Irak : pour la paix et le droit à la résistance

Après la dislocation du bloc de l’est, les néo-conservateurs Anglo-saxons, particulièrement les américains, prédisant la fin de l’Histoire et la suprématie définitive du modèle capitaliste, se sont coalisés en utilisant leur suprématie matérielle absolue dans les domaines militaires, économiques et médiatiques pour étendre et imposer leur hégémonie sur le monde.

Faisant fi de la volonté pacifique des dizaines de millions de citoyens à travers le globe, du Japon à la Mauritanie, en passant par les capitales des agresseurs, Londres, New York, Rome Sidney et Madrid. Les américains bellicistes et leurs alliés ont préféré passer aux actes, en déclenchant, de l’aveu même du Secrétaire Général de l’ONU, leur guerre illégale contre un peuple qui ne possédait pas de moyens pour se défendre et qui agonisait sous un embargo génocidaire, décrété par un conseil de sécurité à la solde des EUA, au prétendu motif que l’Irak possédait des armes de destruction massives, prétexte qui s’est avéré fallacieux.

Se croyant invincibles, distillant leurs mensonges et leurs propagandes à travers les grands groupes de médias qu’ils contrôlent, ils décidèrent de mener leur guerre ‘’préventive’’, disproportionnée et meurtrière contre un peuple et un Etat qui voulaient résister, au néo-colonialisme et à la mondialisation mode yankee.

Pour couvrir leurs véritables objectifs, à savoir :

– Contrôler l’énergie de la planète,

– Asseoir leur domination sur le monde arabe,

– Etendre leur impérialisme sur le reste du globe

– Permettre à Israël de développer dans la région sa pax sioniste,

Les américains utilisèrent la manipulation et le mensonge, afin de mener leur guerre sale et commettre de nombreux crimes. (L’embargo qui a causé un million et demi de morts. 250.000 morts, victimes de la guerre qui se poursuit, dont la majorité sont des civils. La honte de la prison d’Abou Ghrib. La torture des prisonniers de guerre. L’utilisation des armes ‘’interdites’’ : bombes à fragmentation, napalm, phosphore blanc. Les destructions de villes entières, de l’infrastructure économique et sociale. Le saccage et le vol du patrimoine historique : la bibliothèque nationale, les musées… Les violations massives des droits de l'homme. Pire encore, les gangsters américains et leurs alliés sont en train d’installer deux régimes ‘’talibans’’, un au sud, un au centre et un troisième, à la solde d’Israël, au nord du pays. Plus surréaliste, ils nettoient l’Irak de ses scientifiques et savants en permettant aux milices et services secrets étrangers de les assassiner.)

Pour exciter leurs troupes, civiles et militaires, les extrémistes américains et des généraux belliqueux affirmèrent, publiquement, que la guerre durerait moins de huit jours et que leurs soldats seraient accueillis avec des fleurs par les irakiens comme des libérateurs, feignant d’ignorer que l’Irak ne produit pas de fleurs.

A la place des œillets que l’Irak ne cultive pas, ils furent accueillis par les cartouches à balle et la dynamite. Trois ans après le déclenchement de l’agression, les américains et leurs alliés sont enlisés dans le bourbier irakien, leurs soldats démoralisés et la résistance se renforce.

De l’avis général, cette résistance s’est avérée une démonstration héroïque et unique dans son genre. Son aboutissement final se répercutera de manière décisive sur l’avenir du peuple irakien, mais aussi sur le futur des peuples du monde entier.

Les anglo-saxons et les médias sous influence tentent de la discréditer, en faisant croire qu’elle organise des actions terroristes qui sont dirigées contre les rassemblements de civils dans les marchés, les mosquées…

En vérité, c’est une autre désinformation, d’abord parce que la résistance déclare à tous ceux qui veulent l’entendre, que toutes les opérations militaires qu’elle mène sont exclusivement dirigées contre les forces occupantes et contre ceux qui les aident dans leur sale besogne, ensuite, la logique impose que la résistance ne peut pas mener des opérations qui consisteraient à tuer la population au sein de laquelle elle se meut comme un poisson dans l’eau.

C’est pour rassurer leur opinion publique et justifier la poursuite de leur guerre, le temps de trouver une porte de sortie qui réduirait leurs pertes, le déshonore et le discrédit qui s’accumulent sur eux, que les américains prétexte fallacieusement qu’ils restent en Irak pour combattre ‘’Ez-zarkaoui et les terroristes d’Al Qaida’’.

Avant le déclenchement de la guerre, l’Irak ne connaissait pas le phénomène du terrorisme. Si ce sont les supposés troupes d’Al Qaida qui résistent en Irak, qu’on nous explique comment ces troupes qui avaient en face d’eux uniquement 20.000 soldats n’ont pas pu résister en Afghanistan, alors qu’ils connaissaient parfaitement le pays et son relief géographique montagneux, propice à la guerria,

En Irak la résistance est irakienne à 99%, elle a été préparée par le gouvernement irakien bien loin avant 2003. Sachant que l’armée irakienne n’avait aucune chance dans un affrontement militaire classique, les responsables irakiens ont pris toutes les mesures nécessaires qui ont permis à cette résistance populaire d’être efficace contre 180.000 soldats des forces occupantes lourdement armés, 20.000 mercenaires et 220.000 irakiens des forces de sécurité, (Policiers et militaires) formées et encadrées par les américains

Interrogé en 2004 sur le droit à la résistance, le Président Bush affirmait que si son pays était attaqué, il résisterait aux envahisseurs. Les sondages réalisés par les américains indiquent que 80% d’irakiens refusent l’occupation de leur pays et réclament le retrait immédiat des forces occupantes.

Par ailleurs, la résistance à l’occupation est un droit reconnu par le droit international et par les lois humaines et religieuses.

Un autre argument est soulevé par les américains pour justifier leur guerre sanglante au sein des deux camps. Ils utilisent le prétexte de la liberté pour le peuple irakien. Le Président américain va jusqu’à galvauder des dizaines de fois ce mot dans ses discours, obligé de les interrompre à maintes reprises durant des minutes, tel un César où un dictateur du tiers monde, par les applaudissements nourris des parlementaires debout du congrès. Il rabâche le refrain de l’exportation de sa démocratie dans le monde arabe jusqu’à la déraison, causant à cette valeur inestimable des dommages difficiles à surmonter chez les peuples qui aspirent à la liberté.

En réalité, ce n’est pas la démocratie que les américains exportent à coup de Tomahawks qui envahit la région du Proche Orient, c’est plutôt les hordes de l’armée américaine, qui l’envahissent. La démocratie ne se décrète ni à coup de bombes et missiles, ni en établissant des bases militaires en Arabie, au Koweït, à Bahrein, en Emirats unis, au Qatar, à Oman et en Irak…

Si réellement l’administration américaine et les pays qui se positionnent dans son giron veulent réellement promouvoir les libertés politiques et économiques pour les peuples de la région, ils doivent commencer par :

– Le retrait de leurs troupes de la région

– Arrêter leurs soutiens aux régimes corrompus.

– Adopter une position de neutralité par rapport aux luttes et tiraillements qui secouent le monde arabe.

– Rompre avec les politiques néo-coloniales et du diviser pour mieux régner.

Les anglo-saxons et tous ceux qui pêchent dans les eaux troubles seraient mieux inspirés s’ils intègrent dans leurs mentalités que le monde arabe, berceau de la civilisation humaine, aspire au développement économique, social et scientifique. Pour y arriver il a besoin de stabilité, de démocratie, de paix, de relations équitables avec tous les pays du monde et de vendre son pétrole, aussi, aux américains.

Dans l’une de ses interventions, le Président américain ne comprenait pas pourquoi les arabes haïssaient les américains. Il insinuait parce que ces derniers sont libres et prospères. Les arabes ne haïssent point le peuple américain. Haïssent t’ils les suédois ou les norvégiens parce qu’ils sont libres et riches ? La réponse est non.

Ce que le peuple arabe n’accepte pas, c’est l’interventionnisme flagrant et injuste des administrations américaines successives dans les affaires qui concernent les règlements des conflits dans la région. C’est aussi les soutiens, sans faille, qu’elles apportent aux dirigeants arabes de la région dictatoriaux et corrompus.

Après trois ans de guerre, grâce aux sacrifices énormes du peuple irakien, la défaite de la stratégie expansionniste américaine dans la région se précise, elle met à nue les américains et pousse les autres peuples à s’émanciper du joug impérialiste. Même en Amérique du sud, autrefois chasse gardée des Yankees, l’émancipation de ses peuples se développe, avec le Venezuela, le Brésil, les dernières en date sont les élections présidentielles en Bolivie et au Chili.

Il devient de plus en plus évident que le sort et le destin du Monde arabe, au cours du siècle présent, se joue actuellement en Irak. Les arabes et particulièrement les jeunes, à travers les 22 Etats du monde arabe, portent dans leur cœur Bagdad l’héroïque, Bagdad, berceau de la civilisation humaine et capitale des abbassides.

Ces jeunes prennent conscience que les américains doivent déguerpir de la région, ils sont prêts à payer le prix fort avec leur sang. Si leurs dirigeants corrompus leurs ouvraient les portes, ils partiraient par centaines de milliers combattre pour la liberté de leurs frères.

Les citoyens européens d’origines arabes, tout en étant loyaux aux intérêts de l’Europe et des peuples européens, ne doivent pas rester otage de l’offensive réductrice de l’administration américaine qui consiste à dire, ‘’tous ce qui ne sont pas avec nous, sont contre nous’’. Ils ne doivent pas accepter qu’au nom du terrorisme, que par ailleurs ils doivent catégoriquement condamner et combattre avec toutes leurs forces, accepter les crimes des gouvernements américain et britannique en Irak, d’autant plus que l’autre prétexte, à savoir la relation entre le gouvernement irakien et Al Qaida, s’est avérée, lui aussi, fallacieux et imaginaire.

Il est de leur devoir, c’est aussi leur droit, de riposter à l’occupation, en soutenant politiquement la résistance irakienne auprès des gouvernements et des peuples d’Europe. Ils ne doivent pas laisser les ennemis du droit international, de la coopération et de l’amitié entre les peuples, confisquer à la fois les valeurs démocratiques, les vertus universels, et l’entente entre les peuples.

Pour éviter que la cassure, causé par le désastre de cette guerre, ne s’approfondisse irrémédiablement entre les peuples du nord et du sud, l’Europe des valeurs de liberté et de démocratie, toutes les personnes éprises de paix et de justice, la Gauche, ne doivent plus fermer les yeux sur les graves dérives américaines, sur leur arrogance et leur mégalomanie.

Les peuples arabe et du tiers monde mettent tous leurs espoirs dans la sagesse, le courage et le bon sens de la ‘’ Vielle Europe’’

Résister à l’occupation, c’est vivre libre ! Soutenons la résistance pour la liberté et la démocratie en Irak.

Bruxelles, le 17 janvier 2006

BOUDA Ahmed

Président de RADIO AL MANAR

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