous. Hier, j’ai passé une agréable journée à escalader les falaises du Grozeau avec un copain.

En rentrant, à l’heure du journal de la rédaction de France Culture, j’ai voulu savoir quels étaient les résultats du référendum irlandais concernant le traité de Lisbonne. L’Irlande était le seul des 27 pays de l’Union à appeler les électeurs aux urnes pour ratifier ce traité.

17 juin 2008

Je n’ai pas été déçu. Le non l’emporte haut la main, d’où une satisfaction personnelle pour ceux qui me connaissent bien. Je n’ai pas été déçu non plus par l’objectivité du journal de France Culture. Pour m’en assurer, ce matin, j'ai réécouté le journal sur le net, chronomètre à la main et je vous livre les résultats.

Une grande partie du journal de 18:00 du vendredi 13 juin de France Culture est consacré au résultat du référendum irlandais. Au total, 25min11s. Sur ce temps d’antenne les partisans du non ont pu s’exprimer pendant 2min52s. Les partisans du oui ont pu s’exprimer pendant 9min57s. A ceci, il convient d’ajouter 10s de temps d’antenne inclassables, je m’expliquerai par la suite.

En voici le détail. Pour les partisans du non, Declan Ganley, patron d’un groupe irlandais de réflexion Libertas, s’est exprimé 1min50s. Nicolas Dupont Aignan, ancien député UMP de l’Essone, s’est exprimé 1min02s.

Pour les partisans du oui, la liste est un peu plus longue. Ludovic Pat Cox, ancien président du Parlement Européen, s’est exprimé 44s. Daniel Cohn-Bendit, ex-soixante-huitard (enfin, ça il faut le savoir, sinon on ne le devine pas… ) a parlé pendant 1min33s affirmant au passage qu’ "un référendum national est un piège". Jean-Marie Cavada, député européen faisant l’essuie glace entre le MoDem et l’UMP, s’est exprimé pendant 1min03s en expliquant que "les irlandais ne sont pas mûrs". Si notre président ne s’est pas exprimé, son point de vue est relayé par un journaliste pendant 1min20s. Après ces 4min40s de temps d’antenne, soit déjà largement plus que le temps réservé aux partisans du non, s’ajoutent 5min17s accordées à Sylvie Goulard, présidente du mouvement européen. 5min17s où Mme Goulard qualifie le référendum de "défoulement national" et nous livre ce merveilleux paradoxe : lors d’un référendum "ce qui manque c’est la démocratie"… je vous laisse apprécier.

10 secondes inclassables… Les journalistes de la rédaction de France Culture n’ont pas oublié de mentionner la réaction de Jean-Marie Le Pen, partisan du non. Faut-il classer ce temps d’antenne pour le oui ou pour le non ? Se servir de l’effigie du FN pour exprimer un point de vue est-il une façon de valoriser ce point de vue ou de le discréditer ? Pour apporter un élément de réponse il est intéressant d’effectuer un bref retour en arrière. En 2004 Miguel Benasayag, avait osé effectuer des rapprochements entre la politique de M. Le Pen et celle de M. Sarkozy. Il expliquait que parmi les 24 propositions sur la justice et la police du programme de M. Le Pen, 11 étaient reprises par M. Perben ou M. Sarkozy. Visiblement, cette comparaison n’était pas du goût de la direction de France Culture qui décida de virer le chroniqueur ( http://www.acrimed.org/article1528.html?var_recherche=benasayag ). Décidemment France Culture sait se servir du FN… quand ça l’arrange.

Après ce décompte minutieux des temps de parole, il est intéressant de se pencher sur le vocabulaire employé par les journalistes pendant le reste du décompte, c'est-à-dire pendant la partie du journal qui devrait être d’une objectivité limpide. Je vous laisse apprécier ce florilège d’expressions : "un non de protection", "les irlandais ne comprenaient rien au texte", "erreur de pédagogie", "panique à Bruxelles", "réalité têtue", "crise majeure", "il faut tout rebâtir"…

La conclusion de ces 25min11s d’information se résume dans les derniers mots de Ludovic Pietenu, journaliste à France Culture "[le non] c’est 53,4% ça ne veut pas dire grand-chose, ça représente 860 000 électeurs".

Ciao

– ColiN –

Source: rubrique "écrivez-nous"