Il n’y a pas de solution capitaliste à l’actuelle crise capitaliste


Caracas, du 13 au 18 octobre 2008

1. Le Réseau d’intellectuels et d’artistes en Défense de l’Humanité et le Forum Mondial d’Alternatives, réuni à Caracas du 13 au 17 octobre, remercie le peuple et le gouvernement du Venezuela bolivarien de nous avoir permis de réaliser cette première rencontre conjointe.

2. L’actuelle crise capitaliste ne peut pas avoir une solution capitaliste, parce que cela signifierait transférer les coûts et ensemencer des souffrances nouvelles dans les pays et les peuples du Sud et dans les secteurs les plus vulnérables du Nord. Pour cette raison, nous refusons que les décisions soient assumées par les mêmes coupables de la crise, comme le G8, le G20 et son Forum de Stabilisation Financière, ou les organismes multilatéraux, le FMI, l’OMC ou la Banque Mondiale. Il est urgent de fortifier des espaces existants et de créer de nouveaux espaces de décision avec la participation et la mobilisation des gouvernements, les institutions intergouvernementales, les mouvements sociaux et les intellectuels pour proposer des sorties alternatives orientées vers un nouvel ordre financier et vers une nouvelle économie.

3. Le capitalisme est aussi responsable de la crise environnementale qui met en péril la survie de l’humanité elle-même: changement climatique, crise alimentaire, crise énergétique et pénurie d’eau douce.

4. La crise ouvre des opportunités pour la construction d’alternatives. Nous devons profiter de l’échec des négociations de Doha pour élaborer de nouvelles formes et normes d’échange, basées sur le respect des droits humains fondamentaux, sur la sécurité et la souveraineté alimentaires et dans la solidarité entre les peuples. Nous désapprouvons le paiement des dettes externes des pays du Sud, pour rétablir la souveraineté sur les ressources naturelles et exiger le paiement de la dette écologique.

5. Nous exprimons notre solidarité et notre engagement militant avec les nouveaux processus sociaux et politiques émancipateurs en Amérique latine ainsi que dans certains pays d’Afrique et d’Asie, comme dans le cas du Népal, qui ouvrent des perspectives nouvelles et pleines de promesses pour la construction d’un monde meilleur.

6. La Révolution vénézuélienne, inspirée de l’idéal bolivarien, représente une référence de libération pour les forces démocratiques et révolutionnaires du monde. Nous exprimons notre solidarité et rejetons les attaques de l’impérialisme et de la droite contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens. Nous manifestons notre satisfaction pour le triomphe obtenu par le président Evo Morales dans le référendum de ratification, ainsi que pour le peuple équatorien obtenant l’approbation de sa nouvelle constitution. Nous sommes convaincus que ces ratifications populaires des gouvernements de gauche continueront dans les prochaines élections qui auront lieu au Venezuela et dans le référendum constitutionnel qui devra être convoqué en Bolivie.

7. Nous soulignons l’effective action d’UNASUR devant la tentative de coup d’état en Bolivie, ce qui a démontré la capacité souveraine des pays de la région pour décider avec autonomie.

8. Les interventions de l’impérialisme continuent au milieu de coûts humains croissants dans tous les continents. Nous exprimons notre inquiétude profonde pour la crise sociale et politique aiguë que traverse la Colombie, spécialement pour la répression contre les mouvements sociaux, ouvriers, paysans et indigènes ; les obstacles gouvernementaux qui ont saboté les avancées dans le processus de paix ; et les agressions de la stratégie paramilitaire de l’État colombien, en lien étroit avec le Gouvernement de Bush, contre les pays de la région.

9. La réactivation de la IV Flotte de l’Armée des Etats-Unis montre l’agressivité avec laquelle ce pays prétend arrêter les processus émancipateurs en cours dans cette partie du monde. La persistance du blocus américain contre Cuba est un autre signe de la perversité impériale et en même temps montre l’échec de sa politique contre un peuple qui, le 1er janvier 2009, fêtera ses 50 ans d’une révolution qui est un exemple de dignité. Nous exprimons notre solidarité devant la dévastation provoquée par les ouragans qui ont détruit l’île.

10. Nous condamnons la violence exercée par l’État d’Israël contre le peuple palestinien, laquelle s’est extraordinairement accentuée dans un processus qui semble n’avoir aucune limite ; et nous approuvons la campagne internationale de boycott de la politique criminelle de l’État d’Israël.

11. En Afghanistan et en Irak, deux peuples écrasés par l’impérialisme, continue la guerre d’agression des Etats-Unis et de l’OTAN qui sème la mort et la destruction sur son passage. Nous exigeons la sortie immédiate de toutes les troupes étrangères. Nous condamnons les menaces d’agression de l’impérialisme contre l’Iran.

12. En Afrique, beaucoup de peuples sont victimes de conflits étrangers à leurs intérêts propres et qui mettent en danger leur survie. Ils souffrent des actions de corporations transnationales intéressées par le pillage de leurs ressources naturelles, comme dans le cas de la République Démocratique du Congo et du Nigéria, ou des pouvoirs externes, comme dans le cas de Somalie. Nous soutenons les gouvernements africains qui rejettent la présence du Commando Afrique (Africom) de l’Armée américaine et la création de Traités avec l’Union Europe.

13. Face à la barbarie des situations indiquées, nous confirmons notre conviction que le socialisme est la seule solution pour résoudre l’ensemble des problèmes économiques, sociaux, politiques, culturels, environnementaux et civilisateurs de l’humanité. Sa construction sera le résultat de la convergence et de la mobilisation des travailleurs, paysans, indigènes, femmes, mouvements sociaux et environnementaux et d’autres groupes qui défient l’injustice, pour que devienne réalité l’espoir des peuples dans la possibilité d’un autre monde.

Caracas, 17 octobre 2008

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