Honduras : L’armée assassine des paysans – Témoignage

Je viens de recevoir un appel de mes parents qui travaillent avec les paysans dans la zone Ils sont actuellement en fuite dans les montagnes. On me rapporte que des pelotons en armes sont en train d’assassiner des personnes dans le style des Opérations Noires de la CIA ou des forces secrètes militaires au temps de la Guerre Froide.

Le régime issu d’un Coup d’Etat fomenté par le criminel Romeo Vasquez Velasquez a commencé à envoyer des commandos armés attaquer la zone, tirant dans toutes les directions et tuant les gens. L’Armée et la Police sont restées à l’extérieur de la zone, faisant semblant de procéder à la « délocalisation »  des paysans. Mais il s’agit seulement d’une couverture masquant la véritable opération qui se déroule à l’intérieur de la zone. Cette opération est menée contre des hommes désarmés, des femmes, y compris des femmes enceintes et des enfants.

La scène que l’on me décrit me rappelle le siège de Waco au Texas. C’est absolument horrible. Une paire de camions à benne (Ford 350) de l’armée ont déjà emporté les corps des paysans assassinés. Il y a des comptes-rendus non  confirmés qui font état de femmes violées dans les plantations de palmiers. De nombreuses personnes ont été arrêtées et envoyées dans des camps militaires. Il est impossible de déposer plainte devant le Procureur car des militaires qui menacent et intimident tous ceux qui viennent dans l’intention de porter plainte contre eux séjournent maintenant en permanence à cet endroit.

Ils ne laissent pénétrer personne pour constater les faits. Il semble qu’ils vont faire en sorte qu’on ne puisse entrer qu’après qu’on ait effacé toute trace du désastre et qu’on n’y voit plus qu’une « paisible délocalisation  » .Les corporations de medias parlent déjà  d’une « délocalisation pacifique » Mais mes parents me disent que ce sont des mensonges, qu’il y a beaucoup de paysans qui ont été assassinés.

S’il vous plaît, faites en sorte que votre peuple soit au courant de tout cela. Même si seulement une partie des faits est avérée, il s’agit toujours d’assassinat de masse, de viols et autres nombreux crimes atroces : ils sont commis en ce moment contre les gens pauvres du Honduras par les auteurs du coup d’Etat.

Les Forces Armées en accord avec la Police Nationale sont en ce moment en train de massacrer des Honduriens,  membres des Coopératives Paysannes de Bajo Aguan., qui essayent de récupérer les terres qui ont été louées à l’Etat du Honduras par un arabe nommé  Miguel Fagussé Barjum et un Nicaraguayen du nom de René Morales, tous deux auteurs du coup d’Etat , en plus de Gustavo Canales.

Le nicaraguayen René Morales est le chef du Groupe Jaremas et emploie comme administrateur de ses propriétés Leonel Lacayo Reyes ainsi que Donaldo Cortez. Des groupes de paysans les accusent, parmi d’autres crimes, d’être des tueurs à gages, des trafiquants de drogue et des violeurs.

Selon les paysans, ces deux personnages, compromis dans le coup d’Etat, ne sont pas propriétaires de ces terres, Ils les ont louées à l’Etat pour un temps limité et qui, légalement, a pris fin  il y  a de nombreux mois. Au terme de cette location de terres appartenant à l’Etat, ils en ont repris le contrôle. Il est évident que ces deux malfaisants personnages s’en sont illégalement emparé.

Pendant ce temps, les porte-parole de l’Armée et de la Police mentent à propos des faits, notifiant qu’il s’agit d’une « délocalisation normale », alors que nos témoins ont vu passer dans  des voitures pick-up plusieurs corps de paysans assassinés emmenés vers une destination inconnue Lors de la délocalisation, on utilise contre des civils désarmés une énorme quantité de bombes lacrymogènes, tandis que des centaines de femmes sont pourchassées dans les énormes plantations de palmiers africains par des soldats et des policiers . On rapporte que plusieurs femmes ont été violées et assassinées.

Nous recevons des appels de nos contacts qui contredisent directement les informations de l’armée et de la police. Ces dernières soutiennent  qu’il ne s’agit que d’une « délocalisation paisible ». Nos témoins, par contre, ont observé de nombreux pelotons  de soldats et de policiers armés jusqu’aux dents ainsi que l’utilisation de quantités démesurées de bombes lacrymogènes et de grenades explosives employées contre des paysans désarmés. Tout comme ils ont observé pas moins de 12 à 15 cadavres de paysans assassinés et ceux de 5 ou 6 soldats, évacués rapidement  en camions à benne de l’armée Ils ont également constaté de nombreux cas de femmes violées par des soldats et des policiers.

L’armée s’apprête  à envahir la zone où les paysans ont juré de se défendre.

Les fait sont confirmés. Le Comité des Familles des Détenus  et des Disparus au Honduras (COFADEH ) dénonce les tortures exercées à l’encontre de paysans ,hommes et femmes,   détenus au Quinzième bataillon d’infanterie ; les passages à tabac , les coups de trique, l’ intoxication au moyen de gaz, l’exposition aux éléments extérieurs,  la faim, la soif, le froid, l’utilisation d’instruments de torture sur des paysans : hommes,  femmes et enfants.

Il est à noter que les porte-parole de l’armée et de la police essayent de cacher l’information , pendant que les cadavres des paysans assassinés sont transportés dans des pick-up de l’armée vers une destination inconnue. Nous avons écouté  sur Radio Progresso les comptes-rendus du porte-parole de l’armée, le colonel Ramiro Archaga. Il  soutient qu’il n’y a pas de morts. Ce qui est faux. Nous avons écouté les comptes-rendus du porte-parole de la police, le commissaire Orlin Cerrato, disant que ce fut une « délocalisation pacifique ». C’est faux. Les voitures Ford-350 de l’armée sont en train d’évacuer les cadavres  vers une destination inconnue.

Il est confirmé que les membres de l’équipe d’assassins  agissant dans le périmètre intérieur de l’opération , sont les mercenaires colombiens qui sont entrés dans le pays ces dernières semaines. Ils sont au service du colombien René Morales et de l’arabe Miguel Facussé Barjum.

Il est confirmé  que des mineurs et des femmes enceintes sont détenus illégalement dans les installations militaires du bataillon d’infanterie de la zone. La loi interdit cependant expressément la détention judiciaire de personnes civiles à l’intérieur des bataillons militaires. Tout ceci démontre que le Honduras est sans défense et que la situation est grave.

Traduction : Jean-Pierre Plumat pour Investigaction – investigaction.net