Ils tirent sur des enfants

De nouveau, vendredi dernier, après la prière, des adolescents et des enfants sont descendus, les soldats attendaient déjà, et ça a commencé. Les enfants savaient que les soldats seraient là et les soldats savaient que les enfants viendraient. A la fin de la journée, il y avait plusieurs blessés – dont un grave – aux membres inférieurs. Pourquoi la jeep attendait-elle, avec ses soldats armés de fusils ? Car c’est ce que font des soldats : ils tirent sur des enfants.

Mahsom, 30 mars 2007

www.mahsom.com/article.php?id=5015

Cela fait des années qu’ils tirent sur les enfants du camp de réfugiés de Qalandiya. Pas les mêmes soldats, ni les mêmes enfants. Mais d’autres classes, d’autres corps d’armée, d’autres périodes de l’année. Se transmettent-ils les uns aux autres cette tradition du plaisir de la chasse ? Est-ce une obligation du service ? Est-ce une norme, une consigne ou un peu les deux… ? Parfois, les enfants lancent des pierres, et alors on tire. Et quand les enfants ne lancent pas de pierres, alors on attend qu’ils en lancent. Un jour, mais c’était il y a longtemps, nous avons vu que lorsque cela ne marchait pas, les soldats se mettaient à ramper sur la colline et à lancer eux-mêmes des pierres sur les enfants pour qu’enfin ceux-ci se mettent à lancer les pierres tant espérées. Et alors on pouvait, pour défendre « notre maison », leur tirer dessus, dans leur fuite.

Dans les diverses occasions où nous nous sommes trouvées là, nous avons vu parfois les enfants sur la colline qui domine le checkpoint – à un endroit où quatre enfants ont déjà été tués au cours des dernières années – tandis que les jeeps étaient sur la route ; et parfois, les jeeps étaient sur la colline et les enfants sur la route. Nous avons écrit et filmé, nous écrirons et filmerons encore, et nous serons, à l’occasion, témoins de ce qu’il y a des blessés et parfois des tués, et peut-être aussi nous plaindrons-nous auprès de quelqu'un, auprès des forces d’occupation par exemple, et on nous dira : « M’ouais. Vraiment, oy va voy, non non et non : on ne tire pas sur des enfants, c’est quoi ça ? », parce que nous sommes juifs, moraux, démocrates, blancs et que nous connaissons la Torah. Et tandis que tel porte-parole ou tel autre parlera, la jeep remplie de la fine fleur de la jeunesse juive sera en route, en quête de victimes. Logiquement, elle trouvera car il y aura toujours des jeunes gens pour lancer des pierres sur l’occupant revêtu de son gilet pare-balle.

Nous espérions, ou nous voulions espérer, que cela arrivait moins souvent actuellement. Ce rituel permanent, qui dure depuis des années, où des adolescents et des enfants lancent des pierres – ou non – et où des soldats les visent et leur tirent dessus, et ils meurent.

Et puis, Ahmed a téléphoné, disant que son fils de 15 ans, Mohamed, avait été atteint d’une balle à la jambe. C’est arrivé le quinze janvier, mais « ça ira », et il s’est mis à parler des autres.

Difficile de décider par où commencer, que choisir. Partir de Mohamed, le fils d’Ahmed ? Ou de Taha *, 16 ans, abattu quelques jours avant qu’on ne tire sur le fils d’Ahmed ? Ou de chaque jour, presque, de ces dernières semaines et de ces dernières années ? Ou de ce jour que je n’oublierai jamais de ma vie, parce que cela s’est passé sous mes yeux, le vendredi 23 mars 2003 où des soldats du barrage de Qalandiya ont ouvert le feu sur Omar Matar, 14 ans, et l’ont assassiné d’une balle dans le cou. Un enfant qui lançait des pierres puis des soldats qui lui courent derrière puis qui tirent au but. Il avait été blessé, s’était retrouvé une semaine dans le coma, puis était mort.

Les jours de fête se ressemblent, je pense. Et d’ici que mes mots parviennent ici ou là, il y a de fortes probabilités que cela se reproduise. Peut-être que cela se passe juste là, à cet instant et qu’un enfant, encore, est blessé ou tué. Ou peut-être pas. Jusqu’à la prochaine fois.

Après que des soldats aient tiré sur Taha, 16 ans, un matin, alors qu’il revenait de la mosquée, près de sa maison, dans la région de Qalandiya dans la direction de Jérusalem, et qu’il ait perdu son sang durant deux heures à côté d’eux jusqu’à ce qu’il soit mort, on a demandé au porte-parole de l’armée israélienne – qui fait en réalité office d’agence de publicité pour l’occupation – comment il avait pu arriver qu’on tire sur un enfant ; comment il avait pu arriver qu’on le laisse perdre son sang jusqu’à la mort sans le faire évacuer ni lui porter secours ; et le porte-parole a alors répondu qu’on avait tiré sur lui parce qu’il tentait de couper la clôture.

Il tentait de couper la clôture, alors on lui a tiré dessus. Voilà ce qu’ils disent.

Quant à la question de savoir pourquoi on ne lui avait pas porté assistance alors qu’il perdait tout son sang, ils ont dit qu’il était de l’autre côté de la clôture, pas là où ils étaient, donc.

La vérité est qu’il n’y a aucun doute que Taha n’essayait pas de couper la clôture. Il était seul. Il était jérusalémite et pouvait entrer en Israël autant qu’il voulait, par la grand-route. Il n’avait pas besoin d’entrer à la dérobée. La probabilité qu’il ait tenté de couper la clôture tend vers zéro.

Mais ce qui est ahurissant, c’est qu’ils disent dans leur réponse – ce qui n’est pas vraiment surprenant, dans la mesure où c’est ce qu’on voit sur le terrain, mais qui n’est généralement pas déclaré ouvertement – qu’un enfant qui coupe la clôture mérite la mort.

Et qu’un enfant qui a une hémorragie mortelle mais qui se trouve au-delà de la clôture, son sort est d’agoniser sans qu’il faille lui porter secours.

Une institution qui délègue son porte-parole pour livrer pareille réponse, comme s’il y avait là une réponse, il n’y a pas à s’étonner de la voir instaurer une politique où de telles choses se produisent.

Des enfants qui n’ont pas de nom, pas d’identité individuelle, pas d’humanité, sur lesquels il est permis, possible et recommandé de tirer comme au stand de tir. Et ces mêmes enfants, quand ils perdent leur sang à en mourir, on peut se dégager de toute responsabilité dans la réalité de leur mort décrétée, imminente, par le fait qu’ils sont de l’autre côté de la clôture.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

* Gideon Lévy : Etendu au pied de la clôture

Bingo dans le village des martyrs

Gideon Lévy

Haaretz, 6 avril 2007

www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=846070

Version anglaise : Village of the Martyrs – www.haaretz.com/hasen/spages/847895.html

Un enfant de 15 ans se sauvait en courant de sa maison vers celle de son oncle. Une balle d’un tireur d’élite l’a atteint au cou et il a perdu son sang, une heure durant, puis est mort. Les soldats ont même tiré sur ceux qui venaient à son secours. Pour le porte-parole de l’armée israélienne : « Celui qui a été tué était un terroriste armé, portant une longue arme ».

Dans le carré de cyprès, reposent les martyrs. 48 tombes pas du tout récentes : celles de Qassam Abbas, Awad Jawad, Arif A’akal et une longue série de soldats anonymes, de sans-nom, qui reposent sous leurs vieilles stèles en pierre, au milieu des marguerites. Le cimetière des soldats du deuxième bataillon de l’armée irakienne, tués en 1948. Quelque part dans l’Irak ensanglanté, on se souvient encore d’eux, certainement leurs proches. Jusqu’à l’établissement de l’Autorité Palestinienne, se trouvait encore un char irakien qui avait fait une incursion jusqu’ici. En 1993, Israël s’est empressé d’évacuer le char, de crainte que les Palestiniens n’en récupèrent les pièces métalliques.

A flanc de colline, au-dessus de ce cimetière militaire, s’est installé en 1948 le village des martyrs, Al-Shuhada, un village de réfugiés bédouins, au sud de Jénine. Environ 2000 enfants de réfugiés vivent ici aujourd’hui. A peu près un tiers des adultes se rendent encore chaque jour en Israël pour travailler dans les champs de la vallée d’Emek Hefer et alentours, juste à l’endroit où se trouvaient les villages de leurs pères. A la fin de la semaine passée, une nouvelle tombe a été creusée dans le village des martyrs, non loin du cimetière irakien.

Ahmed Asasa a été inhumé dans la terre de son village. Alors qu’il cherchait à se sauver – exactement comme cet élève représenté sur une puissante peinture murale que nous avons vue la semaine dernière à l’école de Karwat Beni-Zayad – cet enfant, Ahmed, a été touché d’une balle dans le cou tirée à distance par un tireur d’élite israélien. Deux de ses amis qui ont tenté de le tirer de là alors qu’il perdait tout son sang, ont eux aussi été la cible des tireurs d’élite et ont été blessés. Ahmed Asasa avait 15 ans et était en classe de 10e à l’école moyenne du village. Le dernier martyr n’est pas le seul à s’appeler Ahmed Asasa. Un de ceux qui ont tenté de le dégager et qui a été blessé, et un des témoins visuels de son assassinat s’appellent aussi Ahmed Asasa. Tous des Ahmed Asasa, du village des martyrs.

Celui qui doit nous accompagner au village hésite à entrer à bord de sa voiture dans le camp de réfugiés de Jénine où nous l’attendons. Le capitaine Saoud, capitaine au sein de la sécurité nationale palestinienne, natif du village des martyrs, armé et portant une chemise à la mode des forces spéciales de l’armée américaine, à en juger par ce qui y est brodé, sait que le camp constitue une ligne rouge pour les membres de l’Autorité. A l’extérieur du camp, ceux-ci ont coutume de se mettre en embuscade et d’attendre les gens de la ville ou du camp roulant à bord de voitures volées, pour les confisquer et les détruire immédiatement, ce qui échauffe fortement les esprits dans le camp. « L’Autorité a mis fin à l’occupation, résolu le problème des réfugiés et il ne lui reste plus maintenant qu’à confisquer des voitures volées en Israël », dit-on dans le camp, avec amertume.

L’hôpital gouvernemental de la ville, à la limite du camp, est de nouveau paralysé par une grève, en raison du non paiement des salaires. Les deux blessés que nous avons rencontrés par la suite, n’ont reçu que les premiers soins dans cet hôpital et ont été renvoyés chez eux, blessés. L’hôpital est désert. Oh, le boycott international. Dans la ville de Jénine et dans son camp de réfugiés, les gens sont des morts vivants.

La Subaru blanche, portant le mot « hope » (espoir) écrit en anglais à l’avant, est là, aplatie, dans la rue principale de Al-Shuhada. Le bulldozer de l’armée israélienne l’a écrasée. Nous avons rangé notre voiture dans la cour de la maison de Rabia Asasa – le « bingo », l’homme recherché du village. Pour l’attraper, les soldats ont lancé un raid, jeudi passé, à l’aube ; pour l’attraper, ils ont tué le jeune Ahmed. Rabia a réussi à s’échapper.

Nous montons à pied vers la maison du martyr, dont la porte métallique bleue a été arrachée par la jeep qui est entrée dans la cour. Les maisons son bâties sur la pente rocheuse et nous grimpons en parcourant un terrain rocailleux et en traversant l’enclos à chèvres, pour nous rendre à la maison d’Ahmed. Les champs de Kabatiyah, tapis de brun et de vert, sont visibles en bas dans la vallée – un peu l’aspect de notre vallée d’Izraël.

A flanc de colline, entre les maisons, sur le sol rocailleux, un monument improvisé, en pierres. C’est ici qu’est tombé Ahmed, dont la photo est posée entre les pierres. Le sniper, racontent les habitants, se tenait à la fenêtre rose de la maison qui est dans la pente, sous l’antenne satellite, à plus de 100 mètres du monument. Le sniper a visé le cou, il a tiré et Ahmed est tombé.

Il était tôt matin et, dans le village, la plupart des habitants dormaient encore. Seuls les ouvriers partant travailler en Israël étaient déjà réveillés. Le bruit des coups de feu et des grenades détonantes s’est fait entendre, venant des collines, et tout le village s’est réveillé dans la panique. Ahmed s’est lui aussi réveillé, dans sa maison située en haut de la colline. Les femmes et les enfants se sont dépêchés de fuir la maison en descendant la pente, par crainte que les soldats n’envahissent le village par le haut. Ils ne savaient pas que les soldats s’étaient déjà répandus dans tout le village, se tenant sur le toit des maisons et à leurs fenêtres, y compris dans la pente vers laquelle ils tentaient de fuir. Seul le père de la famille, le vieux Ibrahim Asasa, est resté à la maison.

Âgé de 69 ans, père de 11 enfants, il avait eu tard son fils Ahmed. Trois jours après la tragédie, les signes du choc et du deuil sont visibles chez cet homme mince, portant le keffieh. Natif du village de Qazaza sur les ruines duquel s’est bâti le moshav de Beit Eliezer, et dont seuls des vestiges du cimetière se trouvent encore quelque part sur les terres du moshav d’Akhitov, il se rend dans des localités de la région pour travailler dans les champs, entre Kfar Monash, Beit Lid et Netanya. La semaine dernière encore, il a travaillé pour la société productrice d’agrumes « Colombia », à Hadera. Il craint qu’Israël ne l’empêche de se rendre en Israël pour travailler, maintenant que le voilà devenu un père ayant perdu un fils. Il semble que tous les hommes du village se soient maintenant rassemblés autour de lui, dans la chambre d’amis, pour le réconforter, tout en sirotant un café amer et en mangeant des dates séchées, comme il est d’usage dans les jours de deuil.

Ibrahim s’était levé à cinq heures, il s’était préparé à partir travailler en Israël, puis avait entendu les coups de feu venant des collines qui dominent la maison. Les membres de la famille se sont réveillés et se sont enfuis. Ahmed a fui le premier, en prenant la direction de la maison de son oncle située dans la pente. Son père, Ibrahim, est resté, collé à la porte métallique. Quelques minutes plus tard, on lui a appris que son fils était tombé et qu’il gisait, blessé, dans la pente. Ensuite on lui a dit qu’il avait été emmené à l’hôpital et enfin, on lui a dit qu’il était mort. Avant qu’il n’arrive à l’hôpital, il n’y avait déjà plus à voir que le cadavre de son fils, un trou béant dans le cou.

Ahmed Asasa, le voisin, s’était réveillé lui aussi au bruit des coups de feu et très vite, il a vu par la fenêtre l’autre Ahmed Asasa étendu non loin de la maison, blessé, le sang coulant à flot de son cou. Cet Ahmed Asasa-là n’a pas osé sortir de chez lui, à cause des tirs. Un autre Ahmed Asasa encore, un voisin de 18 ans, a décidé de risquer sa vie et de tenter de dégager le blessé, son cousin Ahmed Asasa. Déjà, plusieurs femmes avaient essayé de traîner l’adolescent blessé mais très vite, elles avaient fui, en hâte, à cause des coups de feu. Cet Ahmed Asasa pensait qu’avec sa petite taille, il réussirait à sortir de là Ahmed qui perdait mortellement son sang. Il a tiré son cousin sur le sol rocailleux mais a été tout de suite touché par des éclats, à la tête et à la taille – en voilà les cicatrices. Il dit qu’en s’approchant du blessé, il a vu qu’Ahmed bougeaient encore les membres et qu’il avait les yeux ouverts.

Ahmed Asasa, le sauveur, est tombé et a perdu connaissance, à côté d’Ahmed Asasa qui agonisait. Il s’est réveillé à l’hôpital et n’a aucune idée du temps qui s’est écoulé. Les autres voisins racontent que le Ahmed blessé au cou est resté étendu près d’une heure dans les pierres. Ahmed Asasa, le survivant, se déplace encore avec difficulté.

Un autre voisin avait rejoint le blessé entre temps : Shauki Asasa, 24 ans et soldat de l’Autorité Palestinienne auprès du capitaine Saoud. Il est maintenant assis chez lui, blessé, une balle des snipers lui ayant traversé l’épaule pour ressortir dans le haut du dos. Il avait entendu les cris des femmes disant qu’il y avait un blessé et il s’était précipité. Après avoir été blessé, il a réussi à se traîner un bout de chemin, pour tomber lui aussi sur le sol rocailleux, exactement comme les deux Ahmed Asasa. Un de ses officiers dans la Sécurité nationale raconte avoir tenté de convaincre un des officiers de l’armée israélienne de les laisser porter secours aux blessés, mais que l’officier lui a dit : « Ne te mêle pas de ça ». D’après le père de Shauki, le blessé, « ils ne veulent pas que le monde nous aide, et ils ne veulent pas que nous nous entraidions. Un enfant est étendu, blessé, et on ne nous laisse pas lui porter assistance ». Lorsque le premier Ahmed Asasa est arrivé à l’hôpital, après que l’ambulance eût été empêchée d’approcher et qu’il eût fallu l’emmener à bord d’une voiture privée, il était déjà mort. Le second Ahmed Asasa a été sauvé.

Le porte-parole de l’armée israélienne, cette semaine : « Le 29 mars, les forces de l’armée israélienne ont opéré à Mutlat Shuhada, au sud de Jénine. Au cours de l’opération, nos forces ont, à plusieurs reprises, essuyé des tirs. A 4h47, les forces ont repéré, sur le toit d’un bâtiment, un terroriste armé, portant une arme allongée, elles ont ouvert le feu et constaté un coup au but. A 5h24, les forces ont repéré deux autres terroristes armés sur le toit d’un bâtiment proche et ont tiré dans leur direction. Après quoi, un violent désordre s’est développé dans le village, avec lancers de charges explosives, tirs et jets de pierres. Au cours de l’opération, des Palestiniens ont bloqué les routes avec des blocs de pierre, empêchant le corps médical de se rendre sur place. Les forces de l’armée israélienne n’ont pas empêché des ambulances d’entrer dans le village. Comme il a été dit, les tirs de l’armée israélienne n’ont visé que des terroristes armés. »

Les amis racontent qu’Ahmed aimait le football et que c’était un bon élève. Il apparaît sur sa dernière photo, tenant le certificat d’excellence de son école. Il leur vient un petit rire en entendant rapporter l’idée qu’il était armé et son père rappelle qu’à la distance où il était du sniper, dans sa fuite, il ne mettait de toute façon personne en danger. Avant lui, six autres habitants du village ont été tués, ces dernières années, dont Houssam Asasa, qui était invalide et handicapé mental, et Fadi Asasa, un enfant, écrasé par la voiture de soldats opérant déguisés en Arabes. Tous les élèves de l’école sont venus aux funérailles de leur camarade Ahmed Asasa, organisées dans le cimetière du village des martyrs, non loin du cimetière irakien, à l’ombre des cyprès.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)